‹ La belle MietteChapitre 171 sur 200 · I.A lU-LU: MIKITK · texte numérisé non relu

I.A lU-LU: MIKITK

Le bourreau, criil devoir faire, pendant ce Icmps-là, ses oiïres de service au coniinaiulint de Kourou, mais celui-ci était peu partisan de la bastonnade.

11 lai préférait le court-baril. Pouret dans ses Mrnioirca, a raconté ce qu'était ce genre de supplice.

« Qu'on se figure, dit-il, un lit de camp. Au pied de ce lit est une charpente de six pouces d'épaisseur, sciée par le milieu de la longueur : il y a des trous percés, de quoi passer les jambes. On referme le morceau de charpente, que l'on a levé, et on le visse avec de gros boulons.

« Lorsqu'on est assis sur ce lit de camp, les jambes dans celte position ne peuvent se relever.

« Ce n'est pas tout, les moustiques et les maragouins vous dévorent, et si l'on a l'air de se plaindre, on dit que vous faites l'insolent et l'on vous met les poucelles.

« On reste quelquefois huit jours et même quinze jours dans cette position. »

Poucet prétend qu'un condamné ayant été mis au court-baril, au pied d'un arbre, près d'un nid de grosses fourmis, en fut bientôt coivert. Les surveillants ne s'en aperçurent pas et le malheureux fut dévoré.

Il est inutile de dire que nous sommes loin de garantir l'authenticité de ce fait qui se serait passé aux Trois-Carbets, pénitencier situé à environ quarante lieues de celui des Rochers.

L'individu dévoré par les fourmis avait été condamné au court-baril pour vol de patates.

Lebuteux, pendant son séjour à Kourou, put voir que ses anciens comjiagnons de l'Ile Royale n'avaient pas gardé un excellent souvenir de lui.

On eut beaucoup de peine à 1 ui faire trouver un logement dans les baraque du camp. Personne ne voulut manger avec le bourreau.

Il errait solitaire dans l'établissement et chacun s'éloignait avec horreur de ce misérable.

Il feignait de ne pas s'apercevoir de cette situation. Son désir était de ses trouver en présence de Céleste pour voir comment elles l'accueillerait.

Il se fit indiquer les cases des transportés mariés et entra dans l'une d'elles au hasard. C'était celle du Roulottier.

Louisette était seule en train de coudre pendant que son mari était à l'abatis.

La jeune femme chantait tout en travaillant, Klle n'avait jamais été aussi heureuse.

N'était-elle pas unie, en elTct, à celui qu'elle aimait?... Ric:i ne pouvait désormais les séparer. Le Roulottier se montrait courageux, plein d'ardeur au

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travail. I: voulait am(>'iori'r ■>;! posUioii cl ai-rroilii" -oii iurM-i'nr piii> [iDur sa I.ouisi'tto quo pour lui.

L'avoiiir sniriait aux amants, aux époux qui Psp(^,rai(Mt déjà nu i,mu'0 de !c::rs amours.

Louisrtle n'tMileudit pis entrer LiHuiteax. Ccl:ii-ci la considéra avec couoiipisoence. Ce n'était pas Céleste, mais lolti' ptîlit.^ hrune si gaie ne lui ilcplut pa-.

Une llanime passa dans le regard de ce robuste paysan (pii tretait pas sans souiïrir de la privation absolue de femmes,

11 eut cuniMie une velléité de s'élancer sur celte créature (]iie le liasard lui oITrait seule et d'en faire sa proie.

En ce moment, un léier bruit le trahit. LouisulLe se retourna et [toussa un cri d'elTroi.

Elle n'avait jamais vu cet liommc.

— Qu'y a-t-il? Que venez-vous faire ici?

— Rien...

— Qui êtes- vous?

— Vous avez entendu, sans doute, parler de moi...

— J'ignore...

— Je suis Lebuteux...

— Ah:...

Louiselie connaissait l'histoire de la jeunesse de Céleste... La femme de Pierre Til, qui était restée son amie, lu iavait parlé du garçon boucher avec dégoût.

La Roulotlière savait que cet être vil n'avait pas reculé devant un viol pour satisfaire ses désirs et qu'il était capable de tous les crimes.

L'expression du visage de la jeune femme, en même temps que son exclamation, éclairèrent sans doute Lebuteux sur ce qu'elle ressentait.

— Je vois, fit-il d'un ton goguenard, que l'on ne vous a pas dit beaucoup de bien de moi...

— Non, certes...

— Je vaux mieux cependant qu'on le prétend...

— Je ne me soucie pas de le savoir... Éluignez-vous!..

— Voilà un accueil qui n'est pas sympathiq le...

— Dépêchez-vous ou j'appelle mon mari.

— Allons donc... Croyez- vous que je ne sache pas qu'il esta l'abatis dans Il forêt, et à une demi-heure d'ici... Vous êtes en mon pouvoir...

— Misérable, que voulez-vou ?

— Rassurez-vous, je ne vous ferai aucun mal, au contraire...

— Pour quel motif êtes-vous entré dans cette case?

LA lŒLl.K MIKTTK 1047

— Je cherchais celle de Pierre Til...

— File n'est pas trop i''Ioigiu''e de celle-ci... IMorrc Til n'est pas sorti ce ' itin parce qu'il avait !a lièvre... Vous l'y rencontrerez...

Cette perspective de voir son ancien coinpa.i^'non de chaîne ne souriait pis lornii'raent à Lebuteux, qui eût prcMéré peut-être avoir alîairc à Céleste seule. Au lieu de partir, il s'assit.

— Vous me donnerez bien à boire auparavant.

Sans rien dire, Loui<ette alla ciiercher un vase rempli d'eau. Elle le déposa sur la table avec un gobelet

— De l'eau seulement! lit Lebuteux avec dédain.

— Je n'ai pas antre chosi?.

— Vous mentez ! dit le bourreau avec sa brutilitù ordinaire. Elle le regarda d'un air irrité.

— Pensez-vous que si j'avais du vin ou du talia je vouy le donnerais et j'en priverais mou homme pour vous...

— Pourquoi pas?

— Vous me répugnez trop pour cela... C'e^t la première fois que je me trouve en votre présence, et je sens q le l'on m'a raconté la vérité sir vous...

— Eh bien ! alors, ma belle, on a dû te dire que je n'étais pas patient.

— Vous me tutoyez...

— Je ne me gêne pas avec mes maîtresses.

— Je ne suis rien pour vous... moi !

— Tu m'appartiendras...

Il se leva et voulut s'approcher d'elle... Elle le repoussa avec énergie...

— • Grande bête, va... Je te donnerai de l'argent si tu es aimable. Justement j'en ai touché ce matin...

— Je ne veux ni de vous ni de votre argent...

1! tenta de la saisir une seconde fois; mais elle lui échappa encore. S'emparant d'une chaise, elle la lui jeta dans les jambes et, tandis qu'il trébuchait en poussant un juron, elle s'élança au dehors.

Louisette était si troublée qu'elle ne savait d'abord quelle direction pn-ndre pour se soustraire à son persécuteur. Elle avait choisi cependant celé tle la case de Pierre Til quand, soudain, un bruit de jias se Gt entendre.

C'était le Roulottier qui revenait de son travail plus tôt que d'habitude. A sa vue, elle poussa un grand cri et courut se >.ler dens ses bras.

— Ah ! c'est loi ! Quel bonheur !

— Que t'arrive-t-il ?... Qu'as-tu?...

— Sauve-moi !...

— Que iC passe-t-il?

jois i.A wv.iaa: mikttk

Klie montra la rast\

— 11 .'Si kl !

— Qm?

— Lui:

Lcbuleux parut sur le >c[ù\ de la porte, WvW irrité, les poings crispés.

I^ Hûulotiier s<'iilil une vive colère s'cuipar.'r de lui. Il sortit aussitôt un pistolet qui lui avait été donui^ pour sa défense ainsi qu'à plusieurs autres transportés habitant des cases isolées.

— {^no viens-tu faire ici, misérable ?

— Que t'importe !.. .

— Ta sait ligure a elTrayé ma femiiie... Tu vas me le [(ayer... Il menaça Lcbuteux. de son pistolet.

— Faut-il que je le brûle? dit-il à LouisclLe. Celle-ii le retint.

— Non... non... on te le ferait payer comme bon...

— Mon successeur te guillotinerait !... (il Lebuleux...

— Tu l'entends?...

— 11 raille...

— 11 dit la vérité...

— Ma femme a raison... mais il m'est permis de l'administrer une raclée...

— Ob ! non... non... le Roulollier... 11 est trop fort pour que tu te battes avec lui... Il vaut mieux le plaimlre au commandant... On rempêcbera de se promener par ici .. Gela pourra rendre service à CMesle et à Pierre Til.

— Tu as raison, Louiselle.

La menace de le dénoncer avait fait plus d'impression sur le bourreau que celle de lui tirer un coup de pistolet.

— Après tout, qu"ai-je fait?... demanda-l-il. E>t-ce ma faute si celle pécore a pris peur pour presque rien?...

— Tu as pénétré dans ma case sans ma permission...

— Je voulais de quoi boire...

— Louiselle n'a pas l'habitude de s'effrayer sans raison...

— Inlerroge-la...

La jeune femme, qui craignait maintenant quelque chose de désagréable pour son mari, ne démentit pas Lebuleux. Elle dit qu'elle avait été surprise pa l'entrée soudaine du bourreau et qu'elle s'étail enfuie.

Le Rouloltier sentit sa colère s'en aller.

— J'avoue qu'il a une vilaine tête et que tout d'un coup, sans s'y attendre, se trouver en sa présence, c'est loin d'être agréable... Enfin, s'il a soif, on ne peut guère lui refuser... Précisément, ce matin, on nous a donné notre tafia.

Lebuleux regarda Louiselle d'un air ironique.

LA BKI.I.K MIKITE

(îtait Méril

— Ah ! ah! vous en aviez donc 1

— Oh ! dit le Rouloltier, il n'est pas pur... S.ir 25 centilitres dunl se compose la ration il y a 19 centilitres d'eau.

— Quelle infamie !... fil le bourreau... Ksl-ii possible qu'on vous traite comme ça !...

-- Je ne cacherai pas que je prôb're 2.') cpnliliti'cs de vin a pou piès buval)le.

Liv. 132. — riiKOUORK iiENur. — L\ UKi.LK MiKm?. — «0 J loïKr r.t ■;'*. ..iv. t ti

iujO i.A in.i.ij Miiiii':

Un quart d'heure aprt's, la rfconcilialion était op^'iiV entre les dciu irinsj)orlés.

Quand Lcl)uleu\ se relira, le Uoulollicr l'enj^agea le lendemain, qni ôLiil U!i dimanche, à venir le trouver fiiez Mériem, dans l'apn^'s-midi.

— Qu'est-ce que Mi'-rii'm ?...

— C'est une mouhairc...

— Une moukaire 1

— Si tu avais l'ié sohl.il en Afriiiue, tu saurais ijuc c'est une femme arabo> bono àatscf...

— Kl qu'est-ce qu'on fait. chez i-lle?

— Tu verras...

Quand les deux hommes se sépanTcnt ils se serrèrent la main. -- J'espi're, fil Louiselle lorsqu'elle fui seule avec son mari, qu'il ne remellra plus les pieds ici...

— Pourquoi?... 11 n'est peul-t'-lre pas aussi méchant qu'on le dit!

— C'est le bourreau!...

— .Ma foi, chacun son métier...

— Mais ce n'était pas le sien...

— Il était boucher... Cela ne l'a pas changé beaucoup .. De boucher d'ani m .ux à boucher d'hommes la distance n'est peut-être pas très grande.

Louiselte ne revint pas sur la tentative dont elle avait été l'objet.

Ce fut par prudence qu'elle ne dit rien, car elle !^avait que le Roulotticr ne laisserait pas impunie une injure de ce genre.

Elle ne voulut pas qu'à cause d'elle il eût une affaire avec Lebuteux. Le :-e:.ti.;ient qui l'avait empochée de parler devant lui la fit taire aussi lorsqu'il fut paili.

Lebuleux s'ennuyait trop pour ne pas se rendre le lendemain chez Mériem, 11 attendit le Roulottier aux abords de la case des transportés arabes qu'on lui avait indiquée.

Pendant son attente, il entendait une singulière musique. C'était comme un bourdonnement sourd auquel se mêlait le bruit d'une petite Ilûte. De temps en temps on poussait des c:is étranges dans l'intérieur de la baraque.

Enfin le mari de Louisette se montra.

— Que se passe-t-il là-dedans? demanda Lebuteux.

— Tu le sa:]ras bientôt !.

On entra chez Mériem.

Cotte case différait des autres en ce que, à cause de sa situation dans un bas-fonds humide, on avait jugé à propos d'élever son étage.

Au lieu d'avoir un mètre et demi de liauleur, le plafond du rez-de-chaussée était à plus de deux mètres.

LA IHM.LE Mltirt: 1051

De cette manière, pendant la saison sè.he, du iiuvut jus la qu'un simple magasin où les hommes enlraicnt en se courbant, mais une salle assoz vaste où l'on jouissait d'':ne certaine fraîcheur et qui i'tail devenue le lien de réunion des transporlés au\ heures de repos et de récréation.

Lebulcu\ fut assez surpris du spectale qui s'olTrit à ses ynu\.

Il y avait là une vingtaine de personnes : la Miette, Maillone, Gérard, Clémentine, Pierre Til, GL'îeste, TAmirule, Malvina, sept ou huit transpo; tés non mariés et les six condamnés arabes de Kouron.

Q::at:e de ces derniers se servaient d'instruments bizarres. L'un doux avait un triangle, un autre la petite flûte dont le bo rrcau avait entendu an dehurs le son incisif et pcrçint.

Le bourdonnement venait d'une darbouka improvisée sur 1 iquelle un des musiciens arabes frappait avec le rêver- des ongles.

La darbouka est ordinairement formée d'un pot de gi ôs à deux ouvertures dont Tune est fermée par un parchemin tend'i.

Le mari de 3Iérieai tenait une sorte de viole à deux cordes qui ne s'entendait guère au mi ieu du tumuite.

Ces instruments sont assez primitifs pour qu'on n'eût pas eu beaucoup de peine à les fabriquer à Kourou. En Orient, ils accompagnent d'habitude les danses d'aimées.

L'aimée était Mériem elle-même. El'e tenait à la main des cymbales dont elle frappait de temps en temps tout en se livrant à des ondula ions, à des poses, à des contorsions plus lascives qu'élégantes.

Elle dansait comme jadis dans les ca'és arabes, car elle avait fait partie d'une de ces tribus qui fournissent à l'Algérie des bayadères et des liiles publi jues.

Dans ces tribus, au nombre desquelles se truuve celle des Outad-Naïl, toutes les jeunes filles doivent gagner elles-mêmes leur iot poar trouver un é^oux.

El!es vont .''ai;e métier de leurs charme-; à Buu-Sula, à Diskra, à Tougourl. L'endroit où elies dre^se:;t leurs tentes p èi de cette der.ière !o alité a pris un nom s'gnificaîif, celui de Dra-el-rjamel, mauielon des poux.

Au retour, elles sont flétries de toutes les manières, elles ont séjourné dans des lieux de pro-titution fréiuenlés le plus souvent par des soldats; mais les fiancés des Oulad-Naïl \\ ^ regardent pas de si près, pourvu que la somn.e gagnée soit suffisante.

Mériem avait dû être particulièrement appréciée des amateurs de danse, car elle ne manquait pas d'une gnlce entrain inle. Elle avait commencé par faire, d'un pas cadencé, le tour de la salle en se dandinant de gaucîic à droite puis elle avait eu des ge^es des mouvements qui avaient ravi d'aise les assistants.

lOr.2 IV l!l 11 I' Mil ITK

Les Aralics re-U-s siic.l.ili'urs avaient fail eiitoiulre les /o/z/om/Av ou youyou lie joie qui serveiil a loin rompalriotes pour exprimer leur salisfaclion. Les for.;als curopi"'ens sel»oriiail à applaudir ou à erier hravo à raliuèe.

Ce fut au niillieu (1<' eel ent!io:isiasiiie que I-ehuleiix el le Houloltier se riiontrèretit. O dernier ne lania pas à v'ap.rcevoir (juil aNait eu une bien mau- \aise idée en eondmsanl le bourreau chez Meriein.

Pierre Til el Maillone se le dèsignèrenl ausïilùt.

— (Vest trop d'audace?...

— Il a nn l'ameux toupet !...

— Il est avec le Houioltier...

— Ln vc^rité!

— Je les ai rencontrés ensemble...

— Il ne lui a donc [las administre !e ra\riinet comme à nous...

— Sans doute...

Les regards de Céleste s'étaient aussi li\ées sur le Iruuble-féte.

Celui-ci, le fionl baut, suivait avec allention la femme arabe.

Il faisait >ernblanl de ne pas s'apercevoir de la colère que sa présence excitait el qui gagnait tous les transportés présents.

Les musiciens arabes le virent soudain el cessèrent de jouer. Mériem s'arrêta également,

— C'est dommage que ce soit Uni 1 fil avec calme Lebuleux au Rouloltier.

— Cela l'amusait...

— Oui... oui... el je te suis reconnaissant...

— Ne le bâte pas de me remercier...

— Pourquoi?...

En ce moment, on frappa sur l'épaule de rexécuteur Celi;i- "i se retourna vivement.

C'était le mari de Mériem.

— Je suis ici cbez moi, dit-il à Lebuleux.

— Je t'en fais mon compliment, tu es bien installé...

— Ce n'est pas pour tes louanges...

— Ne m'est-il pas permis de dire ce que je pense lorsque je pense du bien... Ta femme aussi me plaît...

— kh\...

— Elle danse à merveille... Pendant mon séjour à Paris, je suis aussi allé dans des endroits oîi l'on dansait, mais je n'ai jamais rien vu de pareil.

L'Arabe resta insensible.

— Tu vas l'éloigner d'ici!...

— Tiens... tiens...

— Pars tout de suite.

LA BEI.LK Mil- ITK 1053

— Pourquoi c i?

— Il pourrait l'arrivor nKilliciii' si tu l'oslais...

— Je ne comprends pas.

— N'est-ce pas toi qui coupes les iiMes ?

— J'ai parfois ce plaisir.

— Si ta fusillais, si tu pendais, je le pardonnerais peut-élro : mais lorsque la tête d'un croyant est détachée du corps, il est impossiltle à .Mahomet do l'enlever pour le faire entrer dans son paradis. Tu n'es qu'un hourreau de 7'oumis, un chien...

— 11 est vrai que je n'ai pas heaiicoup guillotiné de gens de ton espèce.

— Tu es prêt à le faire si on te l'ordonne 1...

— Parhleu ! j'éprouverais même quelque plaisir à m'acquilter de cette besogne si c'était toi... Tu ne me reviens guère...

— En attendant, va ailleirs.

Pendant ce colloque, les transportés s'étaient assemblés autour du gro ipe formé par le mari de Mériem et Lebuleux.

Ils murmuraient et se montraient disposés à faire un mauvais parti à l'homme que tous ils méprisaient et délestaient.

— Tu m'as mené chez des gens bien drôles, dit celui-ci au Rouloltier.

- Je n'avais pas pené que Ton t'en voulait autant!... Tu n'as qu'à te retirer.

Soudain un gobelet d'étain, parti d'un coin delà salle, atteignit Lebuleux à la figure.

11 gr ma de rage :

— Quel est le misérable"?

Une forte poussée lui fut presque aussitôt donnée...

— On me chasse...

Il écarta ceux des forçats qui étaient le plus près de lui et aperçut Céleste.

— Tu triomphes, lui cria-t-il... Je me vengerai de toi et de rimliéi-ile qui l'a épousé!...

Une nouvelle poussée jeta le bourreau hors de la case de Mériem.

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