‹ La belle MietteChapitre 174 sur 200 · Frédéric Bouyer · texte numérisé non relu

Frédéric Bouyer

LA BELLK MIKlTli 10C3

faire illusion, à évoquer le souvenir de la campagne de France dormant, une nuil d'iiivci-, sous son manteau de neige... Mais ce manteau, si sain là-bas, porte ici la mort dans ses plis... 0;i l'appelle dans le pays le lincp.ul des Européens ..

La Comté est donc un^ des parties les plus insalubres de la Guyane. On doit s'ùtonncr q relie ait été choisie pour dos essais de colo:iisalii»n en terre forme.

La raison qui lui valut cette prércrcnce fut saiis doute la facilité des communications avec Caycnne au moyen des avisos qui remontaient la riviore.

Cette raison ne semble pa^ suflisanto lorsqu'on songe au grand nombre de malbcureux qui sont morts ou ont contracté des maladies graves pour avoir séjourné dans ces parages maudits.

Après une lutte de plusieurs années contre les zomhie^ empoisonneurs, on a fini par évacuer en 4859 Saiate-Marie et Saint-A ;guslin. On eût pu reconnaître plus tût que l'on s'élait liompé.

Ce firent des forçats envoyés à Sainte-Marie qui elTecluèrent la tentative d'évasion dont on a si longtemps parlé dans notre colonie pénitentiaire. Nous en trouvons le dramatique récit dans le livre si intéressant de M. Frédéi ic Bouyor, auquel nous avons emprunté dé'à divers renseignements destinés à faire connaître exactement les lieux où se sont dénoués les principaux, épisodes de ce roma:i véridique.

Ce ait aux premiers jours dî I800.

Dans une clairière du bord de la rivière on eût pu voir deux hommes vêtus d'une chemise et d'un p.ntalon de LTOsse toile, ayant sur la tête un chapeau de piille et des sabots aux pieds.

Ils faisaient partie d"une troupe de huit forçats évadés enscmblo.

Ces de;ix hommes, vaincus par vingt jours de courses forcées, de privations de toutes sortes, se demandaient s'il ne valait pas mieux regigner lo pénitencier et subir le châtiment qui leur était réservé à leurariivéc que des'a-harner à poursuivre une entreprise rendue presque insuruinnlaMo do-o:iii;iis nar 1.manque de provi-ions.

Us étaient dans ces dispositions quaml un des leurs ai'paruL 1;vmc L'Uro.'i.;;. i:ii, les pieds sanglants et les vêtements en lamboaux.

Il leur raconta, d'une voix haletante, que trois de leurs compagnons ..iiaii^nt d"assa>>iner le quain.''.,,. a 'mm il,-, .'•v.id s a\.ili iirr.-é,]o::iniL':ii disparu).

11 avait vu les lambeaux sai'g'anls de ! i vicliiiic (lop''(;o>, tri. s fi's a p.iri, les uns pour être mangés, les autres pour élrc enterrés.

Il insi-,tait s .r l'urgence de faire eau c commune contre les cannibales.

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