Armand Jusscluiii. Un dcportij d Caycnne
i<if>* LA lu 1.1. i: Mil: r i k
(".«Mix-ci ariivi"M'tMit ,i leur Inur au «arlift i-t la Icn-iMir qii'iN iiispiit'^roiit à \c\\r< coinpai,Miiinr^ fui si ioAc «l'io los dcniicrs, mui .^^rulciiirnl aiilri'ciil aux prt'-paralifs de l'IiorriMo ivi)as, iiiai-^ iiit^iin' y jirircnl |tait.
la nuit vonno. ils sV'oliapprn'iit ; iliMix (i'fiitit' oux. pai\(Miiis aux rlablissemiMiîs, v raronlt'rtNit la sn'iio nion^lnK^inc <laiis laipit*!le ils av liciit liir cl dt''Vort^ Tun d'eux.
1,0 troisiiMiii- no l'opai-iil plus, lùait-il inoil dr r.iii^'ut' on tic faim?...
Avail-il t'-u'' repris par les antres et niaiiLTc par eux?...
Cela n'a jamais (Mt"^ dévoile.
A celle ('•pO'iuo, si\ antres iransportés vciiaieiil de s'évader.
Trouvant dans les bois les précédents fiigilifs, ils les suivirent.
l/hommc qui dirigeait les nouveaux venus (Mail l'exéeuleur des haules (puvres, le jnsliciei" de Sainlc-Marie.
Il se nomnuiil Raisseguier et valail ccrlaineuieiii mieux (pie son collègue 1 elnileux. Sa force et son énergie étaient peu communes.
11 amenait avec lui deux transportés français el trois arabes.
La rencontre des deux bandes fut loin d'être cordiale.
Les premiers évadés proposèrent d'abord à Raissognier et à ses deux compagnons de s'enicndre pour le meurtre el le dépècement dc^ trois Arabes.
A celle alTreuse proposition, l'ancien bourreau tressaillit d'iioneurel déclara qu'il dé'"cndrait au péril de sa vie celle de ces pauvres gens.
Malbeureusement les deux hommes qui l'accompagnaient goûtaient fort la proposition des trois sinistres coquins.
Ces bandits s'entendirent pour se défaire de Raisseguier.
Deux fois dans la journée, ils tentèrent de le tuer comme par accident.
La nuit venue, épuisé de fatigue et craignant un attentat, celui-ci chargea un de ses camarades d'évasion de veiller sur lui pendant qu'il prendrait quelque repos.
Les rôles étaient distribués à l'avance.
A un signal de son traître gardien, les forçats s'approchent en rampant du dormeur. Ils s'élancent et frappent tous à la fois.
Raisseguier, par un effort surhumain, se dresse, secoue le groupe d'assassins qui l'entoure, puis, blessé à la gorge, au front, à la poilrine, un bras pendant brisé le long du corps, il s'élance hors du carbel et fuit droit devant lui.
La meule sanguinaire, avide de curée, bondit à sa poursuite.
Heureusement lanuitélail trop noire. Raisseguier, sur le point d'être alteint, disparut tout à coup.
Une pluie torrentielle vint à tomber.
Les bandits durent attendre le jour pour continuer leurs recherches.
LA UEIAA. Mil. I n:
Ui(..3
Cette chute lui avail ^aiiv/ la \i.'. F. 1(X«.)
Ils espéraient relroiiver au moins un ratl.ivre, mais loul fui iimlile. lU 1,0 vireni aucune trace de leur victim<\
Alors se pa^sa une scène d'une indcscriplilde horreur.
Ces bélcs féroces, arrivées au p.iroxy-^me do la rage, se lournèroui oou le elles-mêmes.
Un de ces hommes lui tu»* p.ir les autre-, dépecé t*l dévoré.
i:v. 131. — TUKODi'HR np.M'.T. - i.A uii I K uiiirK. — m 1. H itr ir c'*. i * «
1ÛC6 lA lil'lli: MIKTTE
Les Arabes, qui avaionl compris à iiuello sorte de gens ils alkiicut avoir affaire, avaieiil vile, la veille au soir, repris le theniin du bague.
Au luomeul où Uaissegiiier disp iraissail aux yeux des a-sassiris, il avait senti le ter.aiu manquer tout à eo;ip sous ses pieds et avait roulô au fond d'un ravin, où il resta évanoui.
Cette dmte providonlielle lui avait sauvé la vie.
La pi lie lui lit reprendre ses sens. Sentant tout son sang couler, il oAit la pré-ence d'esjiril et le courage de bo irber ses blessures avec d ' la terre gl.iise, puis ii attendit le jour.
li se trouvait au bord de la rivière lorsqu'il vit s'avancer au gré du courant un de ces trains de bois flottants q'ie les cours d'eau de- tropiqiies portent périodiquement à l'Océan.
Cet bomme épuisé, qui n'avait q l'un bras à son service, parvintà se bisser sur un ar're à demi déraciné, qu'un récent éboulement avait penciié sur les eaux et qu'un lacis de lianes retenait seul à la berge.
De là il se laissa tomber sans accident sur le rad'au naturel el d 'riva lentement avec lui le long du fleuve.
Vers la fin du jour, Raisse:uier se troivait en tace île l'habitatiin Bollane.
A ses gémissements, ou le découvre, on le porte à l'habitation et on soigne ses blessures ; puis, ranimé, il se fait conduire au pénitencier.
Le terrible récit de ses aventures e.^cita sur tout son pas.>age la plus vive indignation.
Chacun se prépara à concourir à l'arrestation des cawii baies.
Un Indien s'offrit à les attirer dans un piège el toutes les mesures furent prises en conséquence.
Cet Indien s'embarqua seul dans une pirogue avec quelques provisions et remonta la rivière.
Arrivé à la hauteur du repaire, qu'il reconnaît grâce aux indications de Raisseguier, il paraît se livrer exclusivement à la pêche.
Les forçats l'aperçoivent et le font approcher.
L'I::dien, avec une terreur jouée, se laisse prendre ses provisions; puis on le questionne.
Il leur révèle Texistence de l'habitation Bellane et excite leur convoitise et leu;- cupidité en leur faisant comprendre qu'ils y trouveront de quoi se satisfaire.
A b-ur demande, il los conduit tout de suite à l'habitation.
Rien dans les environs ne peut éveiller les soipçons des forçats ■ qui débarquent immédiatement.
L'Indien alors glisse au milieu d'eux comme une couleuvr.^. et s'échappe en poussant un c;i perçant.
Ce cri est un siL^nal.
LA iu:i.i i; Mil r iK 1007
En une minute, ils sont enveloppi's et enfermés dans un rerclc de sabres et de baïonnettes.
Toute rt'sistance est inutile. Ils sont renversés et fbargés de liens.
Leur procès s'instruisit rapidemment.
Ceux qui, sans prendre part aux crimes atroces de leurs camarades, •■tai^iit relournès vers le pénitencier subirent la peine des (^vad('>s.
Les autres qui, pendant les déNats, firent preuve d'un cynisme odieux, fuient tous condamnés h moi-t.
Quant à Raisscguier, il guéiit de ses hies-urcs.
La fermeté et le courage qu'il avait déployés furent pris en considération. On lui fit remise de la peine encourue par tout fugitif.
C'était le récit de cette tentative et ses résultats lugubres qui impressionnaient vivement Maillone.
Il estima qu'il ne fallait plus songer à la fuite par les bois. On avait presque la certitude d'être dévoré par la faim et la Hôvre, ou de devenir, vivant encore, la proie des animaux.
C'était tellement vrai que le commandant de Saint-.\ugu-tin, le second établissement de la. Comté, avait proposé à des forçats en qui il soupçonnait des velléités d'invasion de faire l'expérience.
Il le;;r avait alloué quinze jours de vivres et leur avait permis de s'éloigner de ?on pénitencier. Les transportés n'avaient pas tardé à renircr honteux et confus.
Un seul d'entre eux, nommé Palazot, n'était pas revenu. On eut toujours ÏL'noi'é son sort si !e fait suivant n'était venu révéler sa fin.
Un mois s'était à peine écoulé depuis son évasion.
Le commandant du pénitencier était à la chasse avec plusieurs oflicit^s attachés à la colonie, lors ju'il avisa un singe qui, perché sur les branches élevées d'un arbre, lui adressait les plus outrageantes grimaces.
Le commandant n'eut fait que rire en toute autre occasion.
Mais !e singe avait captivé son attention par une particularité dont il ne se rendait pas bien compte.
Le quadrumane portait sur la tête une coiiïure étrange dont aucun chasseur présents ne put préciser la nature.
Pour couper couit à toutes les discus-ions, le commandant ajusta et le coup partit.
Le singe dégringola des branches sur lesquelles il était perché.
Et alors seulement on eut l'explication que I'od cherchait.
Dans la chute, la coiffure de l'animal était tombée et l'on avait reconnu que c'était un bonnet de laine pareil à celui que portent les forçat-^ de Cayenne.
On regarda de [dus prés.
I \ IMI.l.l MM ni'.
l.f ItonntM avait xni iiimit'TO matririilo.
C'iHait le numéro de Pala/ol.
Les fauves des grands l»nis av lieiit devoir son corps el dédaigné sa i-oilTiire. Le sinjje s'en tVait alTiihli''.
Comme nous l'av^ms dil. l'aiiloiiU^ Icnail à ce (juc l'on coiinrii liicn tous ces ré.ils.
M.iillone savait déjà iiiii', pann t, les ohslaclcs élaieiil non moins ^ranls, siirtoat avec un cerruoil pour embarcation ou nn tronc d'arbre.
Dans CCS deux tentatives, l'objc-tif de l'ancien marin avait élc la (iiiyaiie an'lai>;e ([ui est un lieu dasile, car ses liahilanls soni très jaloux de leur droit inl(M national.
Tout transporté, qui parvient à gai^'ner l'ombre du pavillon britanniipie par une évasion pure et simple, est sauvé.
H faut des bras pour les colonies, et les An;-,'lais acceptent de toutes provenances cet élément productif, sauf à tenir toujours ouverts les yeux de leur police active s:ir les réfu.'iés qui le leur apportent.
Ceux-ci, sans qu'ils s'en doutent sont soumis à une occulte surveillance el be.iucoup d'entre eux, frappés pour d'incorrigibles tendances par les lois sévères de leur nouveau pays, ont pu faire une élude comparative entre les systèmes pénitentiaires de France et d'An,:j;leterre.
l>ans le cas où l'évasion se complique cependant d'assassinat bien avéré, la loi anglaise autorise l'exlralilio:! des rélugiés.
Le titre de forçat ne p )urrait les faire expul^er. Celui de prévenu, quand l'accusation semble fondée, les fait livrer à la justice de leur patrie.
Cela parait illogique, mais cela est.
C'était donc à la Guyane anglaise que rêvait Maillone !...
DEUX VIEILLKS AMIES
L'amour de Clémentine pour Gérard ne paraissait pas avoir grandi depuis les diverses scènes que nous avons racontées.
L'ancien guichetier, dans ses entretieas avec Maillone, prétendait même que sa femme marquait de plus en plus de l'éloignement pour lui.
— Autrefois, disait-il, je n'avais qu'à me plaindre de sa froideur... Maintenant...
— As-tu fini, de m'eut retenir de tes affaires de ménage !... répondait
LA l!l l.l.l. MIi;i IK 1069
M:iillone... ;Ta m'y reim'ndras à doina ider dc< t'\pli»-ali(»iis à C!t''rnpnliiit'..
— Po irijuni ?...
— D'aliord elle ne ma pas dit de-^ chose> aciéali!e>...
— C'est surtout moi qu'elle a maltraité 1...
— Ensuite il y a la Miette.
— Eh bien!...
— Tu as pris sans dnute comme moi pour une plaisanterie la ^iibiie jalousie qu'elle a manifestée?. .
— Elle ne peut sérieusiMu-Mit s'ima.'iner...
— Elle était sincère... Il y a d'aliurd ei une seèiie alnn-e le M)ir, rjii;ui I nous sommes rentrés dans notre case...
— Tu l'as laissée faire?...
— Je l'ai envoyée se promener dans les irrands prix... Ce qui ne l'a pas empè:liée de recommencer le lendemain... Depuis ce moment la série e-t a la noire... et cela m'erahète...
— Je regrette...
— Tes excuses ne changent rien à la siluitinn... Je sui- peisu.idé mainlenant que lorsque je filerai, je filerai seul... Oa en trouve partant de^; femim.'s jalouses... Pas besoin d'en emmener avec soi...
— Ah ! si la mienne était ja'onse !...
— Tu t'imagines, toi, que cela prouve quelque chose... Uel.i ne prouve rien... Ce sont les créatures les plus incapables d'alTection (pii font souvent le plus d; scènes... Pour grogner, pour ciier après les ge:is, pour les tourmenter, c'est pas du cœur qu'il faut, cest un caraclèie désagréable...
— Tuas peut-être raison...
— Ji/, mon ange, c'est comme j'ai l'Iionne ir de te le dn-e...
— La Miette n'en est pas encore là...
— Ça s'avance et je t'assure qu'ele ne mérite plus son anci.-n surnom de Belle Miette qiand elle a le visage contracté par la co'ère.
— Clémentine, elle, n'éprouve pas même de la colère. Son visau-e n'exprime aucun sentiment... Oui cependant il y a du dédain...
— C'est curieux...
— J.' me demande parfois si elle n'a pas toujours été un bloc de glace, mais alors je me rappelle celte créature écheve'ée, qui avait lutté conîre l.i force ar.née parce qu'on voulait l'arracher à un autre et je maudi-î cet autre qui a été adoré, tandis que moi je me sens haï... Je suis jaloux...
— Comment, loi aussi?... C'est une épidémie...
Tous n'en iiieiirciil pas, niais tous pu sont altoinl». On le voit Maill-ino («ouvait citer les classiipies.
1070 I.A lill.l.K MIKTIK
Pli ro'^lo. il a\.ni ivii on m ili^ani ijui' l.i Mirilc -^"iiiia iriait ijii'il faisiiil la oour à r.I("'mtMirmt
I/anriiNine sa;40-'ciiHiio l'iirtuivail une vivi^ irniatmii a la pcnscn (ju ClIe pourrait tUre trompée au profit de sa lillc.
Son mari ne lui tHait pas (railleurs indilTi^rent. Nous savons qu'elle n'avait pas un cœur tri^s sensible. II y avait eu, néanmoins, dans sa vie, des heures où il avait battu. Pierre, le père de Cl(''mentine, avait été un moment aimc^
Le portoTaix qu'elle avait épousé ensuite l'avait pendant quelque temps maîtrisée. Tlle avait sulii avec une sorte de p'aisir cet homme violi'nt cl brutal qui ne se fZiMiait pas pour la frapper... Il la dominait par la force et par les sens...
Anjourd'lr.ii, elle était fiiTC d'être parmi les !"emme> arriv(''cs de France qui avaient tout de suite trouvé un mari, et elle craignait qu'on le lui prît...
Peut-être aussi le climat des tropiques exerçait-il son action sur elle...
— Je l'ai et je le garde, disait-elle à Malvina.
— Rien n'est plus juste.
— Et s'il veut me qiiitter, malheur à lui !
— Qiie lui feras-tu?...
— C'est mon secret...
— .\près tout, tu auras rai-on...
— Elle aussi... elle... me la payerait...
— Ah!
— Elle apprendrait que l'on ne se joue pas impunément de moi...
— Je t'approuve...
Malvina se rappelait que Clémentine avait été plus heureuse qu'elle auprès de M. Mébert. E le insista assez adroitement sur ces femmes qui prennent toujours les amants des autres et parvint à exciter encore le courroux de Miette, qui savait cependant que l'ex-prostituée en voulait de puis longtemps à sa fille.
— Comment... Comment, dit-elle, retenir Maillone auprès de moi?... Malvina sourit.
— Il y a un moyen.
— Lequel?...
— Ce serait de visiter la pïaye.
— La pïaye?
— Oui, cette vieille femme que l'on soupçonne d'avoir fourni du poison à la Lyonnaise...
— Que pourrait-elle faire pour moi?...
— Elle te vendrait un philtre...
— Qu'est-ce que cela?
LA BELLE MIETTE lOTl
— La pïaye eu a de to ites soites. Cerlaiiis phillres reiidrnt idiots, d'autres é.'eillent la pensée... 11 y a ceux qui font rniTLri.jue et ceux qui abattent la volonté... Telle liqueur prolonge la vie, telle liipiour énerve cl tue...
— Je sais bien que des liqueurs tuent...
— Parbleu!...
— Mais je ne m'explique pa< pourquoi tu m'enga.ues...
— La pïiye a aussi des philtres pour inspirer l'amour et pour le retenir quand il veut s'envoler...
— Oh! oh!
— Tu en doutes?
— Je serais curieuse de vérifier...
— Tu n'as qu'à aller chez elle.. Tout le monde t'indiquera son carbet qui n'est pas très éloii:né d'ici...
— 11 se pourrait bien... Je suis loin de croire, néanmoins... Mais comment toi-raéme as-tu su?...
— C'est une femme indienne qui nous en a parlé à l'Amirale et à moi....
— Et tu as vu?...
— La vieille... Certainement...
— Raconte-moi...
— Je me suis rendue dans son taudis, car c'est un taudis infect que le sien... Un jeune nègre ne voulait pas d'ab ird me laisser entrer... 11 m'a fallu lii donner de l'argent pour qu'il me permît d'arriver auprès de la sorcière!...
— 0 ■ doit payer!...
— Dame!... Puisque c'est son gagne-pain à cette femme... Je soupçonna que le nègre la gruge pas mal, quoiqu'elle ait beaucoup de conliance en lui... Elle m'a dit que c'était le frère noir de l'ange du feu.
— J'ai connu une vieille folle qui prétendait qu'un affreux galopin qui l'exploitait était l'ange du feu lui-même. 11 parait que chez toutes les sorcières c'est la même chose... Que s'était-il passé entre toi et cette charmante marchande de poisons?...
— Sur sa demande je tendis la main à la pïaye... Elle dit : — Tu aimes l'homme!
Miette se mit à rire.
— Elle a compris tout de suite...
— Elle a ajouté : — Tu aimes l'argent...
— Il y a bien des gens à qui elle eût également pu dire ceh.. Décidément, jusqu'ici, la pïaye n'a rien d'extraordinaire.
— Alle.id>... — Tu voudrais donc un liomm.ï ayant de l'argent?... a fait la vieille.
— De plus en plus main.
1072 i.\ HKi.i.i: MU. iri:
— Ce qu il y aile Iml .V<i -ju'i'll.^ m'a promis ce que je diî'sirais...
— Piomellrc et lenir foui deux...
— Dans trois ou neuf lunes j'aurai mun ulTaire...
- Corallien y a-l-il que la pïaye l'a annoncé cela?...
— Une demi-lune tout au plus ..
— Tu as encore deu\ lunes el demie ou huit lunes el d^mie despér.iiicc...
- Ce sera toujours ra... Si celle prédiclion se réalisait, que! bonlieur'... La >orcière n'aurait pas à se plaindre de moi...
— Elle se plaindra de toi, sois tranquillle... Mais, dans Ions les «as, elle n'aurait fait que voir l'avenir... Elle ne serait pour rien...
— Tu te trompes, car tous les malins je hois iiuiniu-' iIhim^...
— Un philtre...
— C'esl jo iment mauvais. mai« puisque ça jit- il m".-!,! p Inr...
— Nicaudel...
— Qui ne tente rien n'a rien...
— X ta guise I...
— Je ne suis pas, du reste, ia seule à écouter la i>ïaye.. L'Auiirale...
— Je la croyais femme de l on sens...
— Elle a supplié la sorcière de lui donner encore pour amant un officier de marine. La vieille lui a dit qu'elle séduirait, si elle voulait, tous les officiers qui sont à Kourou, à condition qu'elle boirait chaque jour, à midi, un verre d'eau de mer sur lequel le frère noir de l'ange du feu prononcerait les mystérieuses paroles...
— Quelle bl.igue !...
— L'Amirale pense ainsi...
— Elle boit tous les matii>: son verre d'c^u.
— Comme tu disi
— • Il faut qu'elle attende aus-i neuf lunes ?
— • Non : pour elle, la durée de Tépreuve n'a pas été fixée.
— Cela pourra toujours durer ainsi...
— Tu n'es pas gobeuse...
— Ma foi, je ne m'en cache pa^.
Cette conversation ne laissa pas que de faire quelque impression sur Miette qui prit l'habitude de demat;der à Malvina, lorsqu'elle la rencontrait :
— Eh bien! Eh bien ! ce fiancé millionnaire pour lequel tu l'empoisonnes tous les matins... L'as-tu trouvé?
L'ancienne pro>liluée finit par ne plus répondre.
Un jour où Mielto lui posa comme d'habitude celte question, Malvina releva la tête avec un sourire...
— Oui sait?
LA BKLLK MIKTTE
La Miette pu^aaa u.. cri. ^1*. luTT.)
— En vérité...
— Je pui^ me tromper, mais...
— Tu a? quelqu'un en vue?...
— Peut-être...
— Dis-moi qui est-ce?
II y avait chez Miette, une sorte de curiosité avide.
JV. 135. — THÉODORE ar.MRT. — L* BEl.l.I MIETTS. — ÉD. J ROUrf IT c'».