CX\ VI
Lebulcu.K était encore à K.iurou. mais la lin de .son séjour approchait. 11 devait, en effet, pailir pour la Comté ou l'on avait besoin de ses sanglant: of.icos pour les fori'ats canrnlialfs (•ondamnés à moi"!.
LA ni-LLK MIETTE
l^ur oxtVMition n'avait pas oiu-oro tMi lieu iM li^ hoiirieau dt^ la l'oinlé nr pouvait piuMO o|)(Ter en ocllt"" oirronslaïu'o. puisqu'il avait élc'' nuMù lui-uu'nu' au dr.iiui' dont le dénouemriil devait avoir lieu sur rèfhîifaïul,
Hieu que Lehuteux ne trouvai L,'uère d'agiémciit à rélaldissemenl. il tenait de plus en plus à y rest(M\
(Vêtait à cause de ('éleste.
I.a haine de ce niiséralde pour Pierre 'lil cl sa femme, loin de se calmer, tievenait tout les jours plus forte. Il eiU voulu les tuer tous les deux, mais auparavant il eût tenu à posséder encore celle qui avait éiè sa maîtresse et qu'il considérait comme une chose lui appartenant et lui ayant été volée.
I.e senliuu>nt qu'il éprouvait était fait de colère et de désirs surexcités.
Il avait formé toutes sortes de pro'els, arrêté divers plans, mais il n'avait pu en mellre aucun à exécution.
Pierre Til et Céleste se méliaient.
i.a jeune femme surtout, savait (|u'elle avait tout à attendre de Ihomnirt qui l'avait perdue, de l'assassin de son père.
Quand son mari était à l'abatis, elle ne restait jamais seule à sa case dont le soir, avant de se couciier, elle avait soin encore de barricader toutes les portes.
Elle s'était procurée un chien des Pyrénées, sorte de molosse aux crocs redoutables. Cet animal faisait partie d'un envoi elTeclué par le gouvernement qui avait essayé d'acclimater à la Guyane cette race si utile en France aux bergers et aux boucliers.
Malgré ces précautions, Céleste n'était pas complètement rassurée. — J'ai le pressentiment que Lebuleiix nous tuera l'un ou l'autre, peut-être tous les deux...
Pierre Til s'eiïorç.iit de la rassurer.
— Quelle pensée!...
— Pourquoi reste-t-il aussi longtemps ici?... — ■ Ah I ça, par exemple, je n'en sais rien...
— C'est parce qu'il fait tout ce qu'il peut pour ne pas s'en allei . ..
— Il lui faudra bien paru r...
— Alors seulement, je serai rassurée.
Enfin l'aviso qui devait emporter le bourreau arriva.
Cet aviso s'appelait VOyapock. Il était très petit. 11 fallait bien qu'il fût ainsi pour être tantôt poisson de mer, tantôt poisson de rivière, naviguer entre les bancs de vase molle qui se trouvent entre les îles du Salut et le continent ou sur les cours d'eau de l'intérieur.
On racontait que lorsque VOyapock avait quitté Piochefort pour se rendre à la Guyane, beaucoup d'officiers de marine prédisaient qu'il serait infailliblement englouti, s'il venait à essuyer une tempête en plein Océan.
lA ni'LLiv Miirrri-: