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lis ne pouvaient guère se séparer, s'arracher au sort dont ils crevaient ôlrc menacés. Les circonstances s'y opposaient.
En quittant Gérard. Clémentine eût été obligée de rentrer avec les autre-détenues. Il en eût été de même pour la Miette qui voulait le njoins possiMe perdre de vue Maillone. Gérard était liop jaloux de sa femme pour renoncer à la surveiller.
Maillone n'avait pas intérêt à appeler rallenlion sur sa co;;diiile et il lui fallait, pour qu'il continuât ses rendez-vous avec sa mnilres e, qu'on ne s'occupât pas de lui à l'établissement.
Ils vécurent donc pendant quelque temps d;ins un état perpiHiiol de méfiance. C'était surtout chez Gérard et Clémentine que les scènes élaien vives.
Un soir où l'ancien guichetier avait été excité par Miette, il rentra chez lui morne et sombre. Il avait avec lui le gros chien de Pierre Til qui dopuis quelques jours lui avait été prêté.
Clémenline servit le dînei-.
Avant de goûter aux aliments, Gérard fit manger le chien.
— De cette manière, dit-il à haute voix, je m'assure qu'il n'y a pas de poison... là dedans...
Sa femme prit un air ironique, mais ne répondit pas.
— Oh 1 continua Gérard, je sais qu'on s'y prend de plusieurs façons pour envoyer les gens dans l'autre monde... L'eau que l'on boit, l'air que l'on respire peuvent donner la mort... Ici, à la Guyane, on n'est pas en peine de trouver des moyens pour se débarrasser de ceux qui gênent.
— Vous les connaissez, ces moyens !... Vous les avez étudiés...
— Et toi aussi... Tu sais que certains poisons oiïrent un avantage, celui d'empêcher la justice de reconnaître s'il y a eu mort naturelle ou assassinat... Ils ne laissent aucune trace...
— Comme ceux de la Métisse, par exemple !
— Ah!... Il estdonc vrai... Tu voyais cette femme avant qu'on la chass;";i...
— Et vous aussi ?...
— Moi, jamais !...
— Ma mère, en effet, y allait pour vous...
Gérard garda un instant le silence, p:iis il saisit sa femme par le poignet.
— Écoute, dit-il, je ne suis pas le bonhomme Uarbe... je ne suis pas un pauvre vieillard plein de confiance et qui croyait sa f.'mme un auge de vertu... Il a bu tout ce qu'on a voulu, puis il a rendu tranquillement son âme à Dieu .. Au premier soupron, moi, je te frapperai... Regarde...
Il sortit le couteau-i)oignard qu'il avait à la main le jour où avec le transporté arabe'il attendait Maillone pour le tuer.
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KWc oui un fivinissouioiU ini))t'rct'|ilihlt'. puis olle liaussa los ('pauli*?...
— Ksi-ce (le celle arme doiu vous vous tMes servi jionr votre prrmiiM-e feuune?... Non, ('"ost d'une autre plus perlide el plus lâche 1...
— Celle que lu as iMiij)!i>\t'e loi-mèuie ;ï rc^'ard de Ion pi-(Miii(>i mari...
— Soil I... Mais si vous vous nu'-tic/., je nie nu-lie... Si vous prenez j;aide, je prends ji.irde moi-nu^nie...
— Si lu me tues, le le tuerai 1...
Dans les discussions enlre Maillone el .Miellé, il y avail plus de sanu'-froid. 1 a colère restant pins sourde, les explosions ctaienl rares. Maillone raillait la I cille qui essayait de ne pas s'emporter.
— Tu as du i)oison, lui disail-il, mais j'en aiau.ssi... Si je meurs Ui n'y -,i,Mieras i as c:rand'chose. si Clémentine meurt tu n'y irap^neras rien du toull...
Tandis qu'avaient lieu ces scènes à Kourou, on inslruisiit le procès du Roncou à Cayenne.
La nouvelle de celle imporlanle caplurc avait causé une satisfaction générale dans la colonie. Tranquille el Anguilay avaient élé l'objet de félicitations unaniuies. Une somme de mille fiancs lui remise à chacun d'eu\ à titre de gra- ".ilicalion par le gouverneur général. Djimbo avait eu une mauvaise idée de s'attaquer à ces deux hommes de sa couleur,
11 fallut un temps assez long pour dresser la liste des crimes du bandit, entendre les témoins. Enfin l'affaire put venir devant la cour d'assises.
11 y avail à la charge du Rongou des meurtres, de> vols et des viols. Il se défendit avec une violence extrême. A cbaqne instant le^ gendarmes étaient obligés de le maintenir.
Il avait espéré vaguement voir Clémentine parmi les témoins, mais cette espérance fut déçue. La jeune femme n'avait pas porté plainte contre lui pour l'outrage dont elle avail été l'objet dans le grand bois.
Un triple assassinat commis sur une femme nommée Marceline et sur ses enfants causa une grande impression.
Djimbo avait voulu l'entraîner dans un de ses refuges pour lui prendre quelques comestibles qu'elle portait dans son mouchoir.
Celle infortunée tenait à la main une petite fdle el avail dans ses bras un petit garçon. Pour faire taire celle famille, il l'avait tuée tout entière, la mère à coups de sabre, les enfants en leur cognant la tète sur une roche.
La défense d'un pareil scélérat était difficile. L'avocat essaya de se retrancher derrière la nature sauvage du Rongou, ses instincts de brute que la civilisation n'avait pas épurés, la loi naturelle à laquelle il obéissait sans se rendre un compte exact du crime et de la vertu, de la propriété et du vol.
M. le capitaine Bouvier raconte qu'une simple question du président fit