I.e jeune lio;iime essaya de se dégai^'cr sans y parvenir
Sun emliarras était extrême.
La lorelle continua avec une exdlation croissante :
— Oii! je la hais, cette femme, que tu louis, celle femme, que lu admires, je la hais de toutes mes forces I...
— Elle ne vous a rien fait cependant?...
— Tu crois?...
Pierre était décidément étourdi par cet accueil auquel il ne- s'altendail pas. Son énergie faiblissait déjà.
Il ne parvint qu a giand'peine à recouvrer son sang-froid et à se débarrasser de la Miette.
— Madame, fit-il d'une voi.\ grave, il ne s'agit pas de cela. Il s'agit de mon enfant, de ma Clémentine, que, pendant mon absence, vous avez enlevée de chez moi... Cette enfant m'appartient...
— Le fruit de notre amour?...
— Oui, le fruit d'un amour que vous avez foulé dédaigneusement aux. pieds, le fruit d'un amour qui m'a bien fait souffrir!...
— Je me repens.
— Il est trop lard!
— Pourquoi, Pierre?...
— Parce que cette affection est morte aujourd'hui et que la ressusciter serait un crime...
— Un crime, dis-tu?...
— Une indigne trahison!...
L'expression du visage de Miellé changea. Elle eut un geste d'indifférence dédaigneuse, puis se coucha de nouveau sur le divan, comme si son ancien amant n'était pas là.
Elle changea aussi de ton.
— Alors tu viens chercher Clémentine?... En vertu de quel droit?... Dis-le moi, jeté prie...
— ^■e suis-je pas son père?...
LA BELL1-: MIliTTE 279
— Je suis sa môre, iiuil...
— Une mère qui n'a pas fait sou devoir... Une mère qui a abandonné son onfanl!...
— Elail-cc l'abandonner que te la laisser?...
— Tuas bien pensé h cela!...
- J'y ai songé plus que tu ne le crois...
- Quelle raison as-tu de me la prendre maintenant?.,.
— Parce que tu t'es marié...
- Il y a déjà quelque temps...
— Je Tai su hier seulement et je me suis dit : « Je ne veux pas que les caresses de ma fille, une autre les ait... Je ne veux pas que, au lieu de m'aimer, elle aime ma rivale!... Cela ne peut être et cela ne sera pas... »
— De la jalousie!
— Et pourquoi pas?...
- Ne raille pas, Miette.
— Regarde-moi, Pierre, et dis-moi si j'ai l'air de quelqu'un qui veut rire...
De grosses larmes roulaient dans ses yeux.
Elle se dressa et s'approcha de Pierre, qui, cette fois, ne songea pas à reculer...
— Malgré mes torts, je n'ai pas oublié une chose, c'est que tu as eu mes premiers baisers, mon unique amour... Ah! si tu savais les pensées qui m'ont assaillie quand j'ai appris que tu appartenais à une autre.... Je n'ai pas réfléchi.., j'ai couru chez toi...
— Dans quel but?...
- Un d'''sir impétueux m'était venu : celui de te revoir.
— Me revoir!
— Te revoir et le faire part des sentiments que, malgré tout, j'ai conservés pour toi!,..
— Quels sentiments?.,,
— IS 'as-tu pas compris que ma passion s'est réveillée... N'as-tii pas compris que je t'aime toujours?
— Tu m'aimes?...
Pierre était vivement ému. Oh! lui, non plus, n'avait rien oublié...
Elle l'avait enlacé de ses bras de marbre, rartificieuse créature!...
11 sentit une chaleur ardente circuler dans ses veines, un vertige s'empara de son être... L'homme est bien faible devant la femme qui sait troubler ses sens, égarer sa raison.
Il ne put que murmurer :
— Miette!...
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