‹ La belle MietteChapitre 33 sur 200 · I. .' .iii lar.l lorMjiu' l'icrrc ronlra chez lui · texte numérisé non relu

I. .' .iii lar.l lorMjiu' l'icrrc ronlra chez lui

Ilorminic rattoiulail en \)vo'\o à une anu'oissc inurtollc.

Pour la promitMv fois, il fut aii^n* avec elle.

Qu'as-tu donc.'. .

Tu ti.'vais riMilier île lionne heure...

Il m'a fallu aller au maL'asiii...

Va ClùnieiUijie?...

J'ai pensL^ ipTil valait mieux la laisser à sa mère...

- - Tu as vite changé il'avis.

- - C'est vrai...

('es dernières paroles furent prononcées d'une voix sècne. Pierre ne lui parlait pas hahitucllement comme cela.

Aussitôt après le repas du soir, il soilit seul, ce rpi'i! n'avait jamais fait depuis qu'il était marie.

Herminie n'osa lui adresser aucune ([ucstion.

— Mon Dieul mon Dieu! murmura-t-elle seulement, est-ce que nolr(î lionheur serait perdu à jamais.'...

Ses pressentiments ne la trompaient pas, cette fois encore, rinfortunée!... Son mari allait chez Miette; il ne rentra que bien avant dans la nuit.

Il continua le même genre de vie les jours suivants.

Herminie ne se fit aucune illusion. Elle comprit ce qui se passait et elle en voulut plus à celle qui détournait Pierre qu'à Pierre lui-raème...

— C'est celte misérable qui le retient auprès d'elle... Et lui... Et lui... Oh! qu'il est faible !...

11 restait cependant à l'épouse iL'gitimc quelque espoir de ramener son mari, car elle avait une nouvelle à lui annoncer.

Pierre fut vivement ému en apprenant qu'il allait être père pour la seconde fois. Herminie se reprit à espérer, mais sa joie fut de courte durée.

Sur ce terrain-.'à, Miette pouvait encore lutter... et avec avantage. Tandis que Herminie faisait connaître seulement une prochaine naissance, chez Miet:e l'enfant, était né. Clémentine savait déjà donner de doux noms à l'auteur d» ses jours.

Oh! la courtisane avait été adroite lorsque — pour avoir de nouveau le père — elle s'était d'abord emparée de la fille.

Quel était pendant ce temps-là l'état d'esprit de celui que nous avons connu si honnête?... Il négligeait ses occupations, il oubliait tout pour la femme qui avait su si cumplètement s'empa.rer de luil...

Son caractère avait autant changé que ses habitudes. N'ayant plus la tranquillité, il était devenu irascible. Il ne parlait guère avec douceur qu'à celle qui avait su le dominer..

trv. 36 — Tiiioiiort ikm.y. — la bf.llk mirttb. — ko. j. novrr «r c'».

LA BKLL!- MIKTTE 0^3

Miette avait fait de lui son esclave, sa cho-e. Elle s'eiïorçait de lui enîevor les scrupules et n'y réussissait que trop. Pierre, malgré sa jalousie, lui supportait des amants.

El conimoul eûl-il pu à lui seul suffire à la soif de luxe de Miellé?... Il (levait tout tolérer ou s'en aller pour jamais... Il ne pouvait plus s'en aller...

On perd vite sur celte pente tout respect de soi-même. Sans faire allcnlion à sa situation d'homme marié, il était devenu le cavalier ordinaire de la courlisane. Il l'accompagnait au théâtre, dans les bals, dans les fêtes et jusque dans les tripots, car Miette avait au plus haut degré la passion du jeu.

Pierre ne tarda pas à devenir joueur, lui aussi.

11 était désormais perdu sans ressources.

Les économies du ménage furent vite dévorées. Bien qu'il ne purlâl plus chez lui qu'une faible partie de ses appointements, il ne cessait d'adresser à sa femme cette question, toujours la même :

— As-tu de l'argent?...

Peu à peu, Herminie dut vendre des meubles, engager ses bijoux, son lir.ge et jusqu'à une partie de ses vêtements. Pierre n'en était pas moins insatiable.

— De l'argent! Il me faut de l'argcnl!...

Quand elle n'en eut plus, n'en put plus avoir, il s'e.nporla jusqu'à la frapper. Il s'arrêta devant ses larmes, pleura même avec elle, mais n'en retourna pas moins chez Miette et, avec elle, dans les enfers de la ville phocéenne.

La naissance d'un fils ne produisit aucune impression sur lui. II y avait deux jours qu'il n'était pas rentré chez lui quand on lui apprit qu'il y avait un petit être de plus sur la terre qui portait son nom et n'avait pas eu encore les caresses d'un père.

Pierre mena encore ce genre de vie quelque^ mois. Une catastrophe était imminente.

Un malin, on apporta à Herminie un c.idavre.

Elle tomba à la renverse : c'était son mari.

Le malheureux s'était tué au moment où on allait l'arrêter pour une escroquerie dont il s'étail rendu coupable, de complicité avec la Miette.

Malgré l'i-lat de dégradation dans lequel il étiit tombé, il avait préféré la Miorl au déshonneur.

Herminie éprouva une vive djiileur. Elle aimait t()uj')urs son infortuné '■'lioux, au((iiel elle pardonnait avec une rare générosité ses égarements.

Il est des femmes comuie cela — des anges — et ce sont le; plus honnêtes, '•elles qui comprennent toutes les faiblesses et sont prêles à l'oubli...

Heiminie maudit ropondant celle belle Miellé qui avait ponlu Pli^irr».

Î84 » N I;! I 1 I Mll'.ilE

Si misère eùi t^lc inofuiulr >.in. l'aiile df M. <i M""" l.iHultird, donl Pierre avait coponilant quitté la maison depuis quolqut' temps.

M. et M"' Lombard prirent llermiiiic chez eux, lui prodii^'iièrcnldes secours et, ce qui a au^si son prix, des consolations.

Grâce à eux, Ilerminie put renaître à la vie. à l'espoir !

Plus lard, le^ marques d'allachemenl de son fils achevèrent de lui rendre le courage, cette chose que les malheureux perdent si souvent.

^ue devenait Miette tandis que sa victime oubliait en remplissant ses devoirs de mère ce que Tèpouse avait soulTerl?

lii mort de son amant n'avait pu la mettre à l'abri des poursuites dont elle était l'o'.ijel. Elle comparut devant le tribunal correctionnel et fut condamnée à .•■ix jiiois d'emprisonnement, qu'elle subit dans la prison des Présenlincs.

A sa sortie, sa situation ne fut pas des meilleures.

Pendant la détention, ses créanciers avaient obtenu des jugements contre elle. Ses bijoux, son mobilier, avaient été vendus par autorité de justice. Les amants étaient partis ; elle se retrouvait pauvre et dégradée.

Comment sortirait-elle d'aiïaire?...

Pas un instant, elle n'éprouva de repentir et n'eut la pensée d'un retour au bien. Belle encore, elle songea à ses charmes. Viendrait l'heure où elle en tirerait encore avantageusement profit.

En attendant, elle accepterait qui s'uiïrirail à elle. Miette s'enfonça plus avant dans la fange.

En 1830, un portefaix, débarqueurde navire, devint amoureux d'elle.

Pour divers motifs, nous tairons le nom de cet homme qui la tira momentanément de l'abjection dans laquelle elle vivait.

Veuf depuis quelques années, il la prit avec lui, devint le père adoptif de son enfant cl finit par l'épouser.

Miette était bien revenue sur les scrupules qui l'avaient empêchée de devenir la femme légiiime de Pierre. Il est permis cependant de croire qu'elle fut au moins en apparence fidèle à son mari.

Celui-ci était brutal et jaloux. 11 la frappait souvent et l'eût tuée au moindre soupçon.

Miette le craignait. Elle était souple et docile devant lui. La force l'elTrayait et, lorsqu'il mourut, elle le regretta presque.

Ce fut alors que Miette songea, pour vivre, à se faire sage-femme. Elle y réussit en usant d'un subterfuge afin de cacher la condamnation qui l'avait frappée.

Clémentine, âgée de dix-huit ans, entra comme ouvrière à la manufacture des tabacs. Elle devint une de ces belles cigareuses provençales qu'un proverbe maltraite fort, mais qui ont un port de reine, des yeux d'une langueur irrésistible et des chevelures splendides.

LA BKLLK MlKÏTi: HHli

La cigareiisc — on ne dit pas ù Marveillc la cigariêre — a le vorbe haut, la langue verte, miis son type rappelle la l'émis grecque.

Clémentine tenait cependant, au physique, plus de son père que de sa mère. Au moral, elle avait avec cetlc dernière divers points de ressemblance.

Les mômes mauvais pencha nts se ivlrouvaient en l'une et en l'autre. Nous devons néanmoins dire, et plusieurs personnes qui ont connu les héroïnes de ce drame nous l'ont confirmé, que Clémentine valait mieiixqnc la veuve du portefaix.

Elle avait parfois de bons mouvements.

Si elle eût été élevée par d'honnêtes gens, elle eût peut-être été honnête. Le mauvais exemple l'entraîna dans une voie où probablement elle nese serait pas engagée.

Il y avait deux ou trois ans que Clémentine était à la manufacture des tabacs lorsque la mère et la fille allèrent habiter le chemin de Saint-Pierre,

LE BONHOMMK PARIiE

La manufacture des tabacs était alors située à la rue Sainte, près de l'ancienne abbaye de Saint- Victor. Elle occupait comme aujourd'hii, du reste, an grand nombre de femmes.

La beauté de Clémentine ne tarda pas à lui attirer des amoureux de toute sorte. Les amoureux ne sont pas plus rares à Marseille que les jolies filles.

Chose singulière, la Miette veilla tout d'abord sur elle avec un soin jaloux. Elle l'accompagnait le matin, et il était rare que la sage-femme ne se trouvât pas à la sortie, le soir.

A quoi attribuer ce zèle maternel?...

La Miette affectait une pruderie qui cachait peut-être un mystérieux dessein. Elle n'avait pas le droit d'être inutilement bégueule.

Clémentine, quoi qu'il en fût, se plaignait vivement de la surveillance dont elle était l'objet et dont ses compagnes ne laissaient pas que de se moquer.

Ce fut cause qu'elle accueillit souvent très mal sa mère. Elle eut avec ellt\ sur la porte de la manufacture, plusieurs scènes fort vives dans lesquelles elle ne se gêna pas pour lui reprocher son pas^é déshonorant et sa situation pré- M'tite suspecte.

Les deux femmes en vinrent môme aux plus basses injures. Miette soufllela a lille et on fut obligé de pr.'server contre celle-ci cette mère peu rospei-table.

Les querelles s'apaisèrent tout à coup. Pour quel motif Miette rcnonça-t-el.'e .1 sa surveillance trop active et ne parut plu^ que très rarement dans la rue Sainte?

1 \ lil I 1 I \I II I IK

Ck''mcnline H\\l (li^sormais lilne ei loiil le mon le dis lil qu'elle lirait de sa liberU"-. Cela dura (|nel»iiie lemps ainsi. Sur ces enlivTailtîs, la (ille de la sage-fenune lil une eomiuèle d(«iil elle ne s'onorgueillil. pa^ linil d'aliord ; cepiMidint. quand elle en parla, en raillant, à Miellé, eelle-ci resla sérieuse.

L ht.nuue, qui semltlait ('onsid«''rer Cléiucnlinc avec iino allenlioii parliculière, nelail déjà plus jiMine. 11 avait nirine tlrji i^sé la cin([ua:il line. Sa pi(»les,sion était des pi is humides.

On l'appelail liarbc, ou plulol Uailu' le balayeur car il rt lil lialayi-ur de rues, escouùi'('\ comme on dit en palois provençal. Lcscoubc, c'est le balai.

Darbe était très connu. \Maiseille, onnebalaii' pas beaucoup aujouid'luii. on balayait encore moins autrefois. Cela eûl pu, à la rigueur, expliquer la iiutiriélé de l^irbc. si on n'avait pas raconté des anecdotes sur son compte.

In jour il avait trouvé un portefeuille renfermant une forte somme. Ce portefeaille appartenait à M. Matignon, un banjuier d'Aix qui eût été ruiné du coup sans la probité de Barbe, lequel rendit le portefeuille sans vouloir accejjler 1,1 moindre récompense.

Les commères du quartier de la Miette prétendaient que, en cette occasion, Barbe a ail dédaigné la fortune parce qu'il était riche déjà et qu'il avait trouvé un trésor d iiis les égouts de Marseille... C'était un bruit bizarre, ainsi que l'avait dit M. Matignon à Barbe le jour de sa noce, mais beaucoup de gens lui prêtaient une certaine créance.

Les commères avaient interrogé plusieurs fois le balayeur à ce sujet et il s'était défendu en vain.

— Pourquoi donc, lui demandaient-elles, continuez-vous à travailler ?...

— Parce qae cela m'ennuierait de ne rien faire.

— Vou-: avouez donc que, si vous le vouliez, vous pourriez vivre de vos rentes?

— Parbleu!... Elles ne sont pas cependant bien fortes!... Mais que fautil à un pauvre diable comme moi?... Une chambre où le vent ne pénètre pas trop, une croûte de pain chaque jour et quelques oignons...

On s'obstinait, malgré ses réponses, à croire Barbe millionnaire.

— Nous savons, disait-on, pourquoi il nie posséder tant de richesses. Il a peur que la justice ne lui fasse rendre gorge !...

Barbe, grand et encore assez robuste, avait le dos voûté. Il marchait presque toujours la tête penchée et son ensemble devait paraître très peu séduisant à une jeune liile.

Son visige bruni et ridj avait cependant une expression bienveillante. L'œil était très doux malgré d'épais sourcils restés noirs, tandis que la barbe était déjà grise.

Il faisait à sa manière Ja cour à Cb-mi^nlin'^

i.A i;i:i.i.i; mii. i i h 237

Le inatiii, quaiid elle eulrait ;i la inaiiufaclure ou le soir quand elle en sortait, il et lil toujours dans la r.ie Sainle, appuyo sur son balai, la suivant du regard avec une sorte d'avidité. Lorsqu'elle avait disparu dans la cour de l'élablissemcnl au milieu du Ilot de ses compagnes ou qu'elle s était éloignée, n ntr.int au chemin de Saint-Pierre, il poussait de gros soupirs.

Bien que Barbe n'eût jamais essayé de parler à Clémentine, on ne tarda pas à s'apercevoir de ce qui se passait chez lui et à savoir qui était l'objet de son attention.

On le p'aisanta et il n'eut pas la force de se défendre.

D'autre part, les amies de Clémentine raillèrent celLû-ci.

— Tu as là un bel amoureux, lui disaient-elles quand elle passait près de Barbe.

La fdle de la Miette, contrariée, ne répondait pas.

Le groupe s'éloignait en faisant entendre de grands éclats de rire. 1

Gomme nous l'avons dit, la Miette, seule, ne riait pas de cette belle passion née dans la rue Sainte.

Un jour même elle àilh Clémentine :

— Si tu m'écoutais, tu prendrais ce brave homme pour mari...

— Y pens:?s-tu?... Tu te moques encore plus de moi que les autres!

— Qu'y aurait-il d'étonnant à ce que tu devinsses la femme de Barbe.

— Il est vieux et moi je suis jeune.

— Il n'a que trente ans de plus que toi !

— Trente ans!... rien que ça?... »

— Mon Dieu! entre un homme et une femme, la disproportion n'est pas si grande !

— Ce n'est pas mon avis...

— Tu as tort!

— Enfin, dans tous les cas, je trouve la proposition bizarre... Je n'accepterai jamais cet individu...

Le refus était net, calégori ]ue. Au lieu de décourager Miette, il l'irrita. Kllc redressa la tête.

— Eh bien, je le dis, moi, que tu épouseras Barbe !

— Jamais!...

— Clémentine !...

— S'il le plaîi tant, garde-le pour toi... Tu es veuve!...'

— .\h! si c'était moi qu'il aimât, je ne serais pas assez sotte pour le laisser échapper!..

— Je manque d'intelligence, c'est entendu, mais j'en ai assez pour ne pas suivre tes conseils quand tu m'en donnes... J'ai pris pour lèglc de f.iire toujours le contraire de ce que lu m'indiques...

288 i.A m.i.Li; MIKlTt:

Mietlo, furieuse, sïMaura sur Gléniciiliiie pour la frappor. Celle-ci, qui se rappelait le dernier soufllet qu'elle avait reni, se tenait sur ses gardes. Elle repoussa sa mère, qui revint à la cliar,i,'e.

Une lutte s'engagea entre les deux fetnuies et Muiic icnassa sa lill»;.

Cette dernière parvint cependant ;i se relever. Elle m' lit (pi'iin bond, s'etnpara d'une hachette et en inenara celle qui lui avait donné le jour.

Miet e fut épouvantée.

— Créature ingrate, dénaturée!

Clémentine resta la hachette levée

— Tu sais manHtn, pas de grands mots!... Je ne suis plus une enfant pour que lu me halles quand je refuse de faire tes volontés. Si tu l'approches de moi, je te fends la léte. Ainsi, prends garde !,..

Inutile de dire que ce jour-là Miette renonça à tenter de forcer les inclinalions de safdle. Cependant elle revint à la charge une autre fois.

— Avec tes goûts, dit-elle à Clémentine, un homme de cinquante ans vaudrait mieux qu'un jeune. Barhe ne saurait être ni jaloux, ni gônanl. lia si bon caraclère, il est si doux, que tu en ferais tout ce q*ie lu voudrais, enlends-lu?

Clémentine, mieux disposée, se mit à rire.

Miellé continua :

— Je suis sûre que ce qu'on dit de lui est vrai. Il est riche, forl riche, millionnaire peut-être. La chose parait singulière, elle ne l'est pas autant qu'on le croit. Trouver un trésor dans un égout, cela s'est vu et cela peut se voir encore. Pendant la Révolution, les nobles cachaient leur fortune où ils pouvaient. Beaucoup d'entre eux sont morts sur l'échafaud. D'autres, qui ont quitté la France, n'y sont plus revenus... Tu sais bien, M. l'imin, dont j'ai soigné la fille à soi» dernier accouchement, il était intendant de M. d'Entresseil. C'est, assure-t-on, parce qu'il a découvert où son maître avait caché des sommes considérables qu'il est aujourd'hui si riche...

— N'est-ce pas plutôt parce qu'il a acheté des biens nationaux avec quelques poignées d'assignats?...

— Enfin, crois-moi, ton mariage avec Barbe serait une fructueuse affaire que je serais désolée de te voir laisser échapper... Mais tu ne feras pas cela, lu es trop intelligente !... Tu seras la digne fille de la mère !...

— Est-ce bien un compliment que lu m'adresses?... Miellé regarda Clémentine de travers.

— J'en suis sûre...

— Et moi j'en doute!...

La sage-femme ne répliqua pas et quitta sa fille brusquement. Avait-elle été blessée par cette réponse? Il est permis d'en douter, car elle n'était susceptible que lorsqu'elle le jugeait utile

Le boiiliomine vida la Ijourse sur lu table. J'. -'J3J

Miette était opiniâtre. Toutefois, elle résolut de savoir si les bruits qui couraient sur Barbe étaient fondés, si elle ne les avait pas acceptés trop légèrement.

Elle se présenta au domicile du balayeur. Il n'y avait qu'une vieille femme cousine du bonliomme, et qui était en train de préparer son repas.

La vieille entre-bùilla la porte pour répondre.

UV. 37. — TBÉOUOIIU HE.NBY. — L\ UI.LLE MiKTrB. —ÉD. J. KOLTK ET C*. LIY. 37

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