‹ La belle MietteChapitre 34 sur 200 · i.A I!! i.i.i: Mii;i n · texte numérisé non relu

i.A I!! i.i.i: Mii;i n

— 11 n'y a personne.

— El vous?.., Qu'esl-oc (lue vous Oies?. . - Bvirbe n'y est pa>...

— Ne puis-je l'altoiulre?

— Jonc sais à (]iielle houri) il rciilriMa. .. • — Peu importt^ !... Laissez-moi entrer. ..

— C'est qu'il m'a donné l'ordre de ne laisser jamais entrer quelqu'un chez lui (juand il est absent...

- En vérité 1...

Donc relirez-vous!...

— Il est clair, se dit Miette en descendant l'es^-alier, que Barbe est méfiant... pliK méfiant qu'il ne faut!... Un homme qui ne posséderait rien aurailil tant de précautions?... Darbe agit ain.-i parce qu'il a peur qu'on ne le dépouille!...

La sage-femme ne se tint pas pour battue. Elle se présenta de nouveau chez le bonhomme, mais elle choisit, cette fois, l'heure où il prenait son repas. Elle le guetta, du reste, dans la rue pour être certaine qu'il était renlré chez lui.

Ce fut encore la vieille qui vient lui ouvrir.

Décidément la Miette ne lui avait pas plu, car elle fronça encore les sourcils . en l'apercevant.

— Ah! c'est vous... toujours! dit-elle.

— Ce n'est que la seconde fois... Et puis, qu'est-ce cela vous fait ?... Ce n'est pas vous que je riens voir... C'est M. Barbe... Y est-il ?...

— Ça dépend... Que lui voulez-vous?...

— Ça ne vous reL,'arde pas...

— Il est inutile de le déranger quand il dîne.

— Avertissez-le... Vous êtes sa domestique...

— Sa domestique, moi?... Insolente!...

Le bruit desvoi.x qui allait s'élcvanL lit accourir Barbe. Il écarta sa cousine, qui avait le teint animé par la colère.

— Que se passe-l-il?...

Il salua pohment à la vue de la mère de Clémentine...

— Tiens, misé Miette. Donnez-vous donc la peine d'entrer... Marianne, restez tranquille... ou plutôt, retirez- vous!

La vieille femme, comme si elle était un peu dure d'oreille, fit semblant de ne pas avoir entendu. Elle prit une chaise, s'assit et se mit à tricoter. Mais Barbe, celte fois, voulait être obéi.

— Allons, Marianne, sortez! fit-il sévèrement.

La vieille ne pouvait plu? résister. Elle s'en alla en grommelant des injures

ruiitre la visiteuse, mais, une fois s\ir le palier, elle colla son oreille contre la serrure.

Malheureusement, à son grand désespoir, elle ne comprit que fort peu de t'iiose à ce (juc disait Miellé.

Une fois seule avec Barbe, celle-ci avait examiné curieusement l'appartement dans lequel elle se trouvait et qui était de fort pauvre apparence.

C'était une simple chambre à coucher avec un fourneau sur lequel on faisait la cuisine.

Les meubles étaient vieux. Une commode, une grande armoire, des chaises boiteuses, une table vermoulue, un lit qui ne devait avoir qu'un matelas peu épais; c'était tout.

Le bonhomme Barbe avait des idées religieuses. Près du lit se trouvait une mauvaise estampe représentant le véritable portrait de la Vierge peint par saint Luc. Dans un bénitier trempait un rameau d'olivier bénit.

L'armoire intéressa particulièrement Miette. Elle admira sa belle serrure

— Voilà un meuble, se dit-elle, qui tient peut-être un million en sûreté. Un million! Elle eut comme un éblouissement. II lui sembla voir des louis

d'or, des billets de banque, des piles innombrables d'écus.

Les billets de banque n'ont qu'un bruissement soyeux, mais la musique de l'or et de l'argent charme les oreilles. Leur voix mystérieuse parle au cœur.

Miette, fascinée, n'entendit pas d'abord Barbe.

— Vous êtes bien aimable, misé, d'être venue me voir. Donnez-vous la peine de vous asseoir.

Barbe s'efîorçait de séduire par son amabilité la mère de la créature qu'il adorait sans espoir, le pauvre homme, et devant qui il se fût agenouillé aussi volontiers que devant la bonne Mère.

Pour les Provençaux, la sainte Vierge est la bonne Mère. Etant la mère du Christ, elle est la mère de tous.

Oubliant déjà qu'il avait renvoyé Marianne, Barbe cria :

— Marianne! Maiianncl

La cousine, qui n'était pas loin, comme on sait, ne se fit pas longtemps altiMidre.

— Que voulez-vous?...

— Un chaulTe-pieds pour misé Miette !... Elle ne doit pas avoir chaud... Dépêchez-vous !

Miette s'arracha à sa contemplation. t

— Ne vous dérangez pas, je vous en prie.

— • Pourquoi?... Ma cousine peut bien vous donner un chauiïe-pieds.

— Je n'ai pas froid...

— C'est dilTérent... Comment va M'" Clémentine?...

Î92 i..\ iJi;i i.i; MiK ni-:

Miellé roj^ardail Burlie «mi soiiriaiil.

— Je suppose que vous «icNcz le savoir... Harlie rougit légèreineiu...

— Je ne lui ai pas domuiuii'...

— Ne l'avcz-vous pas vue ce inaliii au iiionuMil où elle culiail à la miuufaotnre des lahacs?...

— Knelïel...

— ■ Kl toul à riieui.' nV'lii:z-vous pas à la sortie.'...

— C'est vrai... qui vous a dit?... Mais ne croyez pas... Je ne me suis pas permis... Non, je ne me suis pas pernii<...

Barbe était très embarrassé.

Miellé sourit avec indulgence.

— Je ne vous fais pas de reproclies.

Il saisit la main de la sa.'e-feuune el la pressa avec une telle force qu'elle fut sur le point d'éloulTer un cri.

— Ah! qu'est-ce que j'enleiids?

— Si je vous disais que voire ailiniralion pour ma fille me déplait, je vous mentirais...

— Et elle?...

— Elle! je n'ai pu encore savoir... Mais peut-être bientôt. . Pour le moment, si vous voulez, nous parlerons d'autre ctiose... Je viens vous prier do me rendre un grand service...

— Si c'est en mou pouvoir...

Miette dit d'un ton singulier :

— Je le crois.

— Tant mieux !...

— Monsieur Barbe, je suis dans un cruel embarras... Je n ai pas payé mon loyer à Saint-Micbel... Le propriétaire menace de nous chasser... Les affaires ne vont pas... Les rentrées s'effectuent difficilement... J'ai des délies criardes dans mon quartier et cela fait mon désespoir... Clémentine surtout souffre de cet état de choses auquel elle n'est pas habituée... N'avez-vous pas vu ce matin que ses yeu\ étaient rouges?... Elle a pleuré presque toute cette nuit...

— Elle a pleuré !..

— J'avais bien du mal à la consoler, car j'étais aussi désolée qu'elle... On nous insulte, on nous menace...

— On vous menace I... Combien vous faudrait-il pour sortir de celle situation? demanda Barbe avec empressement

— Mille francs !

Barbe se leva sans mot dire.

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