I--lli' continua
■ Si vous saviez co (|tie c'est qui' notre cxisteiioe à nous, lillcs de joit;! l ni' lièvre qui ne cesse jamais, une agitation qui dure sans cesse! I*as un momeiil do Iranquillilé, pas un uionicnl do calme et de bonheur! Ne vous y Ironipo/. [)as. I.e plus souvent, celles do nous qui paiaissciU les plus folles, celles do nous t|iii S'-mblent aimer avoe le |)lus irimpéluosité le plaisir, sont celles <jiii soiilTre;ii le plus.
— Il est laiile de se convenir...
— Vous croyez? Le vice est un lilel aux. mailles de for. Son réseau vous enlace et ne vous permet plus de recouvrer la liberté. C'est en vain que vous criez: GiAce! Et pendant ce temps-là le torrent impétueux do la vie voii< emporte malgré vous et ne vous laisse que flétrie, usée, quand la vieillesse e4 là avec son sourire hideux, quand le spectre glacé de la mort va vous élrcindre dans ses bras ! Il y a cependant huit mois, une voix salutaire me dit : Conveitis-toi, Paula, deviens une honnête femme, abandonne l'existence effrénée que tu mènes depuis longtemps! J'étais mère d'un petit être que Dieu semblait m'avoir envoyé comme un avis, comme un conseil de me repentir... Je résolus d'écouler cette voix, je résolus d'écouler ce conseil, et je dis momcutanémonl adieu à mon existence dissolue. Mais il fallait vivre pour mon enfant, et pour moi : je cherchai de tout côté du travail et je n'en trouvai pas ou plutôt on ne voulut pas m'en donner. A ce moment surtout, je vis le (ilet monstrueux doiit je vous ai parlé. Je me serais tuée sans mon Armand, le fruit de mes entraille-;, la mignonne créature que je ne puis seulement embrasser aujourd'hui.
— Je vous rendrai votre (ils, Paula!
— J'ai un autre chagrin, monsieur Félix. Lorsque cet enfant sera devenu grand, que pensera-t-il de sa mère?
— Il vous respectera CK vous aimera.
— Il me maudira, peut-être, car je ne pourrai lui dire le nom de sou père !
— Vous avez été victime...
— 11 saura que j'ai été une de ces infortunées ([ui vivent dans l'incoiiduiie, et il rougira.
— Ne parlez pas ainsi !
— Mes paroles ne sont-elles pas vraies ?
— Ne perdez pas l'espoir!
Paula voulut répondre, mais sa voix s'arrêta dans sa gorge. Elle éclata en sanglots.
— Du calme, je vous en supplie, c'est le seul moyen de vous rétablir entièrement.
LA l{i:i.l.i: MIKITK 387
— Ces pensées me lorturent.
— Ce n'est pas une raison pour ne pas les chasser loin de vous!
— J'essaye en vain.
— Allons, faites de nouveaux olTorls pour votre enfant, pour vous, pour vos amis.
— Mes amis?
— N'en avez-vous pas ?
— M™" Marguerite et vous avez été bons pour moi, quoique vous ne me connussiez pas. Votre dévouement a été d'autant plus beau que je n'en étais pas digne.
— Ne dites pas cela. La preuve que vous êtes digne de notre intérêt, c'est que nous avons été touchés tous les deux à la fois. La voisine a pour vous une affection de mère; moi, aussi, je vous aime beaucoup.
— Ah!
— Il me semble que vous êtes ma sœur !
Le visage de Paula eut une expression singulière. Ses regards se fixèrent sur le jeune homme.
Celui-ci tressaillit.
— \t>as êtes boni dit la courtisane.
Elle sortit du lit sa main un peu amaigrie et la tendit à Félix.
— C'est la première fois qu'un homme me parle ainsi. Répétcz-moi, répétez-moi vos paroles.
Le contremaître prit la main de la jeune fille et se mit à la baiser sans répondre.
Celle-ci pâlit. Ses forces l'abandonnaient, elle se sentait défaillir.
— Paula! dit tout à coup le jeune homme avec exaltation. Il s'aperçut de l'air souffrant de l'infortunée et il se ironbla.
— P»eviens à toi, mon amie, reviens à toi. Il semblait égaré.
— Mon Dieu, mon Dieu! Elle se meurt, elle se meurt!
Il essaya de relever la tête livide qui s'inclinait sur le coussin, il essaya de ranimer Paula qui avait perdu connaissance.
Il la prit dans ses bras, il la pressa contre son cœur.
Un soupir ne tarda pas à annoncer le retour de la jeune femme à la vie
— Je t'aime! dit Félix avec passion, je t'aime!
Elle ne répondit pas, mais ses larmes recommencèrent à ciuler. Paula était plus belle que jamais. Le contremaître couvrait de baisi'rs sa chevelure blonde.
Soudain leurs lèvres se rencontrèrent.
— Aie piiié de moi, grâce! fit la pauvre lille.
3«.s LA iu:i,i.i; MiKiri:
— Jo t'ainu"! it^prta l'atnoiiriMix, dis-nioi iiiit^ tu (larla^os mou amoiii', dis-Io-inoi.
— Nt' l'as-tii pas diMiiit'?
— O honlipur!
(lomint* Pauhi venait de faire son aveu, ou irappa à la porte. C'tttail M'" Mai^iioiile.