‹ La belle MietteChapitre 56 sur 200 · I. A iiKi.i.i; MiiM ri: 4i · texte numérisé non relu

I. A iiKi.i.i; MiiM ri: 4i

— Mon bien-aimé 1

— Mourir avec toi, ce ne serait pas mourir.

— Cher ami, il vaut mieux vivre comme nous vivons. Klle ouvrit les ycu\ et vil qu'elle n'avait que rêvi^.

Désappointée, elle tenta de retrouver sa vision, mais il était grand jour. T.i voi\ de sa mère se fit entendre.

— Heureusement que Ion mari est parti, lui dit-elle, car il pourrait être iIou\ en l'entendant murmurer un nom qui ne ressemble pas du tout au sien.

— Quel est donc ce Féli\. que lu appelais?

— Tu es trop curieuse.

— • Est-ce le jeune homme qui est encore venu hier ou est-ce un autre ■lénom de M. Jean?

— Ne me parle pas du teinturier.

— Parlons-en, au contraire, c'est un garçon charmant, et qui a toute mon ■-^limo. Il a fait monter, il y a '.me heure, un superbe chapon.

— Je ne veux pas l'accepter.

— Quel scrupule as-tu?

— Va le lui rendre.

- Pour cela, non, je préférerais le garder pour moi toute seule. I.a fille de la sage-femme haussa les épaules et commença à s'habiller.

— Tu sors?

— Oui.

— Où vas-tu?

— Qu'est-ce que cela le fait?

— Je parie que tu le rends à quelque rendez-vous?

— Ma mère, lu commences à me fatiguer.

— C'est bon! c'est bon!

Clémentine allait à la rue Caisseric. Elle voulait savoir exactement quelles claienl les relations de FélÏK et de Paula-, involontniremenl elle avait des menâmes à la bouche.

— Malheur à Pau!a si ce que je crains est vrai !

Félix était à son atelier quand Clémentine se présenta chez la convales- '•'•nle dont l'état n'avait cessé de s'améliorer et qui, ce jour-là, s'était lovée pour la première fois.

La pauvre mère avail l'air intéressant.

L'éclat un peu fébrile de son regard, la pâleur de ses traits, élaicnl luin de nuire à sa beauté.

Clémenliiie scntil le démon delà jalousie lui mordre le cœur, car Paula avait

LA I! 1:1.1.1. .MIIMIK

l'air à colle hoiire d'iiiio ffiiimo ainu'i'. C'osl une chose (jne les autres feuimo^ ilcvincul.

Félix, on olVol, avail ilil à sa maîtresse (iii"il l'ailorait cl .elle-ci avait fail provision île Itonlieur 11011 r loule la journi'e.

lai voyaiil onlicr Cléinenline, elle cnil i|ue la lille de la Mii'tle lui apportail une lietireuse muivelle lelativenienl à son enl'anl, et elle s'enipiessa de lui leiidre 1.1 main.

Lile fui cependanl frappée de l'an- froid de Céiiientine (jui ne répondit pas à celte av;ini'e.

— Qu'as-lu? diinind i l'aula.

— Hien.

— Viendrais-tu uw dire une mauvaise chose?

— Non.

— Mon petit Armand serait-il malade?

— Je le répète que je n'ai rien à l'apprendre de fâcheu.x.

— Tu me le jures?

— Ce serment est inutile, je l'assure que...

— C'est que. V(»is-tii, j'aime bien mon enfant, et je me sens toute liv;rnblante à l'idée que... un malheur...

— Tu es folle.

— Peut-être... Mais à quoi dois-je le plaisir de le voir?

— Je savais que tu étais malade et j'ai eu l'idée de le rendre visite. Estce que cela le fait de la peine?

— Ta présence ne peul que m'ètre ac^réahle.

— Merci... 11 est venu plusieurs fois à la maison un monsieui-.

— Je le sais.

— Par un ha<aM singulier, il n'a jamais rencontré ma mère et c'est à moi qu"il a dit...

— Tu lui as promis de faire touUon possible pour que je puisse embrasser mon petit.

— Il est vrai...

— Eh bien?

— Ma mère est impitoyable.

— Mon Dieul

— Si je savais où l'enfant est en nourrice, mais je l'ignore...

— Dois-je alors renoncer à tout espoir?

— Je ne dis pas... surtout si ton envoyé vient souvent ... Je lui renouvellerai ma promesse...

Clémentine avail pris un air dégagé qui frappa Paubi.

— En vérité I

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— Il est bien aimable, ce jeune bomme!

— Tu trouves?

— Il me plait beaucoup.

Paula avait pâli, Clémentine continua :

— Et, entre nous, je crois que je ne lui déplais pas.

— Que dis-tu là?

— La vérité! Tu sais que je n'ai pas Tbibitude de mentir.

— Tu te fais peut-être illusion, dit Paula, qui sentait son cœur se serrer. Clémentine avait l'air railleur.

— Allons donc, ma chère, je ne suis pas naïve et je comprends bien quand un homme me fait la courl

La pauvre Paula mit la main sur son cœur.

Elle ne pouvait croire qu'elle eût une rivale et que celte livale fût Clémentine.

Celle-ci éprouvait une rage froide. Elle souriait cependant, miis il y avait une expression presque sauvage de haine et de colère dans son sourire.

Elle retourna le poignard dans la plaie.

— Je sais que M. Félix n'est qu'un ami pour toi. Il me Ta dit.

— Vraiment...

— Il a eu pitié de tes souffrances, de ta position; il est venu à ton secours, il l'a fait la charité.

— La chaiité I

— C'est lui qui parle I

— Est-ce que je rêve? murmurait Paula.

— A ta place, j'essaierais de lui faire donner les trois cents francs dont tu as besoin. Je crois qu'il pourrait...

Paula releva la tête.

— Pour qui me prends-tu?

— Ne fais point la bégueule. Nous savons bien ce que tu vaux, ma mère et moi, et comment tu agis avec les hommes. Je ne te blâme pas puisque c'est ton métier... Seulement je te défends une chose...

— Tu me défends?...

— Oui, je ne veux pas que tu gardes trop longtemps celui-là!

— Clémentine 1

— Paula!

La fille de la Miette saisit sa rivale par le bras.

— Je vais être franche avec toi... A quoi bon garderie masque?... Du reste tu n'ignores pas que je suis au-dessus des préjugés La vue de ce garçon m'a... Comment dirai-je?... éblouie...

— Et ton mari?...

4II-. I A iir.i.i.i MU in;

(Ml! il m\'>l l'orl iiuIiHVmimiI...

niioi! tu lo IrotnpiM-ais?...

Allons tloiic! ("i" lie ^-crail pis hi pi-einicre fois... l'ailla rec'arda A\i'<- n-i' <n:iv (Ihoiroiir Ck^mcntiiic (pii riait avec alTci-lalioii.

La maitrc<-(' de I"o!i\ o>>.iya de fcMi-uiivc:- iiii jhmi de calinc, du moins eu apparoiico.

— Javoiio. dil-olli\ (jiii^ je ne le croyais pas si facile...

J»^ voudrais ly voir avec riionime que j'ai... Ou csl verluousc quand on a un uiaii qui vous plaît.". . Mais, hélas! lorsque c'est le contraire. . Esl-cc que

mes conlidonces ne sont pis di^ ton iroùt ? Il le faudra ropiMidant li'<

entendre

— Parce que j'aime à prévenir les gens... Félix me convient... VA c'est pour cela que je te demande de ne pas le garder. . .

Paula fit un nouvel elTorl sur elle-même.

— - Es-tu réellement si porsiadée, Clémenline, qu'il est amoureux de toi ?

— - J'en suis sûre...

— Et si tu te trompais?...

— 11 m'a fait des aveux...

Paula ne put réprimer un cri.

Clémentine secoua Paula.

— Ah çà, est-ce que tu l'aimi'rais réellement?... Est-ce que ce serait possible!

La colère empourpra un instant le visage de Paula.

— C'est possible et celaeît... Mais cane vous regarde pas... Avcz-vous des droits sur lui?...

— En avez-vûus, vous?

— C'est mon amant !

Paula était menaçante à son tour.

— Il sera le mien, dit Clémentine.

— Non, car je serai plus forte que vous. 11 n'ira plus vous v..ir. La femme Barbe eut un ricanement.

— Et l'enfant?

Paula devint livide.

• — Malheureuse! je n'y songeais pas.

— Je te jure que tu ne le verras plus, si...

— Oh! ne dis pas cela! Ne dis pas cela!

— Ah! tu ne me menaces plus, maintenant. Choisis entre ton enfant et ton amant.

Paula

tonriba à genoux.

Grâce !

Jamaib I

Aie pilié de moi I

Aurais-lu compassion

de moi,

loi?

Certes, oui...

Alors renonce au contremaître

UV.

o3, — TUBOIjOIE BEMIT. —

MIBni. —

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