‹ La belle MietteChapitre 59 sur 200 · I. \ lui I I Mil r ri · texte numérisé non relu

I. \ lui I I Mil r ri

r.ii iMcn :

EU' a (lis|i;ini cl iidus iu' savons uncorf...

— Paiiîa (ii>|>anu'... J-- ne comprends \r,\^... Kllc ne peul t'ire l<tin... l'.il'- va sa is doute reulrei...

— Die I vous cnleniK' I

— J« venais savoir si elle allai! niieu\.

— Vous éles bonne ! . . .

Q 'e>l-ce qui eùl pu lui doiinrr lidcc de s'enfuir? En elTi^i... Je ne erois pas que ce soit V(donlaiienieiil...

— - Si Paula était partie ain>i, sans un luotil" irravi-, après toul le bien qii(^ V. Il-; lui ae/Jail. ce serait plus q le de rinui-atiludr^. ...

— - E.lc, ingrate I

Je sais bien q Telle a déjà fait cela jadis. . Coniuieul?...

-- Mais ce n'('s( pas un niùlil' pour qu'elle le fasse une seconde fois...

— AI

— C'est une liisloire a<sez cnrieusi'. .

— Vous diies?

— El'e avait pour amant un étranger, un Russe ; elle tomba malade. Celui-ci la soigna avec dévouement. Quand elle fut à peu près rétablie, elle partit en emportant les bijoux da Russe.

— Que me raconlez-vous là?

— Ma mère coimait mie ix que moi tous les détails de celti^ aventure... Si vous le vouez, elle vous confirmera...

— C'est iimtile...

— Paida d'ailleurs s'est vantée plusieurs fois de celte mauvaise action.

— Elle se serait donc aussi jouée de moi?

— Ma foi !

— Ce serait infâme 1

— Que voulez-vous attendre d'une femme comme elle?

— Il m^ semble que je rêve !

— Je puis me tromper...

M"^" Marguerite n'était pas moins indiirnée que Félix.

— Ce sei-ait bien mal. dit-elle.

Clémenti.e avait de la peine à cacher la joie que lui causait l'effet produit par ses calomnies.

Elle continua cependant à piendre part, en apparence, au chagrin que Félix éprouvait.

— Cnn<olez-voiisI

— Je tâcherai.

LA BLLLC MIETTE

— Oubliez cctle créature...

— Sa perfidie restera élernellemcnt ^ravre dans ma mémoin''.

— Elle est cause que nous avons lait connais^anco...

— Oh! déjà... je savais...

— - Que voulez-vous dire?

-- Uien.

— Ayez un peu pour moi de lalToction que vous aviez pour elle.

— Je vous aime comme une sœur.

Clémentine eut un air singoJier.

— Vnc sœuri

Elle regarda autour d'elle.

M"" Marguerite s'était un peu éloignée.

— Comment l'aimiez-vous, elle?

— Comme une amante.

Clémentine prit la main du jeune homme.

— Eh liien! dit-elle avec un trouble qui la rendit charmante, ainiez-moi ainsi!

RAllBi; MALADE

Baibe nalla pas à son travail le lendemain du jour de la fuite de Paula. Pour la première fois de sa vie, peut-être, il se se:itait réellement malade. Sur les conseils de sa femme et de la Miette, il resta couché.

— Le bonhomme est sérieusement atteint, dit la .'^age-femmc à sa lill<\

— - Tant pis pour lui.

— Tu veux, dire tant mieux pour tuil Ahl s'il mourait, tu auiais une fameuse chance,

— Je serais débarrassée de ce boulet que tu as attaché à mon existence.

— Toujours les mêmes reproches !

C'est ma'gré moi.

— Changeons de conversation. Pourquoi es-tu rentrée si tard hi.'r <«\v'? Cela te regarde- t-il?

— Mais...

— Nous nous étions dit que jamais nou-; ne nous adresserions de ;m '-lion.

- Il est vrai.

— (>ependant tu as eu raison de me [tarler de mon relard. Cela me rappelle que j'ai une demande à l'ailre><nr.

428 LA lŒLLi: MIKTIE

-- Liqurllo?

— 11 e>t nrccssaiit'. <miIc:uIs-Iii? il c>l iiidi-pcii^aliK' ([ui' lu rendes son enfant à Pau la.

— Pour cela, jamais !

— Je le veux.

— - As-tu le (Ir.iit de oumniander?

— - Ce droit, je I»* prends aujourd'liui. Je me suis engagik\..

— Avec ton nouvel amant ?

— Que l'importe! 11 me faut l-- prlit...

— Impossible I

La lille de la sage-femme avait les (lenl> serrées.

— Non. ce n'est pas impossible, puisque jo te dis que c"e>l de toute nécessité.

— N'aie pas l'air de me menacer ainsi !

— Dis-moi où est le môme. Dépêche-loi ! La Miette se mit à rire aux éclats :

— Dieu me pardonne, je crois qu'elle se met en colère I Clémentine parut un instant interdite.

Elle reprit :

— Je parle sérieusement, voilà tout !

— Ne t'ai-je pas expliqué ma situation?...

— Piocure-toi un autre enfant I • — Comme tu y vas 1

— Donne-moi l'adresse de la nourrice.

— Je m'en garderai bien.

— Je me charge de tout arranger...

— Laisse-moi donc tranquille!

— Maman, rappelle-toi ce que je te dis. Ce que tu me refuses, je l'obtiendrai malgré toi.

La sage-femme n'écoulait plus. Elle était sortie de l'appartement. Clémentine s'assit.

— Quelle ragftl fit-elle avec colère, ne pouvoir la contraindre... Elle rédéchit un instant.

— Paula va me faire parvenir son adresse, et, si je ne lui envoie pas son enfant, elle ira retrouver son amant.

La femme Barbe se leva et fit le tour de l'appartement avec agitation :

— Ohl je saurai bicnrempêciierî J'irai à son nouveau domicile. Le regard de la fille de la Miette eut un éclair sinistre.

— Je ne veux pas... ohl non, je ne veux pas qu'elle revoie Félix... Et... Devrais-je la tuer!...

LA ULLLi: MIKTTi: 429

Elle n'aclieva pas. La résolution qu'elle venait de prendre était irrévocable. Toutefois, à son grand élonncmcnt, la journée se passa sans qu'elle eût des i.'iuvelles de Paula.

La nuit fut mauvaise pour Barbe.

Le mallieureux éloulTait.

Plusieurs fois, Clémentine parla d'envoyer cbcrcher un médecin.

Miette Ten empécba.

— Il ne faut pa>^ t'cllVayer, dit-elle devant le pauvre liomme, ton mari n'a rien.

— Il vaudrait mieux...

— Non, certes. Ne sais-tu pas ce que c'est qu'un médecin?... G'esuin liomme jui vous fait prendre des drogues pour augmenter votre mal... et voilà tout!

— Cependant...

— ■ Plus une maladie dure, plus on le paie...

— Il est vrai...

— Lorsqu'on meurt, on le paie la môme chose. Moi, j'ai été soulTi-ante et y.' ne me suis jamiis servie de ces gens-là. C'est pour ça que j'ai été touj;iur3 promplement rétablie.

— Barbe désire probablement un docteur.

— C'est dilTérent, alors...

— Non, non, lit Barbe, je ne veux, voir personne. La Miette sembla triompbanle.

— Eh bien I

— Je n'ai plus rien à dire.

Les deux femmes se trouvant dans un autre appartement, la mi're dit à la (ille :

— Sotte, veux-!u donc qull en réchappe?

— L'infortuné 1

— Tu ne sais ce que tu fais. Quil est heureux pour toi que je sois là! Au malin, le bonhomme Barbe faisait entendre un râle douloureux.

— Je crois qu'il a une fluxion de poitrine, dit la Miette. Il est perdu, car il n'y a que des soins prompts qui puissent produire de l'efTet. Te voilà donc veuve I As-tu de la chance I . . .

Clémentine ne répondit pas.

Elle pensait qu'elle n'avait pas vu Félix depuis l'avant-veille et que celui-ci avait paru plutôt étonné qu'agréablement surpris des paroles passionnées qu'elle lui avait dites.

— Tu ne parles pas?

— Il n'est pas venu hier, murmura la jeune femme, et cependant ji^ l'avais C'gagé... sou<: prétexte do...

-i .0 i,.\ i;i:i I i; mii i n-

— Que dis-tu?

N <•!' niouuMit. 1)11 fiM|'|Ki à 11 i>ui lo. I.i.i!

Ton iiiiiivcl amr l?

-- Tais-toi iloiii-, si! lonliMulail!

la mriv el la lille otaieiil dans la ciii iiu\

.II' 110 serais pas fàcliî'O de coiinailrc rc Ii<M niscaii-lâ, dit la !\li«'lte.

l'a ri'-^les ici?

— Oui, va lui ouvrir la | ord^ de Tau Ire pièce, je regarderai au he^oiii [lur le trou de la serrure.

— El si cela ne nn^ plaidait pas ?

Hâte-loi:

Le visiteur \onait de rraii|ier une seconde fuis. Clémentine alla ouvrir.

C'était bien lami de Paula.

— Ne faites pas de bruit, dit Clémentine, mon mari n'est pas sorti aujourd'biii. S'il vous enttMidail !...

— - Eli bien?

l! demandei-ait qui est là.

— Vous pourriez le lui dire.

— Croyez-vous qu'il ne sérail pas jaloux?

— Ja'oux, ctpoirquoi?

Le jeune bomme lit cette question d'un air si franc et si naturel que la fdle de la Miette se sentit rougir.

— Est-ce qu'il n'aurait, pas voulu nie comprendre? pensa-t-ellc. l.a sage-femme, qui écoutait derrière la porte, eut un rire ironique.

— Ce garçon me paraît bien simple... l! me somblc que j'ai vu sa figure quelque part.

Félix entendit le rire.

— Qu'est-ce? demanda-t-il.

— Rien, fit Clémentine un peu dépitée. Vous croyez donc, continua-l-elle, que m^'n mari serait enchanté de me savoir avec un beau garçon comme vous?

— 11 doit avoir confiance en vous,.

— Certainement, mais...

A ce m iment, une voix faible se fit entendre

— Clémentine I

— Vous voyez? Il est là. Je suis certain qu'il va rne demander avec qui jp me trouvais.

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