LA MARCHAN'OE D F, POISONS
Dans la rue de la Vieille-Munnaie, à Marseille, il y avait, à l'époque où se passe notre récit, une maison qui devait avoir au moins deux cent> ans d'existence.
Cette maison, qui n'avait qu'un seul étage et (jui semblait tomber en ruine, était habitée, depuis fort longtemps, par une femme que l'on appelait dans le quartier la Métisse.
Ainsi que l'indiquait son nom ou plutôt son surnom, cette créature n'appartenait pas cntiérfment à la race blanche. Son teint était 1res brun avec (les reflrts bronzés.
La Métisse avait, dit-on, soixante ans; elle paraissait en avoir quatre-vingts.
On prétendait qu'elle était riche, ce qui ne l'empêchait pas de porter des haillons sordides et d'être d'une saleté révoltante. Toute sa personne était, du reste, hideuse à voir.
Son hisloirf^'!' Nul no la f-onnaissait.
LA UKLLi: viirn-
Coininenl î'iail-ello vciuio à Marseille, quelle ôlail sa pallie? Tout le monde l'iundrait ol elle n'avait ri'pomlii à aiicniic des qucslions qu'on lui avait adrossê(\>< à oc sujet.
Son in.hHtr'.e av.uh'e (""tait la vnnte d'herbes mâlicinalos; mais l(> bruit avait couru qu'elle possédait lo secret de terribles poisons I
Toutefoi»;. la police, qui avait l'ail pi isicurs descente-? chez elle, n'avail :amais rien trouve de compronieltarit.
Le jour où nous jiénétronschez celte horrible femme, elle était seule, assise au coin d'un feu, au-dessus du picl bouillait une marmite semblable à celle donl les sorcières de Macbeth devaient faire us lu'c.
Il était prc^ de cinq heures du soir.