‹ La belle MietteChapitre 66 sur 200 · LIV. 62. — TlItOblillE IIE.MIV · texte numérisé non relu

LIV. 62. — TlItOblillE IIE.MIV

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4'JO LA lit 1,1. t MlKllt:

- Qui s:ut s'il ni» vltvit p;i-< (rarriMiT...

- Oui...

l.i'- dt'iix lianilil> ^'appruchi'ii'ut tl"iin r;i>st'nilil(;m''iit i[n\ -'t't.iit. loriin'apivs le passa^re «lu cortéi^e.

— De qui viftit-on de s'«'tiipan'r?

Ou prèteml que c'est d'une sage-femme du ch'Mnio di' Siint-FMerre!

— La Miette !

— Justement.

Cadet se tourna vit> I.aurentiu

— Vois-tu?

Et de quoi est-elle accusée?

— D'assassinat, ainsi ipie sa fille.

— Sa tille :

Laurentin pouvait à peine se tenir sur ses jambes.

Cadet l'enlraina loin du groupe qui aigmentait toujours.

Dès qu'ils furent dans une rue écartée, les complices s'examinèrent.

Ils étaient livides tous deux.

--- Tu a^ peur? dit Cadet.

— Et toi au-si... que faire?

- Quitter la France !

— C'est la seule cliose...

— Où aller?

— Si nous partions pour TAmériq-ie '.

— Soit! Il vaut mieiL\ le nouveau monde que la guillotine!

— Et ma femme et mes enfants, que vonf-iN d'^enir?

— .Ma foi, tu y iis pens<é si peu jusqu'ici '.

— Ce n'est pas une raison.

— Re^te si tu veux, je quitterai seul ^rseille. Je saurai par les journaux ce que tu seras devenu.

— Tu m'épouvantes!

— N'hésitons pas alors!

— Pour prendre la mer. il faut donner son nom, fournir un passeport, et qui sait si M. Comté n'a pas pris ses précautions...

— C'est vrai...

— Comment faire? .

— Une idée !

— Voyons si elle est bonne !

— Nous pourrions gagner par terre l'Italie et là avec de l'argent...

— Nous n'en avons plus beaucoup.. .

— Nous nous arrangerons. Il s'agit pour le moment de fuir!

LA BKLLi: Ml KIT h: 491

— Oui. fuvons!

Il était dix heures du soir.

Tandis que la Miette et sa fille élaicnl dans Ic;ir cachot, tandis que M. Comté no se Iclicitait qu'à demi de l'arrestation qu'il avait faite, car il -c disait que Laurentin, Salomon et Cadet étaient encore en liherté, l'endroit où s'était passé, le rnalin, le terrihle drame quo hdms avons raconté oITrait un luguhre aspect.

Un gros cierge éclairait la chambre de Barbe dont les fenêtres étaient entr'ouvertes. Sa laetu', vacillant au moindre souffle qui Tenait du dehors, donnait parfois à chaque objet une ombre gigantesque.

Il restait quelques traces de la résistance désespérée opposée par Clénii'ntine; une table que l'on n'avait pas songé à relever était renversée, une partie des rideaux du lit gisaient arrachés.

Sur le lit était étendu le cada"\Te de l'infortuné époux enveloppé d'un long suaire.

A genoux près de la couche, une vieille femme priait et pleurait. C'était 3Iarianne, la cousine du bonhomme.

La mort était bien là.

Elle était venue, la sombre messagère! Elle avait répondu à l'appel du poison.

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