i.A ni; lu: mikiik
• jiit' jo l'aimais. Dopuis \c jour où elle a docoiiviM-l iiiie W iiiallieiiiHMix lialay(>ui n'avail aucuno forliino. ol'o n'a cessé ilo in'eiiLrau.M' à roroiivrcr ma liberU'' el à lui domiiT II nioil.
— Vous ne l'avez pas érouitM'.. . ('e l^l••^l pa^ mhiv...
— Tout à riieiire, je n'ai jias répondu à votre (picslidii...
— Je (lois croire alors... Mon Dieu, dites-moi ipic ce n'es! pas... que cela ne peut pas (Mn> !...
(-.li-menline était aussi airili-e i\\\c ji' contrrmaili'c.
— IIèla>^!... Je serais... doiililement criminelle...
— Ce n'est pas po^siMc... le cliai^rin vous (\i,'are.
^'on. La Miette a réussi à faire de moi une empoisonneuse, comme elle
a réussi à faire de moi une femme perdue.
— Malheureuse! vous êtes donc cou[)al»Ie!
— Ne me maudissez pas!
Félix était accablé.
Tn moment de silence régna dans le parloir,
Clémcnli.'ie fit des efforts sur elle-même pour parler encore.
— Le temps presse... On va nous séparer... Je veux vous dire une chose auparavant, je veux vou> faire une confidence... Vous trouverez.. le moment... ma! choisi sans doute, mai-', qu'importe!...
Li parole de l'infortunée était sifflante et saccadée. Le jeune homme la crut folle.
— Je vous aime, je vous aime d'amour!
Le contremaître se passa la main sur le front. Il croyait être en proie à un cauchemar...
— Vous m'aimez?...
Il fit quelques pas avec agitation.
— J'avais oublié encore ceci... Je croyais avoir mal compris... je croyais avoir mal entendu jadis...
Il s'assit et se mit à rire avec égarement.
— Il ne manquait plus que cela!... Vous m'aimez d'amour, répéta-t-il, vous, ma sœur, vous, la fille de mon père!
Comme saisi d'un transport furieux, il secoua la grille qui était de son coté.
Clémentine était tombée évanouie.
— Oh! je suis bien maudite! avait-elle murmuré d'une voix étouffée. Le trouble, le désespoir de Félix ne connaissaient pl;is de bornes
— Au secours! s'écria-t-il.
Un geôlier parut entre les deux grilles.
— Cette femme se meurt. Ne puis-je voler à son aide?
— Le règlement le défend, mais, soyez tranquille, un va la transporter à l'inlirmerie... Qn a-t-elle?
Le jeune homme hésita.
— Une faiblesse, sans doute...
Le geôlier regarda fixement Félix.
— Ou une chose fâcheuse que vous lui aurez apprise... Rciirez-vous, elle recevra tous les soins que comporte son étall
LIV. C5. — THÉODORE IIE.MSY. — I.A UCLU; MIETTE. -- ÉD. J. HOITI' ET C'». MV. 65
:.i4 i.A iJKi.ir Mii:riK
Mais ne ponrrni-je pas savoir de ses nondli' '
— Iloj»;i>-SfZ demain, nii vous en domn-iM.
— llàltv.-vousî...
— Soyez calnic...
— 11 iiK» sonj|)U' (|ii(' jV (loim.'fai-; ma vie...
— A demain !
Félix se relira plein de doiileiir. liie Iri.siesse moilelle l'aj-'ilait. Ix» jour siiivaiil il revint, cl vit le même £;inlien.
— On n'a i)as eu de peine à la rappeler à la vii', lui dit cet homme. Au ]toiiil du jour, elle est partie \un\r Aix.
— l'n \«'ritél Quand aura lieu le juiiemeni?
— On l'ignore encore, mais on sappose (pio ce sera dans le courant de !a semaine procliaine.
— Quelle était la conlen ince de m\<r liarlie an nidinent de son dépari?
— Lorsqu'on l'a fait nionler dans la voiture cellulaire, elle élail calme et paraissait ré>ignée.
— N "était-elle pas pâl. ?
— l'n peu. On voyait qu'elle avait été récemment indisposée.
— E-t-elle partie en même temps que la Miette?
— Oui. On les a mises dans la même voiture, séparées par un gendarme.
— Merci, monsieur, de tous vos renseignements.
Tandis que le contremaître s'éloignait, un autre guichetier s'approcha de celui qu'il venait d'interroger.
— Qiiel est ce jeune homme?
— Unindividu qui est venu voir hier la femme Darbc. Elle était avec lui quand elle s'est évanouie. Tu sais?
— l'n ancien amant, sans doute...
Par une étrange fatalité, les geôliers regardaient comme l'amant de Clémentine l'homme qu'elle avait le seul aimé, mais dont les liens du sang l'eussent séparée par une barrière infranchissable.