I.'inloilunî' re<l;i coiiime fomlroyé
— Vous me chasse/.. '...
— Kn i^tos-vous surpris?
■ Mais ...
' - Vous répondez par d«'s iiieiiai-es à des oliM^ivilions très justes. Vdus trouvez?...
V()us êtes ilepuis as>ez longtemps daus la maison pour savoir «pic nous n'avons pas l'hahitjdo de supporter les actes d'insubordination. C'est la première fois...
Ce sera la dernière... Quand vous voudrez, vous passerez à l.i caisse.. Je vais donner des ordre-;.
l.e Ion du patron de Félix était si iiinexihie (jue ce! li-ci comprit l'inulilité d'i:>isier. Une heure après, il sortait, pour n'y plus rentrer, di' la fahriipie où il avait gagné jusque-là honnêtement sa vie.
I.e malheureux avait peine à cacher ses larmes. Il se demandait avec angoisse où :i trouverait du travail, à quelle porte il devrait frapper j)our être arrueilli.
En ce moment le commerce de la place de Marseille traversait une crise. Deux ou trois fabriques, rivales de celle dans laquelle Félix avait été employé, venaient de suspendre leurs travaux.
Son âme était pleine de désespoir.
Il résolut de ne pas annoncer tout de suite à Paula celle sinistre nouvelle, et il ne se rendit à l'iiùtel meublé de la place Royale qu'à l'heure où il avait coutume d'y aller, à sa sortie de l'atelier.
En arrivant chez sa maîtresse, il entendit des éclats de rire. Il entra.
La nourrice de Sainl-Giniez était là avec 5e<6e. Paula s'amusait de^ innocentes petites mines de l'enfant.
— Si tu savais, dit-elle à Félix, comme il a été aimable et comme à ma vue il s'est écrié : Maman !
— Kn vérité?...
— Il te reconnaît, toi aussi...
— Tu crois 1
— Il n'en existe pas d'aussi intelligent que lui et d'aussi beau... C'est un amour!
— Toutes les mères prétendent cela...
— Je n'exagère pas, moi, il est vraiment surprenant... Tu ne l'embrasses pas ?.. -
L/V BELLE .MlKiTL
Félix prit le petit être dans ses bra-.
Celui-ci. lieiirciix d'ôtre caressé, prononça un iikjI qui lit une graridc impression sur les deux amants.
Ce mot, qu'on no lui avait pas appn? ropcndanl. était celui de papa. Comment le savait-il?.. . Où l'avait-il entendu.'
Paula regarda Félix; mais celui-ci lit un si-ne et la Jeune lemnie ne dit rien en présence de la nourrice.
Vn moment ajnès. cpiand cette dernière lut partie avec son nourrisson, IViiila s'excusa de ce qui s était passé.
— Je ne sais comment... Je te jure...
— 11 est inutile, ma chère amie...
-- Plus tard, il saura qu"il n*a pas de père.
— Plus lard, tu a? rai-on. Il faut que ce soit même le plus tard possible .. Je ferai pour cela tous mes elTorts.
— Que tu es bon!... Que je t'aime.
i^ile le refrarda avec un sourire mouillé de larmes. Eî pendant ce tempslà Félix se demandait :
— Conin:ent empéchei'ai-je la mère et l'enfant de mouni de faim?...