LUI
LE TRIN DE SAIXT-GINIEZ
Félix consacra les jours suivants à se chercher une place...
Hélas! comme il l'avait prévu, c'était bien dillicile.
Il commença à se présenter comme contremaître, puis comme ouvrier... Il ne lui répugnait nullement de descendre pourvu qu'il lui fût permis de gagner sa vie.
Un des fabricants, dont les ateliers étaient restés ouverts, parut un moment disposé à le prendre pour occuper une situation semblable à celle qu'il avaif perdue, mais, auparavant, il voulut voir les anciens patrons et leur demander des renseignements.
— Ces messieurs, dit Félix, n'ont jamais eu à se plaindre de mon zèle..
— El de votre conduite?
— J'ai fait tout ce que j'ai pu pour donner le hon exeuiple au.>L ouvriers...
— Comment avez-vous quitté?...
— J'ai mal accepté diverses observations au sujet de fails élranuers ù mes fonctions...
— Vous êtes vif?...
550 1 A mi.i i: MiKiir.
Non, d'Iiahiliulo. Jo no jicnsc pas avuir un mauvais caractôro.. .
— Enfin, je nio roncîrai à la laliriqne où vous (Hioz... Vous conipioiu'/, qti'il C<\ ni"'rcss;iirc ijiio jo sois alisolimitMil lixi^... .lo vons ferai (railliMii-'^ prt^tMiii'.
Fi'lix altondil di>n\ eu trois jours li rép msi' aunoncro, mais, no rccovani rien, il linit par faire iino nouvelle visilc jioir savoir à quoi s'en tenir.
ih\ le rccnl fort mal et on lui dit inTon n'avait pas lM>-oin de lui. l'.videinment il avait Hé desservi.
Panla eommc:u;ait à souproimer la vcnti- eu le voyant sombre et iinjuiet.
— Il se passe quelque chose, lui dil-ellc un jour. D'où vient que lu ne me cohtes pas tes peines?
— Je n'ai rien...
— F.st-ce à ta fabrique? Tes patrons ne soal-ils pa-^ aimables avec l )i?
— - Ce n'est pas cela...
- Est-ce qu'ils t'auraient parlé de moi?
Oa le voit, Paula était déjà sur la voie de la vérité. Seulement elle craign lit qu'il n'arrivât ce qui déjà avait eu lieu.
Il fut bien diflicile à Félix de continuer à lui cacher sa sortie de la fabrique. 11 lui tut néanmoins quel avait été le motif du renvoi.
La pauvre femme fut consternée ; elle comprit aussitôt ce qui s'était passr.
— C'est à caiisc de moi, n'est-ce pas?
— Non...
— Tu étais le modèle des employés, tu ne pouvais fournir aucun autre sujet de mécontentement.
— Je t'assure...
Plutôt que de faire ton maihcur. je le quitterai... -- Qi:e dis-tu?
— - Je m'en irai...
— - Te perdre !
Cela me sera bien pénible, mon Félix, mais je ne veux pas te nuire. Vivre sans toi, ce ne serait pins vivre...
— Tu te consolerais.
— Jamais!...
11 la prit dans ses bras et se mit à sangloter. Pour le consoler, pour lui rendre une partie de son courage, elle lui jura qu'elle resterait avec lui, qu'elle partagerait sa fortune bonne ou mauvaise.
— Je me rappelle encore ce que j'ai souffi-rt pendant que je t'ai crue } erdue
— Et moi donc?
— Dieu nous viendra peut-être en aide en nous voyant luiler...
— Oui, aie comme moi confiance.
Le leiideniain Félix rentra avec 1111 peu d'at-cnl (]iril r.'iiiil à Paul.i
— Comment te Tes- lu procurt-?
• — Une occasion... Un camarade que j ai remplacé.
— Ï!i vois, Dieu nous a déjà écoutés.
Félix cacha à Puula une chose pénible. Il passait sur le port, quand il avait vu un navire en débarquement pour lequel on cherchait des hommes de peine. C'était un labeur des plus fatigants. Il fallait porter d'énorme^ fardeaux, sur le quai, en plein soleil.
On do:ita d'abord que le jeune homme lui capable de s'acquitter d'une semblable besogni', mais on céda à ses prières.
Pendant toute la journée, il travailla de cette manière. Le soir il était harassé, ce qui n'empêcha pas le maître portefaix de lui dire en le payant :
— Voiis ne valez rien pour un semblable métier. .'. Une fois ça suffit!... Il y en a assez...
Ainsi il n'était même pas bon pour cette humble profession.
Paula ne quittait presque plus son ouvrage. Elle se levait au point du jour après s'être couchée à une he ire avancée. M""® Marguerite n'avait pu encore tenir sa promesse de lui procurer un travail mieux rétribué.
Félix avait abandonné sa chambre de la rue Caisserie pour s'installer avec sa maîtresse dans le garni de la place Royale. C'était une économie tout indiquée.
L'amour seul les soutenait et les aidait à supporter une existence presque intolérable.
1! est probable qu'ils eurent parfois des idées de suicide.
Lorsqu'on souffre trop, la mort apparaît comme une sombre consolatrice. Le spectre qui terrifie tant de créatures humaines a des nllui-es engageantes.
— Ah! l'angoisse te dévore, ah! la douleur te déchire!... Eh bien, viens à moi... Je ne te procurerai pas le bonheur, mais tu auras le repos...
Le repos!...
Cette perspective de sortir de la fournaise ardente, d'échapper aux soucis cuisants, séduit tellement le patient qu'il ne pense plus à autre chose...
Il ne se dit plus que cette force qui anime son corps va disparaître, que cette lueur qui illumine son cerveau va s'éteindre pour toujours.
Il ne rélléchil plus au néant qui le menace... Il ne pense qu'au calme dwiit il est sur le point de jouir.
Le suicide n'est pas seulement un refuge qui s'offre aux malheureux.
Il est des créatures humaines qu'il séduit, qu'il attire... Il a ses dilettunti.
N"a-t-on pas vu des hommes que l'on traite de fous possédés par celle idée lixe de se détruire et ne chcnh-'r <priin'' manière originale de s'en aller d'ici-bas?
552 i.\ im;i.i.k MiKiri-:
I.i' imiyen une mis lii.iivt'. ils qiiitlenl avec jnip un mondo où loul ne \e:\r scmlilc (|iriiilrigth\ «pie Uassessc, (jiie tli\;j;oiU !...
L:i roliiîioii callioliiinc l'oii-iiliMC le suioidt', CiHinnc un crime, l'allé renie ceux de ses adi^ples qui y ont recours; elle interdit ;i leurs corjts rentrée de SCS temples; elle condanuic an dùsospoir periiétiud cimix (pii se sont iaissi^ vaincre par le iiiV>espoir de la terre.
On peut se demander, en admotl inl ipi'il existe l,i-liaul nnt> sniii'i^me justice, si l'arriH du clercjè est sans appel, si le condamné du prèlreesl, en celle occasion comme en d'anlres encore plus ùlran^'es. repoussé à jamais de la béaliliidc éternelle?...
ré!i\ et Pailla sonuèrtnil peil-èli-e à la mort, mais ils n'y eurent pas recours.
D'ailleurs, an plus fort de leur détresse, un rayon d'espoir illumina leur ciel sombre. On venait de propos^;- une place à Félix.
C'était la nourrice de Saint-Giniez rpii, ayant entendu parler d'un eni[)Ioi vacant de teneur de livres dans l'usine où travaillait son mari, annonçait au jeune homme que l'on sérail disposé à l'accepter s'il avait des connaissances suffisante^.
Félix, tuul en accomplissant ses fonctions de conlreniaître, avait pris dans les dernières années des leçons de tenue des livres. 11 était parfaitement capable de s'acquitter de la tâche qu'on lui oiïr.iil.
Il fut entendu qu'il se rendrait à Saint-Giniez immédiatement pour ne pas laisser prendre la pLice par un autre.
C'était un samedi soir; on le renvoya au lendemain pour une réponse définitive.
Sainl-Giniez, qui est un des plus jolis quartiers de la banlieue de Marseille, était précisément en fête.
Son trifi avait commencé la veille et devait durer trois jours.
On appelle en Provence trin ou roumeragf les fêtes locales.
Les cérémonies religieuses y sont singulièrement mêlées aux réjouissances profanes. C'est ainsi qu'il y a, à la fois, grand bal et messe en musique, sermon et concours de chansons comiques, jeux de toutes sortes et sortie processionnelle du saint ou de la sainte de l'endroit.
Le cabaret et l'église sont également pleins. Ni Dieu, ni le diable n'y perdent leurs droits.
Les trins rapportent toujours au pays, car il y a des amateurs de ces sortes de réjouissances qui viennent, non seulement de Marseille, mais de toutes les 'ocalités environnantes.
Le ùinûe Saint-Giniez avait d'aille'irs une certaine réputation d'animation, de gaieté et môme de tapage.
LA IJDLI.K MIETTK
Elle se pencha sur lui. (P. 5j8.)
A Marseille, il y a un proverbe qui, pour caractériser un endroil hriiyant. éveil!',' le souvenir de celd; fêle :
Li sian mai oou trin du San Giniez! ( Nous y sommes encore au triii de Sainl-diiiiozl)
Ce proverbe suffit quelquefois pour ralnicr les discussions les plus lumult'ieu-;es.
Félix, au moment de sr. rendre à Sainl-Giniez pour savoir la réponse qu'il
LIV. 70. — TIIÉODOIIK IIE.VRY. — LA UELLi: MlKTIE. — P.n. J. HOUFF ET c'". Ll\. 10
55* l. A l'Kl.l.i; MIKiri",
attendait si impatiemment, eut lidi'o crolliir à l'aiila île racrompa^îiier. C-cla procunM":iit .1 ci'Hi'-ci à la fois iMicliiiu» ilistiaciion cl le [daisir de voir son enfant.
Paula aci-.'pla avec joie. Idic ciail si luMireuse lors(jirell(' se lioiivait avec - >n amant, lorsiju'elle s'app.iyait sur son bras, tandis qu'il lui disait de douces paroles!
Il y avait des heur.'s si Iri-t ■<' Ne fallait-il pas s'e:nprcsser de profiler des occasions de se distraire?
Cotait le malin qu'on devait laire connaître son sorl îi Félix, mais le directeur de l'u-ine avait ùté contraint d'aller à Marseille. On annonça au jeune homme, désolé de ce conlrcMi-mps, qu'il ne serait rentré (pic vers (pialre on cinq heures. .
Kélix et Paula résolurent d'altt-adre à Sainî-Gmicz le retour de celui qui, d'un mot, pouvait les sauver ou les livrer au désespoir.
On fit d'abord la visite au hèbé, puis on déjeuna bien modestement dans un cabaret où le vin coûtait q lalre sous le litre.
Les deux amants allèrent ensuite se promener. Us lurent le programme de la fête, publié par de belles affiches sortant de l'imprimerie du Sémaphore :
A une heure, course de jeunes gens du pays ; prix : une belle écliarpe :
A une heure et demie, course de jeunes gens étrangers au pays; prix : une belle écharpe;
A deux heures, course de dames du pays; prix : une belle écharpe;
A deux heures et demie, course de dames étrangères au pays; prix : une belle écharpe ;
A trois heures, dans la salle verte, conc;airs pour la plus laide grimace; prix : une belle écharpe ;
A trois heures et demie, dans la salle verte, concours de chansonnettes décentes ; prix : une belle écharpe.
Comme on le voit, le peu de variété des prix était réellement remarquable.
Félix et Paula pénétrèrent dans la salle verte au moment de la course des dames du pays qui étaient représentées par trois ou quatre petites filles doi)t l'âge variait de douze à quatorze ans.
Quand vint la course des dames étrangères au pays, les mêmes petites filles se montrèrent avec une robuste Génoise qui n'eut pas de peine à enlever l'écharpe.
Pour la plus laide grimace, les concurrents furent plus nombreux."
Ce fut un hideux spectacle que cel;d ofTert par des visages volontairement contractés.
On doit reconnaître que l'homme n'est pas beau et qu'il y a peu d'animaux qui ne l'emportent sur lui.
LA hVA.LE MII'TTE 55;
Quelle idée épouvantable que cet encouragement accordé ;i l'horrible!...
Les liabilanls de Saint-Giiiiez et les aulies assistants riaient bruyamment.
On donna le pri\ à un bonluinime qui avait trouvé le moyen de faire de sa tête une boule confuse.
Il était à y.eu. près quatic heures quand on commença le concours de clianonneltes décentes.
L'a'ïichc indiquait que le jury serait com[iosé de dames choisies dans la société. C'était une innovation ingénieuse.
Quelques chaises avaient été installées pour les ju'-rcs en jupons que devait pré-ider le chef de l'orphéon des Enfants de Sainte-Cécile.
Un des abbats ou organisateurs vint demander à Pauki de vouloir bien prendre place sur un des sièges réservés.
Elle refusa d'abord, mais, devant l'insistance de l'abbat, elle s'assit à côté de plusieurs demoiselles et dames de l'endroit.
Le concours commença aussitôt par une romance sentimentale à laquelle succéda une chanson comique, puis vint un air d'opéra.
11 est à remarquer que, sous le nom de chansonnette, on désignait tous les morceaux qu'il plaisait aux concurrents d'apporter et qui ne seraient pas susceptibles de troubler la pudeur de l'auditoire.
Au moment où un individu d'une stature colossale chantait une romance qui i-acontait les malheurs d'un petit matelot, Félix se rappela que. le chef de Tusiiie devait être à son bureau de quatre à cinq heures.
Il avertit Paula, rengageant à rester, puisqu'elle avait accepté des fondions oflicielles.
Celle-ci eût bien voulu suivre son amant pour savoir plus tôt si la solution était fivorable, mais elle n'osa pas s'éloigner.
Félix partit doue seul pour l'usine qui était à quelque distance.
Le directeur était arrivé.
0 joie! ô bonheur! il accepta le jeune homme, et même lui offrit des appointements supérieurs à ceux dont il avait été primitivement question. Il est vrai que Félix devait se charger d'une besogne supplémentaire, exercer une sorte de surveillaiice à certaines heures de la journée.
Oh ! qu'il tardait à l'ami de Paula de faiie part à celle-ci de cette heureuse i.oivelle. 11 se mit à courir pour arriver plus tôt. Sans doute sa maîtresse lirait \ile sur son visage rayonnant que la réponse était favorable.
Qua-^.d Félix entra dans la salle verte, le concours était interrompu. Une terlaine émotion régnait.
Les regards de l'employé se port'rent vers l'estrade. Paula n'y éliit plu-. 11 ne larda pas à l'apercevoir à quelques pas, rouge de honte, tandis pie les abbats semblaient l'entraîner hors de l'enceinte.
LA UELLI-: :jietie
Il se piùcipila aii-dovanl de sa maîtresse. Voioi ce qui cY.tail passif
Kl» i'ahsence do lùMix, le Cdiuours de chaiisonnelles décentes avait d'al)Oid
CDiitiiiiié. puis un eulr'aiie avait eu lieu.
Pendant cet arivt, (jiielques jeunes j,'ens de Marseille t'taient entrtîs dans la
sal'e veilc et s'étaient placés tant bien que mal. ('es jeunes j^'ons paraissaient
avoir copieusement déjeuné. Ils nianifeslaienl déjà îles dispositions hruyanles,
quand l'un deux s'écria tout à coup :
— l-'li ' mai<, cest Paula !...
-- Paula?...
— Oui, celle petite blonde qui babilait dans la rue (laisseric.
— Tiens... liens...
- Elle avait disparu de la circulation... Je suis liien aise de l'avoir retrouvée, car elle élait agréable.
— Ks-tii bien sûr que ce soit elle?
— Parbleu!
■ - Celle-ci a cepe:idint l'air réservé.
- (Ju'est-ce que ça prouve?...
— - Tu te trompes...
— 11 est bien simple de s'assurer di: contraire.
— Comment ça?
— Je vais l'appeler... Eb! Paida!...
La pauvre fille regarda immédiatement du côté où l'on prononçait son nom et elle reconnut un de ses anciens amoureux.
— Paula!..,
Elle feiLTiiil d'abord de ne pas entendre.
— Paula! Paula!...
— Tu vois bien (jue ce n'esl pas elle...
— Je suis sûr du contraire... Paula!
Celle-ci ne savait guère quelle contenance tenir. Cependant les compagnor.s de l'individu qui la connaissait s'étaient mis tous à faire comme lui. Ils criaient :
— Paula! Paula!...
L'infortunée eût voulu être à cent pieds sous terre.
Autour d'elle, on se demanda d'abord ce qui se passait, puis on la désigna. Presque toutes les dames qui étaient là se connaissaient. Elle seule était étrangère.
— Quel'e est donc celte jeune lille?...
— Elle parait bien modeste.
- Oui, on lui donnerait le bon Dieu sans confession...
— Elle fait pro! alilemenl sa sainte-nitouclio, car entendez-vous ce qu'on dit?..
— Que dit-on?
— On prétend que c'est une loivtte.
— Et on l'a mise avec nous?...
— C'est une erreur...
— On ne devrait pas en commettre de ce genre...
— Je mo plaindrai à mo:i mari...
-- Et ma (i!le qui est là!
— Ohl...
Paula entendait tous ces propos et les miséraliles qui continuaient à crier :
— Paula! Paula!
Elle se sentait défaillir. Tous les regards étaient maintenant fixés sur elle. On s"était écarté de la malheureuse comme d'une pestiférée. Que devait-elle faire?
Un des alibats s'approcha d'elle, et lui dit brutalement ;
— Vous voyez bien que vous ne pouvez pas rester ici...
— J'attends quelqu'un, balbutia-t-elle.
— Ah!
— J'étais avec une personne qui ne me laisserait pas insulter...
— On ne vous insulte pas. On vous reproche seulement de vous être mêlée à d'honnêtes femmes.
— Je ne demandais pas... on m'a offert. .
— Vous avez eu to I d'accepter... Allez-vous-en !
Elle se leva sur l'estrade. Sa confusion était des plus grandes. 11 y eut quelques applaudissements parmi les spectateurs. Elle retomba sur son siège.
— C'est inlâme ce que vous faites... Je ne m'en irai pas.
Les abbats perdirent patience et employèrent la force pour l'emmenor. Ce fut à ce moment que l'amant de Paula apparut.
— Qu'arrive-t-il? Que se passc-t-il?
— On me chasse... On me dit que je suis indigne de rester avec des gens respoclaliles.
— C'est vrai, lit l'un des abbats.
— .Misérables! s'écria Félix.
I! érarta les jeunes gen> qui entouraii'nt sa maîtresse et la soutint.
— Que! est celui qui u le [)rt'micr mis la main sur toi?
Elle comprit qu'il allait es ayer de la venger, qu'il allait se batlr<\ et elle craignit pour lui.
r.r.s I. \ I! Il i,|- \ii I r n;
— .Non... iioii... allons-nous-cu !...
— Il me laiil l'hàlier C(S iinliôcilcs !
Il (Miii'va liriis.jUiMneiil à l'aiiliil qui rt lil ;i ciHi'' do lui le iiuMid de ruhan • inii l'urtail à sa lioiiloiinièro el le foula à ses pieds.
I/ahbal irrité voulut se jeter sur lui. Félix le souflleta.
Le jeune lionuue ([u'il avait cliAliè tcala aussitôt d<) se venger. Tous les or^;;aiii<aleurs de la fêle se joiimirent à lui. La foule qui remplissait la sa'Ie verte criait, liiiail.
Félix fut violeuiinent séparé de Paula.
Pressé, houscukS Trappe, il ne fut laissé ipic hors de renceinic de la féli; dans le plus pitoyable état. Ses vêtements étaient en laïuhcaux et il avait reri des blessures assez i:raves. Il ne pouvait plus marcher.
Paula désolée le rejoignit un instant après. Il était assis comme hrisé au pied d'un arbre.
Klle se pe.icha sur lui.
— Mo:i Félix, mon cher Félix !
- Ma liien-aiméc!..,
-- Pardon...
— Est-ce ta faute?
— Oui. toujours le passé...
— Ont-ils le droit de te le reprocher?
— Tu le vois bien!
Us se mirent à pleuier tous les deux, remplis de douleur et de hon'.o.
COMME SON PEUE
Féliv et Paula rentrèrent navrés à Marseille.
Le jeune homme seufTrait des coups qu"i! avait reçus, mais il ne se plaignait pas, craignant d'inspirer de l'inquiétude à celle qu'il aimait.
Toutefois il fut obligé de se coucher, peu arrès son arrivée dans le pjtit apiartemenl de la place Royale.
Il avait la fièvre et cherchait à le cacher.
— Que ressens-tu? lui demandait Paula.
— Piien... rien...
Elle lui prit la main :
— Tu as bien chaud...
— Cela passera...