LE DÉPART
Les femmes sont détenues à ^Lirseille à la prison des Présenlines, construite sur remplacement du jardin d'un ancien couvent.
Lue prison et une caserne d'infanterie ont remplacé le monastère où les reliirieuses de la Présentation de la Vierge passaient leur existence à prier pour obtenir le pardon des fautes humaines ou de leurs propres fautes, car des repenties se glissaient, paraît-il, parmi les Présenlines.
D'une prison de femmes à un coavent de femmes, la distance est peu considérable; mais elle semble plus grande du coavent à la c.iserne.
En 1843, comme de nos jours, le local dont nous parlons était plus spécialement une maison d'ariêl. On n'y conservait, en dehors des prévenues, que les condamnées à des peines au-dessous d'un an.
Les autres prisonnières étaient évacuées, en général, sur la maison centrale de Montpellier, grand réceptacle de la région.
Clémentine et Miette, les héroïnes de l'affaire Barbe, avaient quitté les Présenlines pour se rendre à Aix, où elles avaient été jugées. Elles y étaient rentrées avant leur exposition, qui eut lieu le 13 juillet 1843.
La mère et la fille devaient, suivant les règles alors en usage, quiltei- Marseille peu de jours après la scène de la p'ace Royale. 11 n'en fut pas ainsi
LA BELLi: Mli: IT1-:
cependant et les dc!i\ femmes restèrent aux Pi-ésenlines jiis(ju"aiix dei niers jours d"aoùt.
La beauté de Clémentine avait fait une vive impression sur un fonctionnaire • le la prison qui s'elTorça de la retenir autant que possible.
Le lendemain de Texposition, la femme Barbe fut admise à riuliruieric sans en avoir fait la demande. On l'y traita avec une bienveillance extrême cl on la soumit à un régime très doux.
ClémeiUine ne comprenait pas pourquoi elle é!ait l'objet de tant d'égards ilors qu'elle voyait agir dilTéremmonl à l'égard de sa mère et des autres priunnières.
Elle avait bien remarqué un personnage qui venait souvent à Tinlirmerie îous divers prétextes et qui ne perdait aucune occasion de l'interroger, mais elîe ne se doutait de lien. Elle, si perspicace autrefois, elle qui devinait si vite le parti qu'on pouvait tiier d'un amuureux, avait maintenant l'esprit comme endormi.
Les chocs reçus l'avaient meurtrie, brisée.
Elle s'imaginait d'ailleurs que sa vie n'aurait désormais aucune ressemblance avec la vie d'autrefois. Rien de ce qui était jadis ne lui semblait plus levoir être.
Cette impression était bien naturelle. On lui avait épargné l'écliafaud, mais à condition que toutes les heures qui lui resteraient à passer sur la terie seraient consacrées au châtiment.
Travaux forcés a perpétuité;, avait dit la sentence. Et ces mots teriibles relentissaient sans cesse à son oreille.
Toutefois la perte de la liberté n'excitait en elle aucun regret. Que seraitelle devenue, si, par extraordinaire, le jury l'avait crue innocente et ra\ait acquittée?
Lo verdict l'auiait-il protégée cop.tre l'horreur publique?...
La prison ne lui paraissait pas seulement une peine méritée, mais un refuge. Elle était prête à tout subir.
Clémentine pensait souvent à Félix.
La scène où elle lui avait avoué son crime et son amour était parfuis piéi.nte à son esprit.
Elle entendait alors la réponse du jeune homme :
— Vous m'aimez, vous, ma sœur, vous, la lille de mon père !...
Elle avait ressenti une secousse elTroyable. On lui eût percé le cœin- d'un loup de couteau qu'elle n'eût pas plus souffert.
— Mon frère, c'était mon frère! répétait-elle.
La m;ilheureuse s'interrogeait pour chercher une excuse au sentiment qu'elle avait éprouvé.
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Kilo so (loniaiulait il'altonl si or n'olait pas la voi\ du saiii; (\n\ avail pailô on ol!e ci si ollo iio s'ôtait |ias liouiiiôo sur une alTootioii (lui navait lioii do ooiipalijo !
Le r(>sultal do oos rôlloxions iMail qu'il n'y avait ou aui-uno l'irour Ac sa part. Elle avail dôsirô ovidoinmcnl FiMix et elle so fùl livi/o à lui avoo joio.
Elle avait oiii que liarbc iHait un obstacle, que lo j( iiin' liomino ôprouvail des scrupules à faire la oour à une feninie niariôo ot. pnui- oi> niniif, clli' avait ècoulô sa moie (jui lui parlait do poison et do mort!...
Et sa conduite à l'éi^aril de Paula. n'avait-clle pas ôtô dicloi' i)ar la jalousio? ..
Oui, cl'e avail aimé d'amour son frère, ol peul-ôtre elle l'aimait encoïc?...
Clomenlino vivait donc dans le passé et ne ro!:;ardail pas le présent.
Sa mère la tira de cet état de semi-léthargie.
Los deux femmes ne s'étaient pas vues depuis quelques jours. Clémentine étant, ainsi que nous l'avons dit, entrée à l'inlirmerie, tout rapport avait cessé entre elles.
I>a Miette demanda à avoir une entrevue avec sa fille.
Réglementairement, celte entrevue eût dû avoir lieu au parloir, mais on laissa Miette entrer dans l'infirmerie.
Clémentine était assise à côté de son lit. La tête dans les mains, les coudt's sur sa couche, elle était absorbée par ses pensées lorsqu'on lui frappa sur l'épaule.
Elle releva la tête ; c'était sa mère.
La jeune femme ne put réprimer un mouvement de répulsion.
— Ehl Eh! lu n'es pas p:écisémonl charmée de me voir...
— A quoi comprenez-vous cela, ma mère?..,
— A ton air...
— Vous vous trompez...
Elle dit cela froilemcnt, mais la Miellé jugei inuiilo de beaucoup insister.
— Tutoie-moi comme autrefois, cela me fera plaisir...
— Soit!...
— Tu ne dois pas être mal ici...
— J'y suis bien...
— Tu as un bon lit, fort large... Que te donne-l-on à manger?
— Je ne sais pas...
— Comment?
— Eh oui, croyez-vojs que j'y fasse allention?
— Je parie que tu as du vin...
— .Que m'importe !...
— Moi, je n'en ai pas, et c'est une grande privation... La soupe maigre
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est très mauvaise... 11 n'y a que la soupe grasse qui vaille quelque chose, mais on ne nous en ilo:ine que le dimanche... Je voudrais bien que l'on me crût malade, moi aussi...
— Ce n'est pas à ma prière qu'on m'a fait entrer en cet endroit...
— On me l'a raconté...
— Ah!
— Ici on n'ignore rien... Les nouvelles font le tour de la maison avec une rapidité énorme... Mes félicitations...
— Je ne comprends pas...
— Ta hcauté fait de l'impression sur tout le monde, môme sur les arironsiiis...
— Que signifie?...
— Voyons, tu n'as pas été sans t'apercevoir de quelque chose...
— De quoi donc?...
— Non, tu n'es pas changée au point de ne pas te rendre compte...
— Ma mère, ce langage est mystérieux...
— C'est toi qui es bizarre...
— E.\plique-moi...
— Le bruit court dans la prison qu'il y a quelqu'un... qui pense beaucoup à toi...
— A moi?
— Tu as inspiré une véritable passion...
— Tu te moques de moi...
— Je parle très séi'ieusement...
Ici la Miette entra dans des explications. Elle dit à Clémentine qu'il était évident qu'elle avait été remarquée par un des principaux fonctionnaires de la prison en rapport constant avec les prisonnières.
Ce personnage avait trouvé mille prétextes pour empêcher leur départ la semaine précélente. C'était a. lui que Clémentine devait les égards dont elle était entourée. La Miette ne se plaignait que d'une chose. Elle regrettait de ne pas jouir des mômes avantages que sa fille.
— Je suis ta mère... Ça devrait être un moyen de t'ôtre agréable que de me bien traiter... Il est vrai que tu te fiches pas mal de moi !...
Clémentine ne répondit pas.
— Voyez-vous... Elle ne proteste pas.. Elle ne dit rien .. Oh ! ces e;ifaiit>!... ces enfant^ !...
— Assez de sentiment comme ça, ma mère...
— Enfin, puisque ça te déplaît 1... Ton amoureux n'entre pas dans tous ces détails... Il y a une chose aussi dont il pourrait être reconnaissant... Si ti es ici, c'est à cause de moi...
VS2 LA lil.LLE Mlhl 1 li
L'alroce iVininc s'exprima avor un h-l oyiiismr q\h' s;i lillc ne p;il maitri-or son iiuligiialion,
— Misi^ral.lc!...
MiiMto se conlenta de soiiriiv.
— Mon Dieu, pourquoi tie p is (lii-i> ce ipii est vrai I... Je Vdulais le rendre service et je l'ai perdue... .Mon iiileiiiioii élail lionne... Nous n'avons pas (Ui de chance... voilà loul!... Mais revenons ;i noire homme...
— Parce qu'on csl hienveillant avec une malheureuse comme moi, ce n'c.^t pas une i-aison pour qu'elle inspire... d'a'ilre seiitimenl...
— .\dmets cependanl que ce (j'ie je l'ai dil soit...
— Tant pis, alors...
— I\Hir.pioi?
— N*as-lu pas compris (jue j'étais morte?
— Qu'est-ce que cela signifie?
— Tu as donc perdu la mémoire de ce qui s'est passé sur la place Royale... Peut-on vivre après avoir élé attachée au poteau d'infamie, après avoir subi des milliers de regards fixés sur vous avec horreur et mépris?... La honic lue...
— Je me porte bien cependant, et toi, qiioiqu'à rinlii-nierie...
— La honte tue l'âme, la honte tue le cœur...
— Est-ce qu'il est question de cœur dans cette affaire?
— Je m'imaginais qu'une fois en prison je n'entendrais jdus Ion langage cûrrupte:;r.
— Toujours de grandes plirascs !... Tu tiens décidément de ion père... Je ne veux dire qu'une chose... Profite de la chance inespérée qui s'oflVc à toi pour améliorer ta situation, et n'oublie pas ta merci...
Le temps qui avait élé accordé à Miette pour voir .'^a fille était éco;ilé... Il lui fallut la quitter... Ses dernières paroles furent :
— Ne sois pas égoïste!...
Ciémentine ne put s'empêcher de réfléchir longuement à ce qu'elle venait d'apprendre.
Comme nous l'avons dit, elle ne s'était pas doutée jusqu'ici du motif pour lequel on était meilleur pour elle que pour les autres...
Sa mère disait-elle vrai?... Était-ce parce que sa beauté inspirait des désirs à un homme qui n'hésitait pas à se compromettre pour elle?...
Elle repoussa d'abord cette pensée, puis elle songea à s'informer au sujet de la personne qui lui avait été désignée.
Clémentine interrogea assez adroitement une détenue chargés des fonctions d'infirmière...
C'était une récidiviste parfaitement au courant du personnel de la prison.
LA HHIJ.E MllMlE gs:^
La jeune femme acquit la conviclion que Mielte était bien renseignée. Du reste, -si le moindre doute était resté dans son esprit, il n'aurait ])as tnrdé ;i être dissipé.
Le lendemain, un médecin, moins complaisant que celui à qui elle avail eu aiïaire jusqu'ici, déclara qu'il était inutile qu'elle restât à rinlirinerie cl signa so:i exeat.
Pendant qu'elle se préparait à reulror dans la partie de la prison où c le était précédemment, on vint la chercher pour li conduire dans les bureaux de l'administration.
On 11 lit entreV dans un cabinet où elle se trouva en présence de l'individu en question, qui lui tint un langage des plus étonnants.
L'homme qui lui parlait n'avait aucun scrupule, il ne gardait aucune réserve. Il croyait inutile de se gêner avec une femme qui, avant sa condamnation, avait déjà une réputation de légèreté, et que la justice avait flétrie à jamais.
Il expliqua à Clémentine qu'elle était entièrement sous sa dépendain-r. que, de mcnie qu'il avait amélioré son sort, il pouvait le rendre très malheureux.
Elle ne répondit pas, écrasée par la surprise. Il voulut passer des paroles à l'a-tion... Il lui prit le menton, essaya de l'embrasser, mais elle le repoussa.
— Non, nonl...
— Qu'est-ce à dire?
— Torturez-moi... Faites-moi souiïrir... Je suis ici pour cela, mais pas pour servir de jouet à vos caprices...
— Les prisonnières sont d'habitude trop heureuses quand un personnage de mon importance...
— Je soull'rc, moi, de ce qu'on puisse penser...
— Vous souffrez?...
— J'ai été bien coupable... Cependant... 11 ne se peut que vous ayez le droit... Je me plaindrai...
11 eut un éclat de rire.
— A qui vous plaindrez-vous?... C'est à moi que vous devez adresser vos réclamations... Je siis le maître... Mon pouvoir est illimité et j'en use comme il me [dait... Faut-il vous faire mettre la camisole de force pour vou^ le prouver?...
— In'"aniii; I...
— Je n'irai pas si loin... Je me bornerai à vous envoyer au cachot pour insubordination; mais pas tout de suite... bienlôl... Vous verrez...
— On compr.'udra... On devinera...
— Que m'imj)orte l'opinion des détenues et du personnel de cetlo niaiso;i!
584 L\ BELLK MlKlTi:
(^n ;i d^yi cssa\t'' (rohtonir ma ilisL;i;\('.'. mais on n'y a [tas iviissi... Uôlléolii^sez...
— Kailrs lie moi oo *\nc vmis vomlrc/... Jamais je no serai à voiisl...
— Jamais?...
— Jamais!...
A la suite (le celle t''lrange scène. Clcmenline fnl rccundiiile à son (juailier, mais, dans la journée, il lui fut iniligù, sous un prélcxlc (lucIcoïKinc, une punition sévcre. Elle vouliil faire une obscrvalion, imnuHlialemenl la surveillante à (]ui elle avait alïairc onloima qu'on la conduisit dans une cellule prose] ne sans jour.
Comme elle rùsjslail, rèvollc'e de tant dinjuslice, deux i,'aidiens fui'cul appelés et, la prenant par le bras, l'entraînèrent,
Pendant le trajet, elle rencontra le misérable qui lui avail promis de se venger de sa résistance.
— .\li ! ah, ricana-t-il, mauvaise tétc !...
Clémentine passa quarante-huit heures dans le sombre réduit où on l'avait enfermée ; on ne lui portait que du pain et de l'eau.
Elle supporta du reste assez bien cette détention injuste. Son esprit pouvait quitter à son aise la prison pour s'occuper d'autres sujets.
Que devenait Félix?...
11 devait sans doute avoir retrouvé Pauia. Il devait être heureux...
Clémentine croyait élre charmée du bonheur de son frère, mais, en réalité, sa satisfaction était médiocre.
Son amour n'était-il pas entièrement éteint malgré ce qu'elle avait appris?
Elle ne se posa pas cette question, persuadée d'ailleurs pour le moment qu'elle était incapable de conserver une affection devenue criminelle!
Vers la fin du second jour de son emprisonnement dans la cellule, la jeune femme apprit par le gardien qui lui renouvelait l'eau que son persécuteur était révoqué.
Il paraît que ce n'était pas seulement vis-à-vis de la fille de Miette qu'il s'était conduit d'une aussi singulière façon. Il avait d'autres actes du môme genre à sa charge, si bien que le bruit en était venu à l'autorité supérieure.
Un inspecteur général, envoyé spécialement, ordonna que la femme Barbe sortit de son cachot et prescrivit son départ pour Montpellier, ainsi que celui de toutes les condamnées qui devaient être envoyées dans cette maison centrale.
11 y en avait quatorze.
Ces prisonnières furent réunies un malin, au point du jour, dans la cour des Présentines.
Quelques gendarmes attendaient avec une de ces voitures qui servaient au transfèrement des détenues depuis l'ordonnance royale du 9 décembre 1836
i.A i;i;i.i.K Mil/ni-
La voilure en queslion contenait douze cellules. (P. 583.)
à laquelle on a dû la suppression de la chaîne des forçats et une foule d'améliorations utiles dans le système pénitentiaire.
La voilure en queslion contenait douze cellules séparées par un couloir longitudinal. On fut oMigr d'installer deux des voyageuses dans ce couloir cl on choisit celles «pii avaient remprisonnemcnt le plus court à subir.
Les longues [leines ont droit à des égards : le crime a son arislocralie.
I-IV. li. - TIltODOHE Jll.MlY. — lA llll.l.l, ,\Ili:Trr. — tit. J. IlOLKK V.T C'». LIV. 74
:iSr. I \ |;| I I.L .M 11.111.
Clémentiu»' el sa nù've, les seules frappi'i's des travaux, forcés à pcrpiHuiUS, lurent de droit les mieu.x pl-ir.'.'<. On le< avait d'ailleurs fait mouler les premières.
— Adieu, Marseille! dil la Miellé avei- une certaine mélancolie lors(jue le convoi se mil en marche.
EN ROLTE
Actiiellement, avec le chemin de fer, le voyage de Marseille à Montpellier dme ;i peine six à sept heures. En 1843, le service de la justice employait deux ou trois jours, suivant que deux ou trois arrêts étaient fixés. Le convoi doni faisaient partie les empoisonneuses de Barbe arriva le 3 septembre à la maison cenirale. En route quelques incidents se produisirent.
M. le vicomte d'Haussonville, dans son rapport sur le régime des établissements pénitentiaires, a virement regretté que le trinsport des femmes condamnées ne s'elTectuât pas so;is la surveillance de personnes de leur sexe,
« Il ne faut pas se dissimuler, dit-ii, que ces longs voyages d'hommes et de femmes voyageant nuit et jour, .dans un espace si étroit, sous la surveillance sans contrôle de gardiens dont le choix pour un service très fatigant est surtout dicté par des aptitudes spéciales de vigueur, ne laissent pas qu.? d'olïrir, au point de vue de mœurs, d'assez graves dangers. »
Le.> craintes de M. d'Haussonville sont parfaitement juslifiéL-s. On raconte souvent dans les prisons des actes d'immoralité commis pendant les transfèrements.
Le brigadier de gendarmerie qui commandait le convoi dont faisaient partie Miette et sa fille était un gros garçon d'humeur très joviale. Une certaine familiarité ne tarda pas à s'établir entre l'escorte et les prisonnières.
Parmi ces dernières, il y en avait trois ou quatre assez jolies qui s'amusèrent à provoquer leurs gardiens.
Bientôt les plaisanteries salées commencèrent.
Il y avait surtout une fille des rues de Marseille qui avait tout l'e-pril du ruisseau.
C'était une grande blonde nommée Malvina, plutôt jolie que laide. Comme elle n'avait que deux ans de prison à faire, elle était une de celles qu'on avait installées dans le couloir.
Malvina ne tarda pa? à raconter au gendarme assis à côté d'elle poui'quoi elle avait été condamnée.