I.A Itl.l.l.K Mil I II
LL l'll(»(.i;S Dli Tl'LLK
CdiiMiio pn-fuce à racc.usalioii princip.iK- diiii^rc coiilir M'"" lûifiu-,,'!', il y cul l'alTairo des diaiuanls do M'"" de Lt'jaulaiul.
On se rappelle ijuc le mari de celle-ci avait cru à un vol. (^u.uid il vil. Marie Cippelle accusée d'empdisonueineul, ses hésilalious dis[iarureul. Il se dil (pic celle <pii a\ail et;'' caitaMc deddiuier la mort à sou mari, devait avoir iuévilaldcment Yo!6 une amie cl il renouvela sa plainte (jue, un se le rapi^-lle, il avait relir(''e nue picmière fui^.
Celle allairc causa une grande inlluence préjudicielle. Elle servit à lernir le caraclère de Marie Capix-lle, contre la(pielle le par(|uel déi)loya d'ailleurs un arliarnemeni inouï.
La jeune fcmiuc ne fui plus accusée seulement d'avoir dérobé di; ; diamants, mais d'une foule de détoni'ui'ments. Tantôt c'était une tabatière <|a'elle avait prise chez M, Garai, tankM c'étaient des boutons de luiquoise, de l'argcul, un billet de baniuc, des chilTons eulevés au carton d'une marchande.
Ces allégations misérables, ces soustractions qui ne furent pas prouvées, n'en servirent pas moins à constituer un ensemble défaits qui, prenant corps par leur mullijilicilé mém(î, devaient rendre une juslilicalion bien difficile, pour ne pa> dire impossible.
M"' Lafarge essaya d'abord de ne pas faire connaître l'histoire de lécrin cl de ne pas compromettre M"'" de Lùautaud, mais, sur le conseil de ses défenseurs, elle se décida à faire des révélations et écrivit môme une lettre à son ancienne .".mie pour la supplier de sacrilier l'intérêt de l'épouse à l'iulérèL d'une pauvre femme accusée de crimes horribles.
Nous trouvons encore le texte de cette lettre dans les Drainas judiriaires de M. A. Foufjuicr :
« Marie, que Dieu ne vous rende pas tout le mal que vous m'avez faill... Hélas! je vous sais bonne, mais vous êtes faible. Voas vous êtes dil que, cundanniée pom* un crime atroce, je pouvais subir une accusation infâme. Je me suis tue : j'ai remis à votre honneur le soin de mon honneur.
« Vous n'avez pas parlé ! Le jour de la justice csl arrivé! Marie! Au nom de votre conscience, de votre passé, sauvez-moi! Sans doute, il est mal de Iciidro la main à la reconnaissance; mais il est des positions qui ordonnent dans le cu'in- l'oubli, cl je ne sais pour quel front est la rouge. ir.
« Voudriez-vous avoir ma mort à vous reprocher?
LA KKI.i.K .MIKTTI.: ;;y9
« Oh! je ne survivrai i)as ù un doute. Je saurai mourir. .Mais, devaiil le |)riMri> ipii me (kMiera de mc'^ p(V'ht')s, devant mes amis, dovaiil h; Clii'ist, je dirai que je meurs votre virtiiiu^ i\nc, je suis iiinorciile, que je \cux la rélialtilitalion pour mou toiultoau, i)Our ma mémoire (jue je l»\i,'U(Tai au cuMir de mes amis.
« Quand je serai morte, Marie, on me i)laiiidra, on me vcnsj^era ; votre faiblesse sera un crime el un déshonneur...
»< Il n'y a qu'une chose à faire maintenant : il faut reconnaître par un billet signé de votre main, daté du mois de juin, que vous déclarez m'avoir confié vos diamant> en dépAt avec autorisation de les vendre si je le jugeais convena!)le. Cela arrêtera l'alïiiire. Vous expliquerez ainsi que vous l'entendiez voire conduite à votre mari, cl toutes vos lettres vous seront renvoyées, et le jiliis profond secret garantira votre honneur et votre repos,
« .Vdieul Gioyez-le bien, Marie, pour vous sauver, j'ai été martyre deux mois ; vous m'avez oubliée. Je pourrais vous donner m i vie ; mais ma réputation, le cœur de mes amis, l'honneur de mes sœurs... Jamais!... »
Ce fut M* Dac, un des défenseurs de M"'" Lafarge, qui remit celte lellre à M""* de Léautaud. Cette démarche échoua d'aiiieurs'" complètement, ainsi qu'une autre du même genre tentée par M" Lachaud, dont cette alTaire fui 1»^ biillant début.
M"' de Léautaud nia toujours obstinément avoir donné l'écrin, et déclara que toute l'intrigue avec M. Félix Clavé était une fable imaginée par M"'" Lafarge pour se tirer d'alTaire; tout au plus convenait-elle avoir échangé avec ce jeune Espagnol, sur les conseils de sa pernicieuse amie, quelques lettres romanesques; mais elle prétendait ne savoir même pas ce qu'était devenu M. Clavé depuis i83G.
Cependanl, au bruit que tirent ces débals, un M. Clavé, officier d'administration des hôpitaux militaires à Alger, se souvint qu'en 1839 il avait reçu, par erreur, une petite boite adressée à son homonyme; qu'ayant fait chercher le véritable destinataire il trouva M. Félix Clavé, alors en Algérie également, et lui remit la boîte.
Celui-ci aurait dit qu'il l'attendait, en elTet, et qu'elle lui était adiessée par la Wcomlesse de Léautaud.
Cette révélation était grave. Elle aurait pu {)rouver que M"" de Léautaud ne disait pas la vérité, mais le parcpiet ne voulut pas en tenir compte, el ne lit appeler en témoignage ni M. Félix Clavé, ni son liomonyme. M"* I^l'argc lesla "'VIS le poids de cette accusation.
Le point capital, pour le procès criminel, élail la constulation de la pré^eice de l'arsenic dans le corps du défunt.
Les premières expertises étant annulées, d'autres chimistes lun.'nt commis
COO LA IU:LLK MJt:TTK
pour faire de nouvclloï; aiialysos. lis s'y livraient peiulaiit (|iie M. Ta vocal i^éiiéral Decoiis proiionçail s(M1 nViuisiloirc.
Celle fois, les e\|>i'M-i('ncc< InriMit failc-^ d'aiirt-s la nuMIiodo iiiili(int'«' juir Orlîla ri à l'aide de l'appareil de Marsh.
Le 5 scplenilire, les médecins |irési>iilèreiU leur rajiport. Ils allinnaieiil n avoir pas trouvé une seale trace d'arsenic.
L'accusation n'al»andonn> pas la ])arlie.
M. Decous, d'abord un jumi iiiliM-dil, déclara qu'il y avait une si éiioriue contradiclion entre les deux expertises, qu'il fallait les considérer toutes drux connue nulles, cl il exigea une troisième analyse.
Les restes du mallieirenx Lafarge furent exhumés pour trouver de nouvelles matières à expérience, et, après une attente de deux jours, le 9 septembre, M. Diipuytren lit connaître ses conclusions; elles étaient également négatives, on ne trouvait d'arsenic nulle part.
Cette fois. M"' Lafarge put se croire sauvée; elle succombait sous le poids de son ém aion, cl ses défenseurs ne craignirent pas de montrer leur joie.
Ils se hâtaient trop de triompher; la cour ordonna qu'Orlila serait en personne mandé à Tulle et procéderait à une expertise définitive.
M' Paillel put dire avec raison :
— Si ces deux expertises avaient été défavorables à l'accusée, lui accordericz-vous le bénéfice d'une troisième?...
L'issue du procès était désormais entre les mains d'Orfila. On lui avait adjoint deux autres spécialistes, MM. Duvergie et Chevalier; il prit sur lui de n'amener avec lui que son préparateur ordinaire, M. Bussy.
C'était une irrégularité regrettable.
Il arriva le 13 à Tulle, et le lendemain tout était terminé; l'auditoire était suspendu aux lèvres de l'illustre chimiste, qui laissa tomber ces mots dune voix funèbre :
« Je démontrerai qu'il existe de l'arsenic dans le corps de Lafarge I »
Soumettant trois assiettes de porcelaine aux vapeurs de l'appareil de Marsh, il avait obtenu siir les deux premières des résultats complètement négatifs, et, sur la troisième, une quantité d'arsenic métallurgique déclarée par lui-même impondérable. 11 attribua l'erreur des experts qui l'avaient précédé aux difficultés de manipulation d'un appareil encore peu connu et au peu de matière sur lequel avait porté leur examen.
L'arrêt de M"" Lafarge était prononcé.
Le jour même où fut fait le rapport de M. Orfila, les cheveux de l'infortunée blanchirent en partie. Des crises violentes bouleversèrent ses traits, altérèrent définitivement sa santé déjà si éprouvée.
L'accusation n'eut aucune pitié pour celte pauvre femme pâ'e, amaigrie,
Klle cjuiprit, et, se lev.iiil [mt un in..iiviiiii>nt fL'brilo. (P. COô.)
LIV. 76. — THÉODOnP HENRY — LA lELI.li MIKTTE. — tD. J. BOUFFKTC'". LIV. TC
LA niAJ.E MlKTTi: 603
les liMii- cuinu M- . >{ar l'on élait obligé d'apporter à raiulioiice dans un fuuteuil.
M. Decoiis s'écria, au nom de la sociélé : <
« Il y a un empoisonnement, el renipoisonneiise est ici, sur ce hanc, (levant vou'^I... Oui, Marie Cajipelle, c'est vous qui avez empoisonné votre mari; ("est vous qui, pendant quinze jours, l'avez nourri de poison ; c'est vous qui avez acheté le poison, beaucoup de poison I
« Si vous n'êtes pas coupable, il ne suffit pas de nous dire que vous avez la conviction de votre innocence, montrez-nous celui qui a substitué ce gâteau et sa boîte aux gâleaux qu'un vous a apportés; montrez-nous l'emploi des énormes quanlilés d'arsenic achelé^s par vous ! »
L'avocat général conclut de la manière suivante, en s'adressant au jury !
« L'accusation, comme elle s'est présentée à moi, n'était pas seulement une question de criminalité : c'était une question d'égalité devant la loi.
« Voulez-Yousqu'elle soit égale pour tous, la justice?... Voulez-vous qu'on ait partout cette conviction que la justice est un niveau qui pèse également sur toutes les têlcs, ou voulez-vous qu'on dise que le jury s'est montré faible et lâche contre une femme comme celle-ci, et se relève fort et courageux quand il s'agit (l'.méantir un être faible!...
« C'est à vous de choisir.
(( Mais, je le déclare, je ne veux ni pour vous ni pour moi d'une semliluble solidarité ; nous ne pouvons en avoir ensemble une que pour la justice et l'honneur : c'est la seule que j'accepte; c'est la seule, je n'en doute pa-^, que vois accepterez aussi. »
La défense releva, comme il le méritait, ce langage que l'on croirait incroyable s'il n'était pas le langage courant de cette magistrature que l'on appelle debout el qui, composée généralement d'anciens avocats sans cause, sans talent, sans scrupules, est au service de tous les préjugés, de tous les gouvernements, de toutes les erreurs.
M* Paillet répondit à M. Decous :
« M°" Lafarge rencontre dans cette enceinte le reproche de se prévcnter protéi'ée par des inlluences étrangères qu'on n'a pas même signalées. Etranges [)réoccupations du ministère public! Étranges démentis donnés à l'évidence et à la notoriété des faits !
« Qui ne le sait au contraire?... T mdis que M°* Lafarge gémissait dans le -lience, quelle activité déployée contre elle au dehors!... Que de mauvaises [la sions soulevées contre elle!... Que de faits mensongers, calomnieux, rouianes(jues. parcourant la France d'un bout à l'autre avec la rapidité de l'éc'air, accueillis, commentés par la légèreté ou la malveillance!
C04 I \ i;i i.i.i; \iii: i ri:
« Que il'oiilra i,'i'N pi-diliuMics à une fi'imin' iMpli\i', <>iiilTi.iiilr, ijui ne poiivail se .leÙNuliv :
■ llrla>! mt>ssi(Miis, |H)iiiv|iiiti faiil-il que la justice elle-même, donl les l'ii'mes i^ravivs el iiol»les sotil loiil à l:i l'ois imlre séi-nrité et iiolce admiralitm, se soil t'.-artée ilaiis cetlo occiiireiioc; tlo ses liaditions CMii^laiites. comme pour iloniier à la prevenli m un aliment noiivt\iu?.. .
« Vous |iarle/, irmllieiices 1 c'est moi (|iii vous en ie|Moche, c'esl moi qui les dénonce à tons 1rs esjirits justes et impaitiaiivl
« Vous avez eu la iirt''venlion... la pi-éveiilion. l'eimemi le plus daui;crc:ix de la justice cl de la vérité! La prévention ipuî l'un de nos plusi;rands niai;istrals, procureur général aussi, d'A.Ljuesseau, appelait l'eii-eurde la vertu, /^ crimrdes f/i ns (/(' hioi.
« Puis il ajoutait, écoulez :
« Klie exempt de toute acception de personnes, c'est une vertu plus rare <pron ne le pense, mais ce n'est pas encore assez pour le mai^islrat.
'< D'A.L-uesseau, avait-il donc deviné le procès Lafarge? »
M° Paillet trouva des accents éioi]uents qui renuièrenl la salle entière, lis eurent un écho énorme en Europe, mais n'ébranlèrent pas un jury composé de izens ostensiblement hostiles à l'accusée.
A l'issue de l'audience, reportée à demi mourante dans sa chambre, M"" Lafarge écrivit à son défenseur ces deux lignes :
« Mon noble sauveur, je vous envoie ce que j"ai de plus précieux au monde, la croix d'honneur de mon père. »
Tout est fini. Le président demande au ministère public et aux défenseurs s'ils n'ont rien à ajouter. Sur leurs réponses négatives, il fait la même question à l'accusée.
M"" Lafarge, se levant avec peine de son fauteuil, répond d'une voix faible :
— Monsieur le président, je suis innocente, je vous le jure.
M. le président. — Je n'ai pas ^ntendu.
M^ Bac. — L'accusée a dit : Je suis innocente, je vous le jure I (Mouvement. Des larmes s'échappent des yeux d'un grand nombre d'assistants.)
M. le préside7it résume les débats. 11 rappelle ensuite aux jurés les dispositions légales, remet à leur chef la question à résoudre qui est ainsi conçue :
« Marie Cappelle, veuve du sieur Pouch-Lafarge, est-elle coupable d'avoir, en décembre et janvier dernier, donné la mort à son mari à l'aide de substances susceptibles de donner la mort, et qui l'ont donnée, en «ilîet? »
On emporte l'accusée. La cour se relire et le jury entre dans la salle des
délibérations. Aprôs une lieuro, il en son. Un silence de mort règne dans la salle. Le rlirf du jury l'ait la dt-i'laralinn suivanlt' :
« Oui, à la majorité, racciisée est coupal)le. » (Momemcnt gém-ral dans Tauditoire, exclamations dans la trihune des dames.)
« Oui, à la majoritc'', il y a dos circonstances atténuantes en faveur de l'accusée. »
La foule immense qui est entassée dans le prétoire reste morne et silencieuse.
Le président ordonne d'introduire l'accusée.
M" Paillet, le visage inondé de sueur et la voix éteinte, vient annoncer que l'état de M"° Lafarge rend sa présence impossible.
La cour ordonne que la sommation par huissier soit faite conformément à la loi de septembre et prononce un arrêt qui condamne Marie Cappelle, veuve Lafarge. aux travaux forcés à perpétuité et à F exposition sur la place publique de Tulle.
Il fallut faire connaître à Marie Cappelle le verdict et l'arrêt.
M' Lachaud quitta l'audience chargé de cette mission pénible. 11 entra dans la cellule de Marie Cappelle, lui tendit la main sans parler et, d'après M. ,\. Fouquier, attacha sur elle un de ces longs regards pleins dune immense pitié, qui disent ce que ne sauraient dire des paroles.
Elle comprit, et, se levant par un mouvement fébrile :
« Je veux aller à l'audience, s'écria-t-elle, je veux crier encore une fois mon innocence, jeter mon mépris à ces hommes prévenus qu'on a elTrayés. Je suis forte, je descendrai. »
Mais cet eiïort violent avait usé ses forces, elle retomba épuisée et perdit connaissance.
.\u dernier moment, M"* Lafarge et la défense avaient fait appeler Haspail, pour combattre le rapport présumé défavorable d'Orfila; Raspail arriva trop tard. L'arrêt était rendu.
Il voulut, du moins, se rendre compte de la manière dont les expériences avaient été faites ;il obtint de voir les assiettes préparées par Orfda, et déclara que la quantité d'aisenic retrouvé ne pouvait être évaluée à plus d'un centième de milligramme ; il se faisait fort, disait-il, d'en trouver le double dans n'importe quoi, dans les pieds du fauteuil du président des assises.
11 demanda à contrôler les réactifs dont s'était servi Orfila et que le célèbre chimiste avait apportés de Paris. Une préparation défectueuse pouvait, en effet, y avoir introduit cette minime quantité d'arsenic; on lui refusa ce contrôle.
Sans entrer dans la ijulémiijuc Miutenue à ce sujet par lîaspail, dont on ne peut suspecter la science et riionnéieté, reconnaissons que la justice, qui faisait
6(h; la ini.i.K .Mii:rrK
r uiilamiicr l'ai-custr, a|ir-'^ taiil (IVAiKTieiiccs coaliailicloircs, sur une ('Valiialiun aiiss: faillie tic poison, ii'aurail riiMi liil retusiM'à la di^fcnso.
Rien pln.^, les lémoiirnaires de loulc la laiiiillc l.afarLV ft de tons K's ^nis du (i'uiidicr avaient cU^ a'HMbiants |i(tiii- l'aco isoo ; la cour ne jn-iiuil j)! ; île les suspecter.
Kllc ne voulut rei^'Hrder ni dans les alTaires cniliairassèos do Lafargc, ni dans \q< expédients indtMicals niiscn anivre par lui junirsc procurer de l'ar^jenl, ni s'enquérir de ee qu'étaient devenus les 2.'). 000 franes que lui avait versés le notaire il' Soissons, celui de la famille Caïqielle, el (jui avaient disparu.
Denis Barhier, le commis de ctmliance, était une physiouoniie excessivcniint louche: ses voyages clandestins divtTs propos qui lui étaient écliap[)és, son acharnement contre M"" Lafarge, dès qu'elle fut sous la main du |)anpiel. pouvaient prêter aux soupçons; sa déposition fut empreinte d'aniinosilé jileine de fiel.
La défense ayant voulu le faire revenir à la barre pour expliquer certains faits, il avait disparu; on ne put le retrouver.
Dans aucune autre cause, peut-être, la justice n'a montré autant de passion pour prouver le crime el autant de négligence ou d'hostilité pour ce qui pouvait atténuer ou détruire l'accusation.
11 n'y a donc pas lieu de s'étonner des sympathies qui restèrent acquises à M"" Lafarge, même après sa condamnation.
Malgré ce qu'il y avait d'inexpliqué dans son affaire, elle paraissait plus estimable que ce mari besogneux et indélicat, cette famille cupide qui décachetait les testaments, prolitait du trouble pour mettre la main dans le sac, et, à l'audience même, poussait l'audace jusqu'à laisser voir qu'elle n'attendait que la condamnation pour palper les restes de la fortune de l'accusée.
Encore aujourd'hui, et malgré tout le respect que l'on doit à la chose jugée, il e-t permis de dire que les magistrats de la cour de Tulle ont employé, pour arriver au résultat désiré, phis de violence et plus de ténacité qu'il n'en aurait fallu pour perdre dix innocents.