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— l'oiii'ijiioi ou recevi'/.-voiis autant? V.'.'.e le roiiartla.
— K l-ce ma fauli* si on a encor»* dr la syinpaîhi»; po.ir moi?
— F.t surtout pourquoi ('•rivez-vous sans cesse?
— - Cela nu' serait-il (iiMcmlu?
— Non, mais l'abus... l'.l puis ces protestations d'innoceace, cc<î appc's (Itml vous remplissez votre foiit^sjxindattf ■..
— .\h! vous lisez...
— Jt^ les vois dans les journaux (pii reproduisent souvent... Po.inpioi «tkontf^z-vous p;.s mon conseii ?
— h' sais...
I — Faites-vous oublier...
Oui, l'oubli...
; — C'est aus^i l'opinion de notre préfet, M. Iiouleanx-D ;gage, qui vous porte un vif inlrrèl : « Faites la morte, vous disait-il l'autre jour, vous ne revivrez qu'à cette condition. »
— Je ne revivrai jamais !
— ^'ous êtes jeune... Vos prolecleurs finiront par obtenir une commutatio;i de peine...
— Par moments j'espère comme vous... Mais aujourd'hui, je ne sais poar^iuoi, mes pressentiments...
— II faut avoir cependant de la force, du courage...
— Viendriez-vous m'annoacer une chose qui exigerait...?
— Un peu de résignation, voilà tout. Les ordres que j'ai reçus ne sont probablement pas irrévocables, mais il faut provis ùremenl s'y conformer...
— El on demande?...
— Que vous vous écartiez moins du règlement de la maison.
— Mais je ne m'en écarte pas... Je ne fais rien sans votre autorisation...
— Jusqu'ici j'avais cru pouvoir accorder quelques adoucissements... On r; ' retire le droit...
— Oh! mes ennemis... mes ennemis... Rie:i ne les lassera!
— Ne croyez pas à un système de persécution dont vous seriez victime.
— Quoi que vous disiez, ils sont implacables.
— Les instructions nouvelles qui viennent d'arriver ne sont causées que parles réclamations de la presse, réclamations qui n'ont pas dû vo 's échapper et que vous avez pu lire jusqu'ici.
— €nfm. que me veut-on?
— Je suis obligé de retirer de cette cellule tout ce qui est luxe...
— Mais il n'y a rien...
— Les glaces, le fauteuil...
LA BKl.Ll- Mll-TTH
— Enlevez tout ce qu'il vous phiira... Oiie m'iiiiporle!
— Ce n'est p;is tout...
— Quoi enoore?
— Il va un costume...
Elle devint toute pâle.
— La livrt^e de l'infamie I
— Si la peine qi:e vous subissez est injuste, ce sera la livi-i'i' r : malheur!
La malheureuse avait l'air égarée.
— Jamai? !
— Dans quelle situation pénible vous me mettez !
— Ce n'est pas possibFe... on ne peut pas cs.iger... -- On exige...
— Pourquoi alors m'a-t-on fait grâce de la vie? L'échafaud est un supplice qui dure peu...
— Du courage !
Elle répéta avec énergie :
— Non, jamais !
Elle tordait ses mains en proie au plus violent désespoir. Le directeur se détourna pour cacher son émotion : Marie Cappeilc lomha à ses genoux...
— Je vous en supplie, épargnez-moi cette honte. Tout... tout... mais pas cela... Je n'écrirai plus... Je serai ingrate vis-à-vis de ceux qui m'aiment, et resterai indifférente à leurs preuves d'affection. Je leur dirai même, si vous le désirez, qu'ils se sont trompés en croyant que je suis digne de leur pitié... Je m'accuserai d'être la plus indigne et la plus misérable des créatures, mais faites qu'ils ne me voient pas dans le costume du déshonneur!...
M. Chapput ne savait que répoiidre et ne savait que faire. Il releva M"^ Lafargc et lui dit :
— Je vous croyais pins courageuse.
— C'est qu'à force de lutter on iinit par être liri-ée, vaincue... Quand la ■entence qui m'a frappée est drvenne irrévocable, quand la ruur de cas-atini a déclaré que mes juges n'avaient ni haine, ni colère contre moi, je me >uipromis de désarmer par !a résiijnalion mes bourreaux eux-inr-mes.
— Vos bourreaux, dont je fais partie...
— Je sais faire la différence entre un honnête homme, alîoi#'rii\ i i accomplit son devoir, et ceux qui me poursuivent sans trêve ni repos.
C'est contre eux que je me révolte à la lin... (,)uils me luent. i;ku< ils ne m'auront nas vivante !...