SI
Je les ai souvent comparés à ces beaux fruits sans saveur, venus en serre chaude ; couleur et beauté, apparences brillantes, mais saveur nulle. Pourquoi les influences atmosphériques leur ont manqué ; tel abricotier en plein vent, livré aux alternatives de la neige, de la pluie et du soleil, produit un fruit cent fois préférable à cette chair fade, mais si riche de ton, des ananas sous cloche, en nos jardins européens. Passez-moi la comparaison.
Jusqu'ici le duc de Candore et Bouquetin réalisent mes prévisions.
Les malheureux! [je leur ai mis dans
la main cette miraculeuse puissance de l'argent qui peut tout.
Entre le bien et le mal ils sont libres.
Uegardez-les , monsieur liernin, et dites-moi si vos opinions d'optimiste ne sont pas de vertueuses erreurs?
Ne m'avez-vous pas' parlé cent fois de ce sentiment de dignité qui vit toujours, et malgré tout au fond du cœur, chez la classe élevées par la naissance? Ne m'avez-vouB pas soutenu cent fois que dans la classe moyenne il y a plus de bon vouloir, de sens, de dislinciiou même que je ne pensais? Voyez donc! Tour
SYI.V. T. II. \;j
premier usage de sa fortune, le duc commence par la violence et le rapt.
.Vu début d'une existence aisée, Bouquetin devient le compère de M. de Candore, fait un pacte avec lui et le sert comme un valet dans une intrigue de corruption.
Vin voulez-vous la preuve? M. Trapillon en repartant pour Paris, en renonçant à l'acquisition de Sylvanie pour rOpéra, n'a-t-il pas jeté à la face de Bouquetin ces insultantes, mais véridiques paroles? « Depuis que le duc est » redevenu millionnaire, vous vous êtes