‹ La belle moissonneuse (volume 3)Chapitre 6 sur 8 · IX. Pendant l'Orage · texte numérisé non relu

IX. Pendant l'Orage

Imp. de Muiszi::!. aiué, a Sceaux (Selut),

LEiïHKS suu (»<:ini»i:.

ht tuiK ce que (lu Mnt l.i iii;ilif;iic riiroiir

l' il jamais voir au joiiri't de lioulu cl tl liurrcui'.

l'iniiim'iiitMil , il lallait tiTpiimeriiui'c'f.sldaiislaiiR^me «isoiiue tiuDii liDuve cis iiuMts il cos maris; cai- il n'y a {K»ial ^lo iiuuia;^»' ijui uo |)imiIuisi' de loiil cela. Lu sieoiid lit'u, un ne passnail puiiil aujourd'liui à (J^di|)o de lairo nues! eurii'use ivctieiciio des cirroiistances de son criiiie , et d'en combiner aiu.si louUs les liorreiiis; tant d'exactitude à conipler tous ses litres iiiceslueiix , loin d'ajdulei à !'alrocile dt: l'uclion , .semble |ilulol l'ariaiblir. ^Lva deux vers de l^oiiieille disent beaucoup plus ;

• Ce sont eux qui lu'unl fait l'assassin de mon pire. 0(7 sont eux (lui lu'uut fait le mari de ma mère.

Il.es vers de Sopliode sont d'iui déclamaleur, et ceux de oriieille sont d'un poêle.

Vous voyez que, dans la critii|ue de VOEdipe de Soplio

Ole, je ne me suis attache à relever que les délauls qui sont

de tous les temps et de tous les lieux : les eonlrad-clious,

le* absurdités , les values déclamations , sout des iaules par

tout pays.

Je ne suis point étounéquc, malgré tant d'imperfections,

Imile ail surpris l'admiralion do sou siècle : l'iiarniouie

\ (I ^ cl le pathétique qui règne dans son style ont pu

\theuiens , qui, avec tout leur esprit et toute

-0, ne pouvaient avoir une juste idée delaper-

/ u arl qui étailcncore dans son enfance,

' touchait au temps où la tragédie fut inventée ■

oulemporain de Sophocle, était le premier qui

'■ de mettre plusieurs personnages sur la scène.

lies aussi touchés de l'ébauche la plus grossière

ornières découvertes d'un art, que des beautés

' levées lorsque la perfection uous eu est nue fois

iisi Sophocle et Euripide, tout imparfaits qu'ils

I , utiint réussi chez les Athéniens que Corneille et

-. t I mi nous. Nous devons nous-mêmes, en blâmant

iicii^odîesdes Grecs, respecter le génie de leurs auteurs :

I s iaules sont siirle compte de leur siècle, leurs beautés

ipparliennent qu'à eux; et il est à croire que, s'ils étaient

s de nos jours , ils auraient perfectionné l'art qu'ils ont

[•éstjue inventé de leur temps.

Il est vrai qu'ils sont bien déchus de celte haute estime ù ils étaient autrefois : leurs ouvrages sont aujourd'hui ou fgonrés ou méprisés , mais je crois que cet oubli ou ce nié- '^8 sont au^ombre des injustices dont on peut accuser notre siècle. Leurs ouvrages méritent d'être lus, sans doute; 'et, s'ils sont trop défectueux pour qu'on les approuve, ils sont trop pleins de beautés pour qu'on les méprise entièrement.

■*- Euripide surtout, qui me parait si supérieur à Sophocle, , et qui serait le plus grand des poètes , s'il était né dans un temps plus éclairé, a laissé des ouvrages qui décèlent un ' génie parfait, malgré les imperfections de ses tragédies. Eh! quelle idée ne doit-on pas avoir d'un poêle qui a prêté des sentiments à Racine même? les endroits que ce grand homme a traduits d'Euripide, dans sou inimitable rôle do Phèdre, ne sont pas les moins beaux de sou ouvrage :

Dieux , que ne suis-je assise à l'ombre des forêts ! Quand poiirrai-je , au travers d'une noble poussière. Suivre de l'œil un char fuyant dans la carrière? ... . Insensée , où suis-je? et qu'ai-je dit? Oii laissc-je égarer mes vœux et mon esprit? Je l'ai perdu, les dieux m'en ont ravi lusage. Œnone , la rougeur me couvre le visage ;

Jû^e laisse li-op voir mes lionleu«es doul' hl mes yeux, malgré moi, se remplissrn

. l'IlÈUHU. I '

l'reN(|ne toute celte scène est traduite d'Euripide. Il ne faut pas ceiiendant que le par celte traduellon, s'imagine que la p, soit un bon ouvrage : voil:'i le .seul bel e die , et même le seul raisonnable ; car c cine ait imité. Et comme on no s'avisi ver Vlliiipohjte do Sénè(iue, quoique Kacine cet auteur toute la déclaration de Phèdre, aussi pas admirer Vllippohjlc d'Euripide pour trenl' r;;nle vers qui se sont trouvés digues d'être i. plus grand de nos pnëles.

Molière prenait quelquefois des scènes entières rano de Beigerac , et disait pour son excuse : « Ç,^ » est bonne; elle m'appartient de droit : je^ » bien partout où je le trouve.

Racine pouvait à peu près en dire autant d'Euiri*

Pour moi, après avoir dit bien du mal de Sophocle, suis obligé de vous en dire tout le bien que j'en sais : différent eu cela des méilisanis , qui conmienccnl toujours par louer un honune , et qui finissent par le rendre ridicule.

J'avoue que peut-être sans Sophocle je ne serais jamais venu à bout de mou OJ'Jc/ipe; je ne l'aurais même jamais entrepris. Je traduisis ti'alwrd la première scène de mon quatrième acte : celle du grand-prêtre qui accuse le roi est entièrement de lui; la scène des deux vieillards lui appar tient encore. Je voudrais lui avoir d'autres obligations, je. les avouerais avec la même bonne foi. 11 est vrai que.j comme je lui dois des beautés, je lui dois aussi des fautes ^~ et j'en parlerai dans l'examen de ma pièce , où j'espèr vous rendre compte des miennes,

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