FÉDÉRATION : 161-166. — M™» DE FONTENAY
DÉFRAYE lA Chronique scandaleuse ET I.E Journal de la Cour et de la Ville : 166-17 1. —
I^A CHUTE DES PREMIERS RÉVOI.UTIONNAIRE3 AMISDU MÉNAGE FONTENAY : I7I-I77.
Paris,
Iv'an 1789-1790 ne peut être"; franchi pour passer à 1791 sans un arrêt sur un détail qui n'eut pas alors beaucoup d'importance, mais auquel, plus tard, la x^rincesse de Chimay crut devoir donner tme amplitude excessive pour excuser ses faiblesses démocratiques. Nous voulons parler du portrait qui aurait été fait d'elle par M"" Vîgé- IvC Brun^ et surtout. jies contes . ^<$^j^...in],agina
poiir donner une apparence d'idylle à sa liaison avec Tallien, : particulièrement à propos de ce portrait.
Devenue Caranian-Chimay par alliance, l'ex- M°^e Ouvrard illégitime oublia qu'elle avait été M°*e Barras de la main gauche, et regretta d'avoir eu Tallien pour mari.
lyC régicide issu des communs du marquis de Bercy ne faisait pas honneur à la princesse belge.
Bile commença par le condamner en disant que, dans un naufrage (le naufrage de la bonne société pendant la Révolution), on s'accxoche à n'importe quelle « planche de salut ».
Mais, obligée plus tard de constater que ce désaveu n'enlevait point l'ample tache de sang répandue stu: son existence par l'organisateur des massacres de Septembre, elle s'efforça de créer une légende sur ses rapports avec Tallien.
« M™« Tallien contait qu'elle avait vu trois « fois Tallien avant la rencontre de Bordeaux :
< une fois chez M"^^ Le Brun, une fois chez Alexan-
< dre lyameth, et une fois à la Convention. »
« Ainsi n'était-ce pas pour elle un étranger, « cet homme qui la sauva pour elle et pour lui.» (i)
Résumons la suite du récit pour l'abréger, puisque ce n'est qu'une fable :
(i) Notre dafAtr.d^TJurmidor, p. 43,j
prçiîUcr çnfçvnt, ne pe^t §^ faji^e peiî|drp ^illeur§ que chez la « -peintresse » la plus renommée de ]^ cour, M^"° Yigé-îye "Bjv^]].
Quelle bonne {pi:tj;ne pptif ce^te pélè}:|f e ^tiste | >J{ii^, feéUs I le niodèle cïs-f ^fop beau. Apelle, désespérant de le portraire, en |:)risçrait §es pinceaux j ^™« Vigé-IyÇ prun ne parvient pas à ren- (jre une perfection s\ divine, ^'image tf op faible s'éternise en vai;i svlt son clieyalet ! Lasse d'jnterniinables séances, fliérésia va. renoi^çer à léguer ses traits à la postérité I
Lors, M. de ppntenay dem^nçlç W^ consultation aux plus gens de goût et, sitôt, la cour et la ville d'affluer dans l'atelier célèbre pour critiquer V « ouyirage ».
Kivarpl est là. Il disctite, pa^ fl^vant 1^^* I/O r.run et le n^épage Fon^enay, sur le goûf de ra|itique, sur les courses de taureaiix... (??)
M™*^ de Fontenay glisse son ç^ot : « p |^ut s'imbituet clans la vie ^ prendfe la bê|:e par les cornes. >> Ce malencontreux aphorisn;e pourrait faire grimacer le mari de la belle Thérésia, car « il en tient »-
Hais tout cela n'^st que liprs-4' œuvre, et ^ivarol ne parle qu'afin d'ameper Tajlien au sujet de^ publications qu'il prépare chez l'imprimeiur-éditeur Panckoucke,
^Tallien est alors employé dan? cette imprinierie. S^ou patron l'a envoyé porter des épreuves à 3^ivarol ; mais il n'a pa? trouvé le parn.phlétaire à son domicile, et la doinestioi|e dç l'éçrivairi dépQclie le jeune homn^e à sa pqurstfite chez lime Vig$-lve Brun.
Ivà, point çje yalet pour recevoir le correcteur (!) Il péîictre seul (I) ; il salue tout le monde (1) ; personne ne lui rend sa révérence, sauf M^! Ive Brun qi4 îui §pxirit, p^rce fip'il est beau (!) •:
Le jeune T^llien, ayep u|ie ai§a|^ce de gefitilliomme, explique à Rivarol qu'on n'a p|i dé^ chiffrer son écriture. Iy'écrivai|i, pjqué, rippstç par une épigrajnîne ; lixais le petit TalUen, plus spirituel que Jliyarpl, lui répond « djj tac atj. tac » et le réduit « t? qtija ^ devant la bril}a|it^ asqistancç ébahie (!!!)
On croit rêyet en lisant de pareilles choses, -^lais ce n'est pas tout. TalUen, toujours présent, ime discussion s'est élevée entre les invités de M. de Fontenay, gens de robe,de plume et d'épée, qui ne peuvent s'entendre sur les imperfections de l'image de M™« de I^'ontenay. Mî"^ Vigé-I^ }3fun appelle le jeune ço^tiraissiounaire de Panekouckc et l'interroge: << Monsieur (!!!), on vien^ « de me dire tant dp sottises sur ce portrait, ♦ que je ne sais i)lus, en vérité, si j'^i travaillé
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< comme une artiste ou comme un peintre d'enseignes.» (i) (!!!)
Et Tallien répond avec un royal sang-froid t « Je vais vous le dire, Madamo. »
Tout le monde écoute, dans tm respectueux silence. Le commissionnaire examine la toile et le modèle. M™« de Fontenay tressaille. . L'œil de Tallien l'émeut profondément. Tous ceux qui Tentourent lui paraissent aussitôt petits à côté de ce beau jeune homme-là... Bnfîn, l'oracle prononce, et M ^« Le Brun s'incline, pendant que le modèle demande au beau juge s'il a pris des leçons de peinture dans l'atelier de Vélasquez, qu'il vient de citer(!!!!).; "•*
Telle est, d'après les "filles de la princesse de Chimay, répétant les contes de leur mère, la première entrevue de Tallien et de la belle Thérésia !
Il serait superflu de commenter un tel récit. On ne peut que le ponctuer d'une multitude de points d'exclamation (2).
La seconde rencontre de Tallien et de M"^^ de
(i) Notre dame de Thermidor, page 51. ■ ' .
{2) Dans ses Souvenirs, publiés en trois volumes, M"« Vigé-Le Brun donne la liste de tous les portraits qu'elle a exécutés, tant en France qu'à l'étranger. Celui de Thérésia n'y figure sous aucun de ses divers noms. C'est presque étrange car la célèbre portraitiste de la cour de Ivouis XVI cita le nom de M^^^ Tallien à propos d'une fête qui lui fut offerte, «t où elle remarqua la femme du terroriste. Il est vrai qu'elle
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