LA BEI<I.E TAXI^EEN I7I
leur discourtoisie que par la divulgation plus ou moins exacte des galanteries dont on l'accuse.
D'ailleurs, ces censures scandaleuses ne modifient en rien sa conduite. Longtemps après, on la retrouve à Bordeaux, avant son aventure avec Tallien, entourée d'un petit essaim d'admirateurs, et ne dissimulant en aucune façon les libertés qu'elle prend avec eux au mépris du « qu'en dirat-on ». ' ■ ■ '
Par sa situation et par ses relations, au moment où nous sommes, elle est déjà saisie, sans qu'elle s'en doute, dans l'engrenage des événements qui vont bouleverser la société française de 179 1 à 1806. Dès l'an I de l'ère prochaine, elle sera en plein tourbillon révolutionnaire et n'en sortira plus qu'épave.
Actuellement, elle s'approche, à demi inconsciente , du torrent politique dont le chevalier de Fontenay a mieux compris les dangers, puisqu'il a su s'y soustraire.
Elle assiste à la ruine monarchique, à l'effondrement temporaire du monde aristocratique, dans lequel, tout d'abord, elle a tant désiré entrer.
Félix Le Pelletier de Saint-Fargeau, qui fut ardent royaliste et devint un violent révolutionnaire ; les frères de Lameth, Condor cet et nombre d'autres, qui se jettent follement dans la Révolution^ ?^5Ë ..4?Xf?iÊf ^^'^y?. fes en^lou$|ra, lui
172 TA nFvI.T.:^ TAtTJIÎîT
font Tambiance d'idées générales qui remplit dans sa petite tôte, dans son cerveau de faible en-» vergure, tout ce que l'esprit d'intrigue amoureuse et l'obseôsion de la vanité n'absorbent pas.
Deux mois après les attaques des journaux dont elle a été victime, et auxquelles déjà elle ne pense plus, ,1a fuite de la famille royale et son arrestation à Varennes Té meuvent bien moins qu'elles ne troublent le ci-devant marquis de Fontenay.
Elle ignore que les trois quarts des hôtels sel» gneuriaux du faubourg Saint -Germain, désormais abandonnés par leurs maîtres, sont à louer ou à vendre ; elle ne va jamais là.
Mais elle joue — comme tout le monde — ► car la passion du jeu ne diminue pas, et Barnave l'occupe vivement pendant vingt - quatre heures parce qu'il vient de perdre 30.000 livres en une nuit.
ly' agrément de ses réceptions à Fontenay-aux^ Roses lui fait passer assez gaiement la belle saison, ly'horizon lui paraît encore très brillant à la fin de l'été, lorsque le Roi accepte la Constitution et que l'Assemblée constituante, dissoute, fait place à l'Assemblée législative.
Mais les élections d'automne, dans lesquelles prédomine l'influence des Jacobins, ont une allure
inquiétante que son cénacle ne lui laisse pas ignorer.
Enfin en novembre, elle commence à soupçonner l'orage au moment du décret sur les prô* très non asseimentés et sur les émigrés. Elle ne» X^eut plus se dissimuler la haine des classes populaires pour tout ce qui fut au-dessus d'elles et se désagrège, en même temps que des menaces de guerre grondent à l'étranger.
Une autre femme se retournerait alors vers son mari. Thérésia n'a plus cette ressource. Devin de Fontenay, vivant chez lui, cliez elle, avec la fille de boutique dont il a fait sa compagne, a dressj ainsi la murailk qui le sépare de sa femme, et, d'autre part, Thérésia elle-même a creusé entre eux un fossé profond par les intrigues scandaleuses qu'elle s'est permises.
Pour mieux assurer sa liberté, elle s'est bien gardée de s'opposer à l'introduction de la concubine qui déshonore sa maison. Sur l'inconvenance grossière de cette cohabitation, elle a ajouté l'incon venant étalage de ses propres infidélités conjugales. I^t, * maison » Fontenay, transformée en hôtellerie, n'a que la fallacieuse apparence d'un « foyer ».
Après les premiers mois, peu agités pour elle, de 1792, les événements vont d'ailleurs se précipiter et s'aggraver de telle manière, qu'elle ne saura prendre un parti sensé.
A la fin de mars, la chute du ministère Feuillant et 30a remplacemeirt par vm minigtèrq. Girondin