I.A BEtl^E TAI,I,IÊÎT
4 potîn » de la localité. M^^e Théodore Cabarrus l'apprend aGsurément avant que les amants, dans l'ivresse de leurs premiers jours de passion, aient songé à cacher « l'ardeur qui les dévore ».
Dès lors, la rupture avec la famille est immédiate, com.plète, définitive.
Théodore Cabarrus ne doit pas aller la signifier V. sa sœur auprès de son amant. S'il en avait le dessein, sa femme l'en détournerait. « On ne peut plus avoir aucun contact avec cette misérable (;ui déshonore la famille. »
William Eidos, le domestique, portera une lettre « écrasante » à son indigne m.aîtresse. Il lui portera, en outre, ses malles, tout ce qui lui appartient il Bordeaux..., même le jeune Antoine Fontenay, probablement laissé aux bons soins de sa tante.
Quel affront pour la vanité de l'ex-marquise !.., et quel embarras !
Avant de quitter Paris, le ménage Fontenay clut réaliser d'assez fortes sommes. L'ex-marquis eu a forcément abandonne une partie à Thérésia, au moment de leur séx)aration. Elle n'est donc X)as sans ressources.
Si cette hypothèse est inexacte, en tout cas, \2 jeune de Lamothe ne manquera pas d'aider ton adorable amante. Il ne négligera rien pour r.'-oucir l'impression si pénible de la juste réprobation dont elle est frax)pée.
Maife i)eut-îl empêcher M'"" Théodore Cabarrus de honnir sa maîtresse ? Peut-il empCcher les pro- 1)03 accablants qu'elle tient d'arriver jusqu'à la coupable ?
Le scandale Thérésia-Ivamothe, par la notoriété du jeune homme et des Cabarrus à Bordeaux, est un scandale énorme. Rien ne l'atténuerait. ]yjnié Cabarrus n'a plus qu'à se désolidariser de sa belle-sœur et l'accabler de fort outrageantes censures auprès de totis ceux qu'elle connaît... et qui sont trop heureux de lui en parler.
L'accumulation des traits empoisonnés que reçoivent ainsi, chacune à leur manière, les deux belles-sœurs, ne laisse pas que de créer entre elles une belle haine, qui ronge Thérésia d'autant plus cruellement que tous les torts sont de son côté et qu'elle est impuissante.
Lorsque le jeune de Lamothe, au courant d'août ©u au commencement de septembre, est obligé de se réfugier dans les armées qui combattent aux frontières, lorsque la ci-devant marquise reste çeule à Bordeaux, sa situation est moralement très pénible.
Si la citoyenne Boyer-Fonfrède lui a témoigné nrl peu de sympathie, si elle ne l'a pas méprisée comme tant d'autres femmes de Bordeaux, jalouses de sa beauté, jalouses de ses joies amoureuses, désormais terminées^ Thérésia doit natu-
relîement s'employer avec ardeur à lui prouver qu'elle ne mérite pas, parce qu'elle est bonne et serviable, l'excès de réprobation dont elle est victime.
Bile s'emploie donc à faire lever les scellés posés sur les appartements de la citoyenne Boyet» Fonfrède.
Nous voyons là le point de départ, le germe des applications de bienfaisance Qu'elle saura bientôt faire sonner si haut, par manière de revanche, et qui, continuées, par l'entraînem^ent des circonstances jusqu'après Thermidor, lui feront la réputation de bonté trop exaltée par lyàmartine et Arsène Koussaye, d'après les dithytam-bes « obligatoires » (i) d'un certain nombre de ses obligés.
Cette reconstitution rationnelle explique en outre un peu et excuse, mais dans une très faible inesure, le rapprochement de Thérésia et de Tallien. Bile donne la clef du singulier changement d'état civil de la belle divorcée, qui reprend sou nom de Cabarrus dès qu'elle est concubine affichée du proconsul terroriste,et qui s'ingénie à se mettre en évidence pour se venger de sa belle-sœur.
Bile explique jusqu'à cette étrange idée qu'a la jeune femme de prononcer^ dès le 30 décembre
(i) Voir liage 362 et :^67, ,
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1793, à Toccasion d'une fête nationale, ce : D/scours sur V éducation, par la citoyenne Thérésia, Catiarrus-Fontenay, attribué à l'inspiration de Tallien.
Au nombre des griefs articulés contre elle par M'"° Théodore Cabarrus avant cette heure de revanche, si douce, devait se trouver « l'exemple abom' -' le que cette malheureuse donnait à sonenl.'r.u„ . Thérésia fut assurément impatiente de se venger des mépris et des outrages de sa bellesœur. Ce sentiment explique encore l'attitude singulière d'Egérie républicaine et de « discoureuse moralisante ^> qu'elle prit dès le début de sa liaison avec Tallien.
Par sa grosse situation commerciale, Théodr>re Cabarrus es": tou: désigné aux per^écutio:i:> des révolutionnaires bordelais, excités par Tallieu et : on acolyte I^acombe.
Néanmoins, douze jours après la pétition adres^ sée par sa sœur au sujet des scellés des apparteir.euis de la citoyenne Boyer-Fonfrède, il n'a pas encore été inquiété par les sans-culottes d'une façon alarmante puisque les sicaires de la cornir.boiou militaire se sont bornés à lui voler son tri^cii'vCric et quelques écus de six francs, li ko
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paraît pas redouter beaucoup les représentants en ii\ission, puisqu'il réclame contre ces vols.
E^'idemment il serait plus circonspect, en raison de la haine qui divise sa femme et sa sœur, si Thérésia était déjà liée avec Tallien,
Ses réclamations dénotent qu'il ne soupçonne pas, le 25 novembre 1793, le rôle que va jouer Thérésia dans la Terreur à Bordeaux. HUes dénotent même que la jeune divorcée n'est pas encore arrêtée ; car, en ce cas, son arrestation le mettrait en défiance et l'inciterait à un ajournement de ses plaintes.
D'ciutre part, l'importance de la manifesta* lion de Thérésia dans la fête révolutionnaire du 30 décembre suivant, prouve qu'elle a déjà fortement conquis le Septembriseur, son collègue Ysabeau et leur entourage. Or cela n'a pu se faire en un jour ; c'est l'œuvre de deux ou trois semaines au moins, et cette « incubation » reporte ainsi entre le 26 novembre et le 8 ou q décembre l'accord Thérésia-Tallien.
lyC vol commis par les sans-culottes chez Théodore Cabarrus étant étranger à la rencontre de la jeune femme et du représentant, il faut chercher ailleurs le sujet de cette rencontre, et il n'existe plus, dès lors, que dans l'emprisonnement avéré tie Thérésia.
Comment et pourquoi fut-elle incarcérée ?