XA BBI,I,Ê TAI<I.IEN
nacée, à ce moment, pour avoir des idées de plaî* sirs ou de conquêtes vaniteuses. Ce Guéry fut-il réellement Tim des nombreux amants de la belle Cabarrus ? On ne pourrait en douter, sans une lettre que Thérésia écrivit le i8 août 1794 à l'une de ses amies de Bordeaux, parcequ'elle incite à supposer que ses relations avec ce Guéry ne furent pas amoureuses. Mais si cette lettre est de nature à suggérer des réserves, il y a lieu de considérer aussi les raisons qui tendent à faire penser que le voyage du jeune homme et de la jeune femme dans la même berline fut loin d'être sans péché.
Thérésia quitte Bordeaux le 4, 5 ou 6 mai avec ce Guéry, laissant le petit Antoine Fontenay, soa fils, à la garde de son domestique Joseph. Mais elle n'enlève pas brusquement ce personnage à l'heure de son départ.
On. ne voyage pas, alors, sans papiers, qui ne s'obtiennent point en un instant. Le voyage de Guéry devait être prémédité depuis plusieurs jours. C'est une folie de jeime homme inexplicable sans le mobile de la passion ou de l'amour, et ce mobile implique une intrigue préalable d'une certaine durée.
Thérésia dut connaître le jetme Guéry vers la fin d'avril 1794, au plus tard.
Que la flamme de cet amoureux eût été ou non courottttée parJa^beUe^ il étaiteûp^re^daûs toute
l'ardeur de sa x^assion lorsque l'exécution de la loi du 27-28 germinal fit expulser de Bordeaux son' amante, et Ton conçoit ainsi qu'il voulut abso*; lument l'accompagner. C'est du moins Thypo*' thèse la plus vraisemblable. Elle explique seule,"^ en outre, l'étrange, le monstrueux abandon du petit Antoine Fontenay.
La mesure légale qui chasse Thérésia de Bordeaux ne lui permet pas, en effet, de songer à y revenir chercher son enfant. Alors pourquoi le laisserait-elle à la garde d'un domestique, sinon parce que le bébé la gênerait et gênerait Guéry ?
Il est probable qu'elle a exalté l'amour du jeune homme pour s'en faire un plus dévoué servant, mais sans se donner à lui, sachant déjà par expérience qu'on tient mieux un amoureux (ivant qu.^ après.
Elle connaît aussi la faiblesse de son tempérament. Elle prévoit, au moment du départ, la veille ou l' avant-veille, qu'elle ne pourra rouler en berline plusieurs jours duran^ à côté de ce jeime passionné, dans ses bras, sous ses baisers, sans lui accorder ses dernières faveurs... En conréquence, l'enfant est laissé. Elle décide qu'elle ordonnera plus tard à Joseph de le lui amener, soit à Orléans, soit ailleurs.
J^ VOYAGE DK ThÉRÉSIA BX DU JEUNE GuÊRY
DE Bordeaux a Ori^éans, Paris, Fontexay- AUX- Roses et Versaii.i,es ; i^'affaire des SALPi'TRES : 432-437. — Ïai^lien a Paris
POUR SE JUSTIFIER , EN MARS I7Ç4 ; SON DIS- COURS A EA Convention en RÊroNsÊ aux
DÉNONCIATION^ DONt tl, iST e'obJÈT ; SE3 HEURTS CONTRE RoÈÉSPlERliÉ AU CEUB DES
Jacobins et sà participation aux condamna-
tlOî^S DES HÉBERTISTES ET DES DanTONISTES S 437 441. ^^ I^ES PIÈCES GFFICIEI.I.ES SUR e'aR- RESTATION DE ThÉRÉSIA ïiSi 3O-3I MAI I794 A VERSAII.I.ES ; EE RAPPORT DU GÉNÉRAE BOU- EANGER SUR CETTE ARJRESTATION : 44 1-454. —
Le roee Équivoque de Taschereau dans
^'arrestation de ThÉRÉSIA. — I^ TACTIQUE
DE Robespierre contre ^aeeien pour eê
PERDRE EN EE DISCRiDÏTANT PAI^ e'indI- GNITÉ DE SA MAITRESSE ; LÀ VERfelOît DE EÀ PRINCESSE DE ChTMAY ÔUR SON jLRHESTATÎOiJ: 454-473.
Le mystérieux voyage de Thêrêsîa en compagnie, du jeune Guéry, de Bordeaux à Orléans et
tA BieivI^B TAIvIvIEîT 433
d*Or\rtSLû% à Paris, Fontfenay-aiix-RoseSj Versaillej.ctc, n'est pas cou':e3table, ptihqn'il a été signal j par le tâ^-^ôit oHiciel du général Eoulanger^ chargé de TarreGiation de la jeune femme. Iy\ princesse de Chimay dut se borner à critiquer cj c'ocUment, et c'est assurément d'après les rapport s de ses ètifants que l'on a dit :
« Ge tappOrt (du général Boulanger) n'est paî « exact : M "« de Fontenay ne fut pas chassée de « Eordelus, où elle était adorée. Bile fut inté-
* ressée pair son oncle dans une affaire de salpêtre « avec le père du jeune Guéry3 qui partit avec 4 elle. EUè n'avait divorcé que six mois aupara-
* vaut, quand Tallien donna la liberté à son « mari» (i).
Que Théirésia ait été adorée à Bordeaux par beaucoujj de fJersotmes, c'est très certain. Mais elle était aussi détestée et méprisée par beaucoup d'autres, le plus grand nombre évidemment. En tout cas, ces sentiments opposés sont étrangers à la loi du 27-28 germinal, qui chassait les ci-devant nobles des villei? maritimes et des villes frontières, et c'est en qualité de ci-devant noble que Thérésia fut réellement chassée de Bordeaux le 4 mai 1794;
Le setis de la phrase précitée est douteux en ce qui coneetne le voyage : — Est-ce avec Is
(x) Notn dame de Thermidor.
434 l'A BRT,T.«' TATXTBïf
jeune Guêry ou avec le père du jeune Guéry qu'il faut l'entendre ? Mais, dans l'un ou Tautrc cas, cela ne s'accorde point avec l'allusion faite dans le rapport du général Boulanger à l'affaire de salpêtre, car ce rapport dit , en effet :
<t On voit la citoyenne Fontenay liée, à Bordeaux, avec le représentant du peuple Tallien ; « on la voit là acquérir une association de salpê- « tre avec îm cr.fant de 14 ans^ dont elle dit à peina « Connaître le père ; on la voit contrainte par * Ysabeau, le représentant du peuple, de partir de i Bordeaux... » etc.
Cette partie du rapport — la seule qui concerne l'affaire de salpêtre — n'affirme point que l'en* faut associé de Thérésia (!) se nommait Guéry, Elle est d'ailleurs bizarre, ou même louche, cette affaire qui lie la concubine de Tallien avec un gamin de 14 ans. Bile rappelle la condamnation à mort que fit prononcer I^acombe contre l'ini'primeur malade, inârme, âgé de 75 ans, dont il convoitait l'imprimerie.
Quoi qu'il en soit, l'explication donnée ne comporte que deux interprétations : si l'affaire de saU pêtre, mentionnée par le rapport du général Bou« langer, est bien celle du Guéry, père ou fils, Théréiia voyage donc, soit avec un enfant de quatorze ans, soit avec le père de cet enfant, et ce père ne peutavoir moitts de treute à treate-deux ans.
Or ceci démontre le mensonge de la princesse cle Cliimay,ptiisque tous les documents concernant la poursuite et rarrestatîon de Thérésia établissent que le citoyen Jean Guéry, qui Taccom* pagne, est un jeune Iiommc.
lya critique du rapport se termine, d'ailleurs, par un autre mensonge de la princesse. * Ellci n'avait divorcé que six mois auparavant, quand Tallien donna la liberté à son mari. » Six mois avant m.ai 1794, cela reporte à novembre 1793, et nous avons précédemment reproduit l'acte du divorce dont il s*agit, qui est daté du 25 avril 1793 /
Enfin on pourrait, à la rigueur, admettre sans penser à mal le départ de la jeune femme quittant Bordeaux avec une personne qui a des intérêts d'aSaires avec elle... On ne s'explique plus sans un lien passionnel cette personne la suivant jusqu'à Orléans, ensuite d'Orléans à Paris, puis, de Paris à Fontenay-aux-Roses, et de Fontenay-aux-Roses à Versailles. Cette cohabitation ininterrompue, en coïncidence avec l'abandon d i petit Antoine Fontenay à Bordeaux, sont acte> d'un caractère trop significatif.
H y a bien une dernière hypotîicse à faire, mais nous la formulerons sans aucune insistance» parce qu'elle est un peu trop défavorable à Th'i résia. I<e jeune Guéry, compagnon de la bell • expulsée, a bien, jen^ effet, quatorze ans environ.
43^ i^ Bî?i.t,:e TAT^tlKîf
Mais c'est un gamin très grand pour son ôî^e (Thérosia ne fut-elle pas danc ce cas ?), un gariiji très précoce (il est du midi), une sorte de « chérubin f> jeune homme. Le tête-à-tête du vo3^age a, flans ces conditions, toutes les conséquences libi-a clineuses qu'il favorise ; mais, en raison de l'âge tlu personnage, plus tard, Thérésia pourra contenir mordicus à Tallien, sans trop d'invraisemblance, ciu'elle ne s'est pas donnée à cet « enfant »... et le Conventionnel, bien qu'ayant cru et cro3'ant encore à l'infidélité de sa maîtresse, feindra d'ac* cepter ses dénégations, parce qu'il aura intérêt à lui pardonner les pires écarts au lendemain de 'rhermidor.
On ignore tout des péripéties galantes du voyage. A Orléans, Thérésia rencontra probablement des autorités débonnaires, ou en triompha grâce au prestige de sa beauté ; car elle ne semble pas y avoir été retardée par l'obtention des ordres d^ fasse nécessaires pour gagner le département de la Seine avec son jeune compagnon Jeaa Cuéry.
Turquan pense qu'elle dut arriver à Fontenayaux-Roses le lo mai. Cette date nous paraît trè« prématurée^ surtout si l'oa adm«t, av%« l-auttur
de La citoyenne Tallien^ qu'elle ne quitta point Bordeaux le jour même de la délivrance de son. ordre de passe ^ mais setdem^nt le lendemain 5, ou le surlendemain 6 mai, hypothèse très vraisemblable.
Il paraît, en eft^t, impossible qu'elle ait pu frr.nchir la distance de Bordeaux à Paris en quatre jours en s'arrêtant à Orléans, au moins une jour* née, pour y faire viser son ordre de passe et en obtenir un autre à destination de Paris ou de Fontenay-aux-5.o3es.
Rien ne l'obligeait, du reste, à précipiter ce déplacement, au contraire. I^e jeune Guéry, bien loin de hâter un transport si favorable à ses amours, l'eût plutôt ralenti. I/'arrivée de sa compare à destinatioqi ne risquait-elle pas de marquer le terme de ses faveurs ?
Puisque l'on n'a aucun document, aucun indice de tant de rapidité — d'ailleurs inutile — nous croyons qu'U serait plus rationnel de reporter l'arrivée des voyageurs aux 14, 15 ou 16 mai
Pour se rendre miçux compte des mesures violentes dont ils vont être victimes, il est nécessaire à présent de savoir quelles ont été les aventurai de Tallien depuis son départ de Bordeaux. Les yjsumer nous rçimènera tout naturellement jusqu'à l'arrestation de Thérésia.
435 ;i<A BFjj.Tî ïARniNi
Arrivé à Paris dans les premiers jours de mars, Tallien commence par s'informer
H se caclie, ou du moins se tient à Técart, très modestement. Ses rapines l'ont enrichi, mais ce n'est pas le moment de montrer qu'il possède puisqu'on l'accuse d'exactions.
Des rapports de police apprendront plus tard qu'il habitait rue de la Perle -^ chez son père ou sa mère, peut-être — au moment où Robespierre, ayant décidé sa mort, le faisait espionner (i).
Pourquoi n'aurait-il pas choisi ce domicile, bon masque de sa feinte pauvreté, dès son arrivée à Paris, quand il lui était plus nécessaire qu'à toute autre époque de dissimuler l'importance de ses moyens ?
Par ses nombreux complices de sans-culottisme, il est vite et très exactement renseigné. Connaissant les dangers, îl peut les conjurer, rallier autour de lui ses anciens acolytes, se créer de nouveaux partisans, agir sur l'opinion d'une partie de ses collègues de la Convention et reparaître en scène.
(i) Les apologistes de Robespierre ont démeùti cet espionmage,^ maia il a été absolument démontré.
La menace, très grave, c'est Marc-Antoine Jullicn, l'espion de Robespierre, conduisant avec activité dans la Gironde l'enquête qui fournira des armes à son « x)atron » contre Ysabeau et le Septembriseur.
2vlais Tallien a bien pris ses précautions. A Tour5 il a fait un précieux apprentissage de la façon de voler sans laisser des x^reuves positives.
Les vols commis au lo août étaient moins adroits. Il a fallu les masquer par les massacres de Septembre , et ceux-ci ont encore laissé des doutes fâcheux.
A Tours, r «ouvrage fut mieux exécuté ». 'Mah le pillage Bordelais est de factnire irréprochable, c'est Tme rapine si bien organisée qu'il est impossible de dire au représentant en mission : « Tu rfî volé de telle ou telle manière, telle ou telle somme. •>
Ce dont il ne peut se défendre, en revanche, c'est des crapuleuses ripailles qui ont révolté Bordeaux, de l'étalage de sa concubine et de son luxe, ...On réunira peut-être aussi de nombreux témoins affirmant qu'ils ont payé pour être libcTés ou pour vivre ?.... Le système d' < amendes révolutionnaires' » de Tallien, bien que sanctionné par le gouvernement, couvre mal les détournements dont on l'accusera...
C'est en considération de ces évcntualité'S qu'il prend une sorte d'oft'ensive au moment où^l'en-
440 LA BÈTX^ TALIvIEN^
cîiiGte de JuUien, encore incomplète, ne peut l'coraser.
Le 12 mars, il prononce le discours justificatif anticipé dont nous avons donné quelques citatations. C'est une longue protestation faite d<î phrases redondan'^es, mais creuses. On «V trouva fas un argîtment net.
Néanmoins, avec l'appui des tribunes, remplies des sans-culottes qu'il a stipendiés, il se fait acclamer. Puis, il mène si rondement ses manœuvres souterraines, qu'au 21 mars — une quinzaine environ après son arrivée — il est porté à la pré-? sidence de la Convention : présidence de l'assa-ssinat d'Hébert, de Cliaumette, Pliilippeau::, Fabre d'Eglantine, Cg,mille Desmoulins et Banton. (24 mars et 5 avril 1794.)
C'est alors qu'il peut se croire sauvé, et qu'il adresse des lettres très rassurantes à Thérésia.
Mais, le 5 germinal (25 mars) dans une séance au club des Jacobins, et le 21 mars à la Convention, Tallien se heurte à Robespierre. Le Septembriseur a été applaudi; on demande l'impression du discours tout à fait nul, mais violent, emphatique et faux qu'il vient de prononcer lorsque le glacial faucheur de têtes jette une douche sur cet enthousiasme — en partie stupide et en partie payé — par un démenti insolent qu'il lance au visage de Tailiea.,
Gotis le coup de fouet de son maître assassin, le laquais couv^entionnel courbe l'échiné. Il ^ senti qu'il faut ramper. Il se taira sur sa tribune présidentielle de la Convention, lorsque le fameux Î/Cgendre, le cannibale de tout ce qui s'élève audessus de la crapule, outré lui-même de la mise en accusation de Danton, protestera le 30 mars en disant qu'il tient son collègue incriminé pour « aussi pur » (!) que lui-mCme.
Cette lâcheté de Tallien à la présidence de la Convention n'apaise pourtant pas Robespierre. Le bilieux dictateur reçoit des rapports de Jullien qui accentuent son mépris et sa haine t^our le rpllègue d'Ysabeau ; il a décidé sa mort^et le voleur des victimes de Septembre 92 ne tarde pas à soupçonner cet ^rrêt.
C'est alors qu'il fait adresser à la Convention par Thérésia la pMUion dont nous avons parlé précédûuiment.
I/Hnstjçcès de cette manifestation redouble ses craintes. Il se sent perdu lorsque sa piaîtresse est arrêtés, et il se joint aux conventionnels avisés qui commencent à préparer rétranàJeni,ent de î^obôspierre.
L'hîstûire et Ir l/îgende de l'arrestation et de la captivité d« 'fhérésia Cs^barrus -r- oar il y a
442 tA BIÎIXTÎ TAl.tfÊN
histoire et légende — forment un encîievetrement de mystères et de contradictions si compliqué qu'on est fort embarrassé pour le débrouiller.
Les documents sont pleins d'inexactitudes, d'erreurs de faits et de dates.
Courtois a détruit les papiers de Robespierre. Tallien et Thérésia mentent effrontément.
Comment extraire de cet amalgame une vérité approximative ?
lye seul moyen paraît être de classer les pièces et de les analj'ser à tour de rôle. C'est une besogne un peu ingrate, mais la méthode qui la dicte a du moins l'avantage de guider avec sûreté.
Le premier document officiel certain, par ordre de date, est celui que nous fournît, dans les mémoires du comte de Paroy (page 391), l'éminent archiviste Etienne Charavay :
« Le 3 prairial an II (22 mai 1794), le Comité * de salut public prit l'arrêté suivant, que Robes- « pierre écrivit de sa propre main et dont je pos- < sède l'original :
« Le Comité de salut public arrUe que la nommée « CabarrruSj fille d^un hanqier espagnol et femme « d'un nommé Foittenaij cx-conseiller au parle' « 7ncnt de Paris, sera mise sur-le-champ en état « d' arrestation et mise au secret^ et les scellés appo* <c ses sur ses papiers. Le jeun-e homme qui demeura <L avec elle et ceux qui seraient trouvés chez cllâ
4 seront pareillcmeîU arrêtés. Le citoyen Boulanger
♦ est chargé de Pexécution du présent arrêté,
< PariSj le 3 prairial^ Van 2 d& la république,
« ROBESPiERRB, Bii,i^\ud-VarennEj B. Barère, Coi.i,ot-d'Herbois. »
« M°^ de Fontenay fut arrêtée à Versailles « par le citoyen Boulanger, général de l'armée révo-
* lutionnaire, dans la niiit du 11 au 12 prairial < (30 au 31 mai 1794), amenée à Paris et écrouée « à la prison des Carmes. (Cf. Jacques Charavay, « Catalogue de documents auto graphiques sur la « Révolution française, n*» 378.) Elle ne fut mise « en liberté que le 12 thermidor (30 juillet 1794). >►
Notons que cet ordre d'arrestation est écrit tout entier de la main de Robespierre,
Il implique, par la mention du « jeune homme ^ non dénommé « qui demeure avec elle », que' le Comité de salut public est instruit de l'intrigue ue Thérésia et de Jean- Guéry.
Comment ? Sans doute parce qu'elle a été signa. lée d'Orléans, où tous deux ont été vus en cohabitation intime.
Tallien sait-il cela ?
Divers indices font penser qu'il l'ignorait avant l'arrestation de sa maîtresse ; mais il est certain qu'il le sut aeuf jours plus tard (le 13 prairial
444 i'^^ BEi.ivi> ïAttT:ôîr\
an II, 31 «tai), après Id huit dé cette àffestàtîoti. Nous allons reproduire piUs loin le docuniGut o.'Hciel qui le démontre.
Notoii.: encore qli^ Tob^eirvation de M, K. Cliaravay, en ce qui concerne l'emprisonnement de Théléoia aux Carmes, est inexacte. I^e rapport dit général Boulanger dit qu'il conduisit la prisonnière à la Petik Forcé, et iiê peut étire ni etrôné ni mensonger sur tin paf-fell pbiiit.
I^ registre d'écrou de la Petite Force (i), annexé dfe la pHsôn dé Là Forcé, mentionne d'ailleurs l'incarcération dfe Tliérêsia, mais à la dati du 8 prairial ah II (27 mai), ce qui est liiie erreuf de daté du grèlfë, ptiisqué arrêtée à Vérsaillei dans la huit du 30 au 31 mai, elle he peut êttci amenée à Paris 4ue le matin du 31 in ai.
Au sujet de cet ordre d'arrestation, on a dit fort justement: 4. C'est à lui (Robespierre) qui « revient la responsabilité presque entière c' t % l'arrestation de Thérésià, hialgré lès signature- j
(i) •etta prison avait été aménagée dams l'hôtel de M. d* Cauinont, dac d2 là Força, fus d:i Roi â» Sicilt, noin-iil-; rue des Droits de l'Homme sous la Révolution. Elle compreria t wne section réservée aux femmes de mauvaise vie: la Petita Force, dont l'entrée était ru» Pavée au Marais, mais à laquelle, dit Lenôtre [Lèi massacres de septembre), on accédait aussi par la section des hommes : La Force, au moj'en d'un dédale de couloirs à travers Içs bâtiments, ou par un chemin de tonde.
< dé Bilîaud-Varénnes, Barère et Coîîot d*Iîer- « boijj qui àccoiripagnent la sienne sur le mandat « d'amener. Voici, eii élTet, ce que dit jilus tatd « Collot dUerbois, se justifiant à la tribune « d'avoir signe cet ordre d'arrestation : <!: Çuà^ti « «« mandat d^anêt décerné tonire la tîtdyônnd « CabarruSj il n'en tst fias que Robàspicfye ail « présenté avec des formes qîd nous obligeassent << davantage à le signer. Il nous ait qu'elle était « fille d\iH tonde espagnol^ Hïiûlsïré â'Espaghe^ 4f eî née à Valence. AucUn de nous n^à signe par « fBSSBntif}imU^ car nous n^ là cmkaissidns pas. » (i) « Collot d'Herbt>is ô6 dit ^as tout, fet il ne
* pouvait, âprèg le tricJtnplië dés tîlefnlidoriens, ^ dire les autres înôtifs, les seuls sérieux, que « Robespierre lui avait donnés pour â-^dir Sa sigila» « ture. Il faut cependant remarquer que la signa* t tute de Robéspiêirrê eût Siilfî. SeUl dés quatre « signataires, il faisait partie dû Comité de sàlut « publie, et, aux termes de là loi dû ^7 septembre
* 1793, la feignaturé d'un mëmbirê de cfe comité 4 suffisait pbur faire arrêter liii étfâttget. Or
* Thérésia était regardée comme étrangère, et « rEs|)a2Ué était eii guerre avee la Firarkce, >
(i) Cette citation d« Collot d'Herboîs est empruntée par Turquaa à Notn dame de Tharmidor^ dont il suit d' ailleurs et — forcciueut — le procit pas à pas.
44^ LA BEIXR TAIXIBÎT^
Kn vertu de Tordre d'arrestation précité, le général Boulanger, aidé de La Valette (i), nous dit Taschereau, dans un récit reproduit plus loin, se met à la recherche de Thérésia.
H la retrouve à Versailles, l'arrête , la conduit à la Petite Force, et rédige, le lendemain 13 prairial an II (i^r juin 1794), le rapport suivant :
t RAPPORT DU GENBRAI. BOUIyANGER