‹ La belle TallienChapitre 28 sur 31 · SUR L'EXÉCUTION DE L'ARRÊT DU CO- ^ MITE DE SALUT PUBLIC DE LA CON · texte numérisé non relu

SUR L'EXÉCUTION DE L'ARRÊT DU CO- ^ MITE DE SALUT PUBLIC DE LA CON

* VENTION NATIONALE, en date du 7 prai-

* rial, dont il a été chargé, qui ordonne que la ( Cabarrus-Fontenay sera arrêtée et mise au

* secret, et que l'on arrêtera de même tout ce

< qui sera avec elle* ^

« Le 18 prairial. Tan II de la République fran- 4 çaise une et indivisible.

« Ayant pris toutes les précautions pour m'as- « surer de toutes les démarches de la citoyenne 4 Fontenay, et étant parvenu à la suivre dans tous

(i) Dans Notre dams de Thermidor y Houssaye rapporta que ce LaVallette, marquis.indigné du rôle que son ami Robespierre voulait lui faire jouer, tenta de sauver Thérésia et lui offrit de la cacher chez lui, mais qu'elle refusa II! Il fut, en tout cas, guillotiné le 10 thermidor comme le général Boulanger, TalUen étant triomphant. (.Nof/ê damé de Thermidor^ pago 851^ > ■- -— -\ ^.^.^^^

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4 les cliangements de domicile qu'elle a niulti- « plies, tant à Paris que dans les environs, je suis « parvenu à arrêter à Fontenay-aux-Roses sa « femme de chambre, qui y devait enlever ses « effets, ce que prouve le procès-verbal dressé à « Fontenay, ci coté i. J'ai arrêté de même son

* domestique dans la maison du citoyen Des- « mousseau, rue de l'Union, n° 6, section des

* Champs-Elysées, où j'ai trouvé les effets de la « citoyenne Fontenay et le jeune homme qui « l'accompagnait à Versailles dans la nuit du ii « au 12 prairial,ainsi que l'indique le procès-verbal « dressé à Versailles, ci coté n° 3. I^a citoyenne, « conduite à la section des Champs-Elysées, y a « été interrogée, ainsi que le citoyen Guéry qui < l'accompagnait, ce qui se trouve constaté par 4 le procès-verbal n° 4 (2).

« En exécution de l'arrêté du Comité de salut « public, la citoyenne Fontenay a été conduite 4 à la Petite Force, où elle a été mise au secret, 4 le citoyen Guéry au lyuxembourg, et le domesti- 4 que et la femme de chambre,l'un au Luxembourg, 4 l'autre à la Petite Force. ly'on a cru devoir de 4 suite, par mesure de sûreté, en apposant les scel-

(2) t A la Section des Champs-Blysées, dit Houssaye, le marquis de Sade présidait. Il reconnut M'o» de Fontenay et voulut la délivrer. {Notre dain9 de Thermidor, p. 253.) Si ic fait est exact, il ne manque pas de piquant.

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♦ :v.;i tsurles effets et la ciiambre de la citoyenne 4 Fontenay dans la maison de Demousseau, devoir 4 ordonner la conservation de ce citoyen et de sa < femme dans leur domicile jusqu'à ce que le 4 Comité se soit déterminé, d'ai>rès les rapporta 4 que nous allons indiquer de ces citoyens avec 4 la citoyenne Fontenay.

« De toute notre opération, il résulte que la 4 citoyenne Fontenay, fille de Cabarrus, banquier 4 espagnol, qui a tant agioté dans la banque de « Saint-Charles en Espagne, dans l'affaire du 4 canal de Murcie, dans les opérations de piastres, 4 agiotage protégé par Calonne, etc., s'était « divorcée, il y a plus de quinze mois, d'avec 4 son marij à l'époque où tous ceux qui 4 avaient des projets d'émigration avaient pris cette marche . » ( Boulanger fait ici une légère erreur de date ; il faut lire : moins de treize mois et demi, au lieu de : plus de quinze mois.)

lya suite du rapport n'a plus l'exactitude dit début. Ou voit que l'auteur parle d'après des informations qu'il a reçues, et qui sont extrêmeméat erronées ou confuses.

4 Que, depuis ces quinze mois, on la voit suc- « cessivement à Boulogne-sur-Mer, à Paris, aux 4 eaux sur la frontière d'Espagne, puis à Bordeaux, «ou son mari vient la trouver pour se réunir

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< à elle et finit par s'occuper à régler un divorce « nui traîne depuis plus de quinze mois, après quoi 4 il s'embarque et disparaît ; ce même mari, pen* 4 dant les troubles du Calvados, se trouve dans une « terre qu'il possède dans ce département ; enfin « la citoyenne, dans le compte qu'elle rend de ses

♦ séjours différents, se trouve, dans l'espace de 4 treize mois, avoir trois mois passés dont elle ne

♦ rend aucun compte. »

Rien n'indique que Tiiérésia ait été à Boulo::;ne-sur-Mer en 1793, et ce déplacement paraît, au contraire, lui avoir été impossible.

Nous savons qu'elle dut aller à Bagnères, mais qu'elle ne s'y rendit pas, puisqu'elle s'arrêta près de Bordeaux.

Tous avons constaté que Devin de Fontenay n'alla pas retrouver Thérésia dans la Gironde, miis quitta Paris avec elle le 6 ou le 7 mars 1793.

^juant aux trois mois dont la prisonnière ne rend pas compte, ce sont peut-être les trois mois de sa cohabitation avec M. de Lamothe, près de I^angon, puis à Bordeaux.

<r... On voit la citoyenne Fontenay liée, à Bor-

♦ deaux, avec le représentant du peuple Tallien ; « on la voit là acquérir une association de salpê- 4 're avec un enfant de quatorze ans, dont elle 4 (Ut à peine connaître le père ; on la voit contrainte « par Ysabeau, le représentaut du peuple, di

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4 partir de Bordeaux malgré la loi et l'autorîsa- 4 tion des autorités constituées ; elle arrive à 4 Orléans, et bientôt se fait donner une passe pour 4 Fontenay-aux-Roses, propriété de son mari» 4 où on retrouve Tallien fréquemment avec elle ; 4 munie de sa commission de salpêtre, on la voit 4 à Paris et presque toujours avec Tallien, soit 4 chez Méau, restaurateur, etc.... On la voit cou- 4 cher chez Gibert, notaire, rue Saint-Honoré, et 4 puis, à diverses reprises, chez le citoyen Des- 4 mousseau, maison de Duplex (sic) aux Champs- 4 Klysées ; on la voit prendre une maison à Chail- « lot, y mettre les ouvriers et puis suspendre les 4 travaux (i) ; on la voit stimuler sa femme de 4 chambre d'aller faire viser un passeport qu'elle « a de Bordeaux et qui se trouve, quant au signa- 4 lement, avoir beaucoup de rapports avec elle ; 4 tout est combiné pour un départ ; tous les gens 4 et les effets doivent se réunir à Versailles, et 4 Ton parle de retourner à Bordeaux. Desmous- 4 seau confesse que lui-même a désiré le vo3^age 4 de Versailles, espérant que d'anciennes liais( -ns 4 projetées entre Félix lyepeletier et la citoyen e 4 Fontenay, pourraient se renouveler et détruire

(i) Il s'agit évidemment ici de la propriété de l'Allée de* Veuves, dite « Cours » sise au n» i de la rue des Gourdes, que François Cabarrus avait donnée eu dot à sa fille en 1788, et qui sera plus tard la Chaumière de Tallien.

« les încoûvênients des liaisons avec Tallien. Ou € voit ce même Tallien fournir un domestique « pour avoir à Fontenay-aux-Roses une expé- « dition du procès-verbal. I/a citoyenne produit 4 un certificat signé des représentants Brival,

< Monestier, Ysabeau et autres, qui déclare qu'elle * ne doit pas être regardée comme étrangère, « quoique née à Madrid. BUe déclare enfin avoir « eu des correspondances et des relations avec « Tallien et Monestier, représentant du peuple

< dans le Midi, avec Frescheville, actuellement « destitué, Sagon, officier de santé à l'armée du « Nord, Félix I/cpeletier, etc.. Elle a fait partir 4 son fils pour Bordeaux, où il est avec deux do-

< mestiques en hôtel garni, et cela au moment où « elle revenait ici. Voilà ce qu'ont produit le» « différentes enquêtes : le Comité de salut public « jugera du tout.

« ly'on observe que tous ses papiers, porte- « feuil^s et écritoires sont sous les scellés dans 4 la maison de Desmousseau.

4 BouiANGKR, général de brigade. >

Cette suite du rapport est précise et confirmée dans les parties qui sont des constats personnels du généra.!, mais erron^jo dans la plupart des autres Méot, et non Méau, est un restaurateur de pre-

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niicr ordre au Palais-Royal. lya maison Duplex est une maison appartenant au Duplay qui loge Robespierre, rue Saint-Honorc. Si Ton parle de retourner à Bordeaux, c'est afin de tromper sur la destination réelle du voyage projeté, en prétextant sans doute la nécessité d'aller retrouver ou reprendre le petit Antoine Fontenay ; car, en réalité Thérésia ne peut retourner à Bordeaux, puisque le séjour dans cette ville maritime, dont elle a été chassée, lui est interdit.

La fourniture d'un domestique par Tallien pour avoir une expédition de procès-verbal à Fontenay-aux-Roses est un mystère. De quel procès-verbal s'agit-il ? Est-ce de celui que le général a coté n<* i ? Bn ce cas, Tallien serait informé des recherches du général pour arrêter sa maîtresse et peut-être aussi, le 30 mai, de sa cohabitation avec le jeune Guéry. Il demanderait alors cette exx)édition de procès-verbal pour avoir une preuve officielle de l'infidélité de Thérésia ?

Enfin, le général se trompe en disant qu'elle a fait partir son fils pour Bordeaux, ou bien sa prisonnière lui a menti, puisque le jeune Antoine Fontenay est resté dans cette ville, où elle Fa laissé.

Notons, au sujet de ce rapport, le rôle joué par la domestique Fontenelle -— Truquan rap-

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porte, maïs sans donner de référence à ce propos, qu'à Fontenay-atix-Roses, elle essaya de se faire prendre pour sa maîtresse afin de la sauver (i).

Nous n'entendrons plus jamais parler d'elle, ni de William ou Guillaume Bidos... Quant au gé« néral Boulanger — peut-être sait-il trop de cho« ses — il sera guillotiné le lendemain du triom» phe de Tallien, le 10 thermidor, en même temp3 que son collègue dans cette affaire, le ci-devant Iva Valette, et en même temps que Robespierre.

Le document officiel qui se place clironolo* giquement après le raport du général Boulanger, bien qu'il soit daté du 12 prairial, parce qu'il concerne un fait du 31 mai, tandis que le rapport Boulanger concerne des faits du 30-31 et d'autres antérieurs, est l'ordre suivant :

« Ordre du Comité de surveillance révolution- 4 naire de la section des Champs-Elysées de 4 conduire, en vertu d'un arrêté du Comité dâ 4 salut public de la Convention, en la maison 4 d'arrêt du Luxembourg ou toute autre, le 4 nommé Jean Guéry, désigné comme le jeune 4 homme accompagnant la nommée Thérésia

(1) TuRQUAN, La citoyenne Tallien, p. 133.

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4 Cabarrus, femme Fontenay, 12 praîrîal an

Cet ordre est signé du président du Comité de surveillance Dumas, de six membres du Comité ET DE TAIylylBN.

Rien n'est plus surprenant que la signature de Tallien sur cet ordre d'incarcération.

H n'est guère possible de porter un jugement certain à ce sujet ; mais un examen logique des faits connus permet néanmoins d'étayer sur ces faits une hypothèse rationnelle que nous formulerons plus loin après la revue de tous les documents.

La trop courte série des pièces [officiels étant épuisée avec ces trois ou quatre textes, en ce qui touche à l'arrestation, passons aux relations privées.

La plus importante est celle de Taschereau, l'agent du Comité de salut public. Ce personnage est équivoque à tous les points de vue, non seulement, comme on l'a fait observer (2), parce qu'il fut, après le 9 thermidor, aussi violemment

(i) Une page in-fol., tête impr. Les signatures de cet ordre» sont au nombre de huit, y compris Tallien {nP 2764 du catalogue Chavaray), dit Houssaye, qui fait cette réflexion : « Il est d'ailleurs impossible de tout savoir. Comment s'expliquer cet ordre, que j'ai vu avec la signature de Tallien?» ^otre dame de Thermidor, note de la page 253.) ;

(2) TUBQUAN.

Guérin. del.

ROBKSPIERRE

Neldel. sculp.

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