‹ La belle TallienChapitre 8 sur 31 · I.A BEIvIyî) TAI,I.IEN · texte numérisé non relu

I.A BEIvIyî) TAI,I.IEN

la jeune femme réunissant dans sa maison^ soit à Paris, soit à Fontenay, la fine fleur de l'aristocratie révolutionnaire.

Mais pourquoi ces réceptions? Parce que M'^^ de Fontenay est enflammée d'enthousiasme pour les idées philosophiques de ses hôtes. Une partie de la noblesse s'éprend en effet de ces idées par aveuglement sentimental et par opposition à l'étrangère (Marie- Antoinette), qui a mécontenté nombre de familles françaises pour obéir à sa mère (Marie- Thérèse d'Autriche). - ;

Telles sont les indications intéressées de la princesse de Chimay. Bst-il raisonnablement possible de les concilier avec l'âge de la jeune femme ?

Thérésia s'est mariée à quatorze ans et demi au début de 1788 ; elle a vécu en Espagne jusqu'en 1785 ; elle ne peut pas sentir et penser comme une petite parisienne, fille de parisiens penserait peut-être à son âge si, elle était particulièrement intelligente et i)rédisposée aux réflexions sérieuses comme le fut M "^« Roland. Il est é\'ident que ces explications datent de 1830, et ne correspondent nullement aux faits de 1788.^

lycs « Souvenirs » de la princesse de Chimay sont d'une admirable inexactitude, toutes les fois qu'il y a lieu pour elle de se justifier, de dissimuler ses erreurs ou ses fautes, d'atténuer le3 écarts scandaleux de sa condmte. ^Ue jongle

QÎQrs avec les fait§ ^t Ip$ dates sans, Je moînctrô souci des démentis inévitables de l' Histoire. Ou en verra bientôt la preuve dans les explications qu'elle donnera de ses faiblesses pour TaUien.

En attendant, sur la foi de ses aûirmations, elle est montrée, en 17SS et 1792, telle qu'une ser conde M^^ Roland, tantôt à son château (!) de Fontenay, tantôt à Paris, en l'hôtel de Foutenay, rue de Paradis (?l)

But-elle jamais une résidence dans cette rue ce Paradis ?

Ch. Nauroy place l'hôtel de Fontenay au coin de la rue Budé (jadis rue Ouillaume) et de la rue Saint-Louis-en-rile. C'est là qu'elle reçoit dès le début de son mariage, c'est-à-dire avant l'été de 17SS, et l'on sait qu'elle a épousé Devin à la fin du mois de janvier !

Pans son Mémorial, M. J. de j^orvins-Mont-î bictau raconte en ces termes l'une des première^ visites du ménage Fontenay, à laquelle il assista chez M^^ de la Briche :

« Iv'un de ces dimanches où la ville et les fau*

< bourgs s'étaient entendus pour fournir au salon « de M^^ de la Briche de plus nombreux contin-

< gents, à l'heure solennelle où les tables de jeu

< réunissf^ient déj à leurs parteners, et oùM^i^Belz, f depuis M"^« Chéron, préludait au piano ou à « la harpe, accompagnée x)ar M. Viotti, on an-

^ noncâ le" CQûitc et lî^ ppmtesse Charles 4eNpailî « les, l'un fils aîx)é de la princesse de Poix, qui « les présentait, l'autre filje de M. de Labprde, « banquier de la Cotir... Peu à peu, cepc|idant, « l'admiratipn se calme, le nouveau n;énage « était assis. 1/6 tresset, le bptson reprirent leuj: « niQUvcnierft, au grand contentein.Qnt des vieux « rp.ariés et des vieux célibataires, et, sauf les chu- « cuQternents des femn^es et ceiix des pamara-î « deries, comme entre Charles de Noailles et inpi, « son ami de collège, on entendit plus que les « briUat^ts accords de Viptti et de M^î« de Belz, « et ar^ssi ces ra^res mais impitoyables exclamations « des 3 pleurs, replacés, eux, exclusivem.ent à « toute impression, sous l'empire absorbant des « cartes.

« Mais à peine ptait-p?:^ Teiitré dans cette con-r « ditipn ordinaire des soirées que l^ pprte du salon 4 se rouvrit de nouveau à deux battants, et « que l'on annonça M- et M^c de Fontena^^, née « de Cabarrus. Biicpre une visite d^ noces ! De « nouveau, le jeu, le piano, le violpn et le salpu « rentrèrent dans le silence, et aussi chacun se « leva... Hélas ! puisqtf'il ^aut le dire, la cliar- « mante comtess,e de No ailles, la déliciet^se Fran? « çaise fut à l'instant détrônée ^^vec sc^ çpuronn^ « de cheveux blonds par la divine Andalouse à < la superbe chevelure de jais, dont la pointe

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