‹ La bellemere et le gendre, comedie en trois actes, en versChapitre 48 sur 58 · ACTE III, SCÈNE V. t · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V. t

Je vous connais; je sais que vous êtes sincère ;

Mais d'autres trouveraient fort extraordinaire Qu’une femme jolie et coquette , en secret ,

D’un homme jeune , aimable , entreprit le portrait. Cela suppose eufin plus d’un doux tête-à-tèle ,

Et d’autres blâmeraient de tels apprêts de fête. Votre femme aurait tort d’accuser votre cœur ; Mais elle le pourrait peut-être à la rigueur.

DABCÏ.

Non , je la connais trop pour l’en croire capable.

ELISE

Je ne croirai jamais que Darcy soit coupable. • Mais j’ose le trouver envers vous trop discret ; N’eût-il pas dû vous mettre aussi dans le secret? MADAME DORFEÜIL.

Ma fille , que veut dire une pareille plainte ,

Et pourquoi réveiller une querelle éteinte ?

Que faites-vous? ô ciell... Elise, gardez-vous De vous abandonner â des soupçons jaloux.

Ah ! si la jalousie ici trouvait entrée, ,

A des troubles sans fin, votre maison livrée Deviendrait un séjour odieux à tous deux ;

Et pour me dérober à ce spectacle affreux , '

Je vous fuirais.

DARCY

Pourtant vous auriez tort peut-être De blâmer des soupçons que vous auriez fait naître. MADAME DORFEDIL

Je les aurais fait naître ! et de quelle façon ?'

DARÇY.

Par des réfiexions faites d*un certain ton,

Plus perfides cent fqis , s’il faut que je le dise ,

Qu’une accusation bien franche et bien précise. MADAME DORFEUIL.

Ahî mes réflexions vous blessent? c’est cruel.

Vous vouliez m’imposer un silence éternel ?

Vous n’y parviendrez pas.

GERARD à part.

Ce serait impossible.

MADAME DORFEÜIL.

Ma fille avait raison ^ à mon affront sensible ,

D’un silence équivoque elle a dù s’indigner;

Et moi , mon cœur trop bon voulait vous épargner 1 Pourquoi ne pas m’admettre à votre confidence ?

DARCY

Ce n’était de ma part qu’un excès de prudence.

Je craignais....

MADAME DORFEUIL

Vous craigniez mon indiscrétion?

Je dois vous savoir gré de la précautimi.

Pour mol, convenez-en, elle était obligeaute : ,

Ainsi vous méjugez bavarde, inconséquente.

Madame , permettez que je parle.

MADAME DORFEUIL

A quoi bon ?

Vous ne pouvez donner de meilleure raison ,

Trop heureux qu’on vous croie et que l’on vous pardonne 1 D.ARCY à part.

Une querelle encor! ,

GÉR.ARD bas.

Dans le fbnd elle est bonne.

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