ACTE I, SCÈNE II
' . - . • ELLSE.
De pareils sentimens que mon oœur'te sait gré !
Mais à ce doux langage il était préparé ,
Et je te vois souscrire à tout ce qui me flatte.
Ton Elise envers toi du moins n’est pas ingrate,
Ni ma mère non plus : même , à ce que je croi ,
Elle chérit son gendre encore plus que moi.
Je n’en suis point jalouse : elle a raison sans doute De reconnaître ainsi le bonheur que je goûte.
Oh ! que , comblant enfin mes plus ardens désirs , Notre réunion me promet de plaisirs !
D'abord jamais chez nous de querelle : il me semble Qu’il n’est pas malaisé de s’accorder ensemble ;
On n’a qu’à le vouloir , et nous le voudrons tous :
La paix pour les bons coeurs a des charmes si doux ! Nous aurons chaque jour nos travaux ordinaires ; . i . •
Nous nous occuperons , Darcy , de ses affaires , >
Moi , des soins du ménage ; et quand le soir viendra , En hiver, près du feu l’on se rassemblera.
Là, tantôt nous lirons quelque touchant ouvrage ; Tantôt nous causerons, on, cédant à l’usage.
Pour amuser ma mère et l’oncle Duchemin ,
Nous combattrons contre eux, les Cartes à la main. Lorsque nous verrons luire une saison plus belle, Notre' troupe , souvent à la ville infidèle ,
Loin des mms de Paris s’enfiiira vers les champs Pour chercher des plaisirs purs comme nos penchans. Des sites enchanteurs , la promenade et l’omhre j Et quelques amis vrais (Monsieur est de ce nombre)
lï LA BELLE-MÈRE ET LE GENDRE.
Sans répliquer un mot à ses aigres discours , ' >
Au bruit qu’elle faisait je m’endormais toujours. ' , .
■ GERARD
Quoi! votre pfttience, à' ce point exercée,
Pendant un long hymen ne s’est jamais lassée ? , DÜCHEMIN. . . ;
A quoi m’eût-il servi de me fâcher ? à rien.
.Te suis très-pacifique , et je m^en trouve bien. ’ >
Que voulez-vous ? c’était là Thiimeur de la dame ;
Un mari doit passer quelque chose à sa fetnme.