L'ORATOIRE
, à Fécamp.
nombreuses et d'une grande délicatesse d'exécution. L'autre manuscrit est de format plus petit, avec large dentelle et écusson sur les plats, à fermoirs d'argent. Voici encore, sur vélin, en lettres rouges et noires du xvr siècle, les offices journaliers en usage à l'Abbaye de Fécamp, et neuf pièces, sur vélin également, professions de foi de Bénédictins et de Bénédictines, de la fin du xvn° siècle, entourées de bordures richement décorées de fruits, de fleurs et d'oiseaux, très finement exécutées en couleurs. Enfin, une remarquable collection de documents manuscrits provenant de la bibliothèque de l'Abbaye de Fécamp, et comprenant environ 160 pièces d’une conservation absolument parfaite.
Les imprimés ne sont pas moins dignes d'attention. Il convient de noter un magnifique exemplaire in-quarto du Martyrologe du Pape Grégoire XIIL, avec reliure à compartiments, aux armes d'Estouteville, et un livre d'heures de la Vierge, imprimé en 1522, avec riche reliure ancignne, volume extrémement rare, sorti des mains d’une famille normande dont les armes sont peintes sur le premier feuillet.
Deux vitrines adossées à une fenêtre de la Salle gothique contiennent la collection des sceaux et
des monnaies.
Triptyque en ivoire, travail vénitien de la fin du XV: siècle,
représentant les principales scènes de la vie de Jésus-Christ.
Les sceaux, au nombre d’une centaine, proviennent pour la plupart d’Abbayes et de Monastères et appartiennent aux xm, xiv° et xve siècles. Ils affectent la forme ronde ou la forme ovale et sont remarquables par le relief de leurs empreintes. Les figures et les emblèmes qui les décorent sont aussi variés
qu'intéressants : sur l'un, un Evêque offre son église au Pape; un autre montre un Monarque couronné,
sur un lit de justice, entre deux anges; un troisième présente l'image de deux Prélats, agenouillés sous une chäâsse, avec un écu timbré de deux clefs; parmi bien d’autres raretés, on note un sceau ogival de la commune de Rouen, qui met en scène l'agneau porteur de guidon.
Les monnaies, plus nombreuses que les sceaux, ont ce lien avec l'Abbaye, qu'elles ont été trouvées, tant à Fécamp, au cours de divers travaux, que dans les campagnes environnantes. Mais, encore ici, il faut se borner, et ne citer que quelques-unes d’entre elles, notamment deux monnaies gauloises, en or, au revers du cheval, et deux monétaires d’or de l'époque mérovingienne, frappés, l'un à Rouen, l'autre à
Chälons, ainsi qu'un monctaire d'argent, frappé sous Charles-Martel par le patrice Nimphidius.
L'espace manque pour décrire ici les pièces d'art de toutes les époques qui garnissent la Salle gothique. Mais, parmi celles dont la reproduction figure en ces pages, il convient d'accorder une mention particulière à une Vierge d'ivoire, haute de plus de cinquante centimètres.
La souplesse de l’art italien du xvi° siècle se révèle dans cette statuette tirée d’un seul bloc. Nous avons sous les yeux la Vierge pleine de grâce, tabernacle du Verbe Incarné, que salua le divin Archange. Ses mains délicates sont pudiquement ramenées sur la poitrine, et se touchent sans être jointes ; la tête et es yeux se lèvent vers le céleste Royaume dans un mouvement de prière qui entraine tout le corps après eux.
La Présentation au Temple fait le sujet d’un bas-relief polychromique, spécimen des plus curieux de ‘époque de la Renaissance. Sur un fond en marbre, le Temple se détache; les visages, d'expression vivante, sont taillés dans l'ivoire, tandis que le bois prête sa souplesse et sa coloration chaude aux plis des vêtements, et ces deux matières s'incrustent, se fondent dans le marbre, pour former un tout dont l'harmonie générale étonne et charme à la fois.
L'art italien reparaît avec un triptyque formant niche qui contient une
statue de saint Roch en bois doré et peint. Le saint est debout; la fatigue se
it sur son visage; il semble que l'artiste ait voulu le peindre au cours d’un de ses longs voyages en Italie, tandis qu'il soignait les pestiférés.
La dernière des pièces empruntées à cette salle, qui est reproduite dans ces pages, est un triptyque d'ivoire d'une extrême finesse de travail. À droite et à gauche, à l'intérieur des volets, les effigies d’un Roi et d’une Reine se font face; ils portent couronne en tête, et c'est pour eux, sans doute, que l’œuvre, qui paraît italienne, voire provençale, fut exécutée. Des scènes de l’histoire du Christ s’y déroulent. L’habileté et la patience prodigieuses de l'artiste étonnent au même degré que la beauté finale de l’œuvre donne de l'émotion.
Parmi les tableaux, on ne peut négliger de s'arrêter devant un Calvaire sur panneau peint par Jean de Bruges, avec les personnages dans le costume du xve siècle, œuvre dont le mérite excita l'admiration de Viollet-le-Duc; une Crèche, grand panneau du xv*°; une Vierge à l'Enfant, fragment d’un important triptyque du xvi; une Mise au Tombeau de la même époque, de l'Ecole de
Cologne. Pour en finir, un grand tableau votif, peinture du xv° siècle, repré-
sentant le Comte et la Comtesse d’Estouteville qui offrent leurs vœux à la Sainte Trinité Grand Christ Janséniste
en ivoire (Louis XIV).
On doit de l'attention aux meubles divers, bahuts, crédences et sièges qui garnissent la salle; particulièrement à deux meubles « à deux corps », de style Louis XIII, ornés de statuettes d'un travail hors de pair.
Une curieuse sculpture qui date du xvr siècle, et qui servit longtemps de lutrin aux moines, domine a porte cintrée qui ouvre de la Salle gothique sur la Salle du dôme. Cela représente un pélican en
bois doré aux ailes éployées. L’envergure de l'oiseau symbolique n’atteint pas moins de trois mètres.
Cette salle emprunte sa dénomination à un dôme, entouré à sa base d’une galerie à balustrade très riche, et sur laquelle quatre portes, placées aux angles, donnent accès. Le dessous de cette galerie forme plafond : des motifs, d’un joli dessin, sur un fond de mosaique d'or, ornent la voûte; leur décoration
s’harmonise, d’une façon vraiment parfaite, avec le ton des peintures murales. Cette salle est éclairée par
une large baie qu'emplit tout entier un vitrail : il représente le Directeur général, M. Le Grand, invitant la Renommé
à porter le nom de ” La BéNénicnNE ” aux quatre coins du monde.
En face, au centre de la salle, se léve une statuette en bois, plus grande que nature, qui montre Dom