‹ La Bénédictine de l'ancienne abbaye de FécampChapitre 19 sur 25 · LA FONTAINE EN FER FORGÉ · texte numérisé non relu

LA FONTAINE EN FER FORGÉ

CHAUTEUR : 10 MÈTRES)

ine ”, à Fécamp.

Bernardo Vincelli : le moine tient à la main des simples qu'il vient de cueillir sur les falaises de Fécamp. Ainsi, d’un même coup d'œil, le visiteur aperçoit les images de l'inventeur de ” La Binénicnne ” et de celui qui sut la faire revivre.

La salle renferme de nombreuses reliques de l’ancienne Abbaye, et, parmi elles, deux grands panneaux en bois sculpté qui ornaient les portes d'une sacristie. L'artiste y a figuré, par leurs attributs, l'Ancien Testament et le Nouveau.

Sur une table, un tronc en bronze, avec poignée, présente l'inscription suivante : « Cette boîte a été faite des deniers de la Confrérie de Saint-Joseph, érigée en l'Abbaye de la Sainte- Trinité par les soins de Renée Berteran et Joachim Bienvenu. Anno 1736.»

Face au vitrail que nous venons de décrire, une seconde baie donne accès dans une petite salle en forme d’oratoire. Cette salle, d'une grande richesse artistique, évoque le souvenir des spécimens les plus admirés de la Renaissance française, de l'époque François Ier.

Elle est ornée d’une division de colonnes engagées, sur lesquelles

Fonts baptismaux en plomb,

du XI: siècle

portent des arcs

formant ogives. Ils sont d’une rare légèreté et supportent un plafond caissonné, avec

rosaces très fouillées dans chaque caisson. Deux pendentifs, formant clefs de voûte, reçoivent le dédou-

blement des nervures des arcs en forme de retombée.

Sur le côté autel en bois scu À gauche d

marquent les débu

faisant face au grand vitrail se trouve une loggia en encorbellement où a été logé un pté. Comme les précédentes, la salle de l'Oratoire est décorée d'objets d'art anciens. e la baie, formant entrée, c’est une inscription funéraire dont les caractères lapidaires

ts du xvn* siècle. Un casque d’écuyer, orné de son lambrequin, surmonte des armoiries.

C'est le blason de la famille Le Grand, tel qu'il est porté encore aujourd’hui par les membres de

cette Maison te

pitaphe est celle d’un des ancêtres des Directeurs actuels de ” La Bénénicnne ”, qui fut

inhumé dans l'ancienne église de Saint-Ouen-au-Bosc. En voici le texte : « Cy devant gist le Corps de

Feu Jaques Le Grand, vivant Escuyer, Sieur et Patron de ceste Paroisse de Saint Ouen au Bosc et de

ments

Donval, Lequel seroit décédé le cing®° d'octobre MIL six cent

vint et un. — En sa mémoire Demoiselle Anthoïnette Adam, sa Vesve, a faict mestre sest épitaphe. — Priés Dieu pour son

Ame ». Les armoiries qui dominent l'inscription sont demeurées

intactes ; aussi, la lecture en est-elle particulièrement facile

Ecartelé aux 1 et 4 de gueules à la coquille d'or, — aux 2 et 3 d'azur à la tour d'argent, — une croix engrelée d’or brochant

sur le tout ». D'ailleurs, ce sont bien les mêmes armes que ‘on trouve enregistrées en 1698 au Grand Armorial de France, à la requête de Marie-Madeleine Le Grand, épouse de Honoré 3ecel, écuyer, seigneur de Trouville, commissaire des guerres, qui fit alors les preuves du privilège de noblesse dont la famille e Grand jouissait depuis le xv® siècle, « devant Nos Seigneurs

es Commissaires généraux du Conseil, députez par Sa Majesté

par arrets du 4 décembre 1696 et 23 janvier 1697 ».

Au milieu de la salle, faisant face à la fenêtre de la « loggia », se dresse un très beau buste en bronze de M. A. Le Grand Aïné, par le sculpteur Gauquié, daté de 1901.

6 Sur un lutrin en chêne sculpté, de style gothique, dont une figurine en bois supporte le pupitre, on a placé un manuscrit in-folio sur vélin. C’est un admirable Antiphonaire du xvi° siècle qui servait aux offices de l'Abbaye. Ce manuscrit est enrichi de 40 grandes miniatures et de 316 petites. Les figures de ces enluminures offrent pour la plupart une touche hardie et un coloris brillant:

elles sont d’un maître resté inconnu.

Grande chässe de procession en fer découpé et doré Du côté droit de la salle, on a placé un trône abbatial.

(Travail italien du XVI siècle.)

-e dossier porte, sculptées en écusson, que dominent la

crosse et la mitre, trois fleurs de lys d'or, sur champ de sable. Ce sont là, en effet, les armes et le trône abbatial de Jean de la Haulle de Grémonville, soixante-quinzième Abbé de Fécamp.

Dans l’angle, du côté droit, on aperçoit un monument des plus rares du xn° siècle : c’est une cuve de baptistère en plomb, décorée de-palmettes: on trouvera cette pièce si curieuse reproduite en ces pages, ainsi que trois autres sculptures qui ornent la même salle : une crèche, grand bas-relief en marbre du xvi° siècle, un rétable en albâtre à cinq compartiments, du x° ou xr siècle, et enfin, un superbe Christ en ivoire, pièce unique de l’école italienne, qui mesure 75 centimètres de hauteur.

Avant de visiter la dernière salle du Musée, la Salle Renaissance, on entrera avec intérêt dans une petite pièce où l'on a tenté la reconstitution de la Pharmacie de l’ancien Couvent.

Un dressoir de chêne expose ici une collection de vases anciens en porcelaine blanche que décorent en bleu päle des ornements et les inscriptions de toute l'antique pharmacopée. Mais il est une autre vitrine dont le contenu plus moderne attire tout autant l'attention. Rangées par files, il y a là, en effet, plus de cinq cents bouteilles qui sont les contrefaçons de la Bénédictine, de ses étiquettes et de ses sceaux. L'Administration de la Distillerie a dû poursuivre sans relâche tous ces contrefacteurs, et si cette exposition frappe par sa singularité même, elle n'en demeure pas moins étrangement suggestive. À la vérité, l'œil seul permettrait déjà de distinguer le faux du vrai : car il paraît impossible de confondre ces flacons d'imitation grossière avec la vraie bouteille bénédictine, celle que décrit Huysmans dans son livre À rebours, nous montrant « cette bouteille trapue avec son antique panse monacale, sa tête et son col vêtus d’une capuche de parchemin, son cachet de cire rouge, écartelé de trois mitres d'argent sur champ d'azur et scellé, au goulot, ainsi qu'une bulle, par des liens de plomb ».

Dans le champ littéraire, le plagiat apparaît à à un auteur comme le critérium du succés et de la gloire qu'il a obtenus; quel peut être l'orgueil de © La BéNÉDICHNE ”, pour avoir suscité ainsi un demimillier de contrefacteurs ?

Enfin, au milieu de la pièce, sur une table, à

la place qui lui était due, on remarque un petit

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