NE ZE
alambic de cuivre, terni par l'usage, et qui apparaît plutôt comme un instrument d'expériences. C’est celui avec lequel M. Le Grand Aïné entreprit les premiers essais et poursuivit les tentatives si heureuses qui l’amenèrent à utiliser la formule du moine Vincelli.
La salle par où se clôt la visite est la Salle Renaissance. Elle contient une merveilleuse collection de ferronneries anciennes et nombre de bois sculptés. Cette pièce aux formes rectangulaires charme en même temps qu'elle s'impose par la richesse de sa décoration. Le plafond-à caissons est en forme de voûte; une colonnade le supporte. Une corniche, très fouillée, avec une frise à rinceaux, s'appuie sur les chapiteaux de ces colonnes, tandis que le fût de chacune d’elles sert de piédestal à un petit personnage. Un plafond transparent, formé de rosaces, éclaire la pièce et soutient des lustres en fer forgé et cuivre, signés « Marrou »,
comme le sont, du reste, tous les autres lustres du Musée.
Bas-relief polychrome, marbre, ivoire et bois : La Présentation au Temple. (XVI: siècle.)
Et vraiment, ils apparaissent ici à leur place et à leur avantage, parmi les ouvrages en fer forgé d'une patience et d’un art si délicats que nous ont légués la Renaissance, l'époque Louis XIII. Clefs repercées à jour, coffrets, marteaux de porte avec plaques en fer repoussé, serrures en fer forgé avec chute en tête de guivre et superbes clous-vis en fleurs de lys, trépieds italiens avec porte-vases et landiers à réchauds, verrous ouvragés, chandeliers : partout le fer s’assouplit, se tord, s'étire, s’allonge, obéissant à la main des artistes incomparables de cette époque et conservant à jamais les formes que leur fantaisie lui imposa.
Les yeux se reposent un instant de la contemplation minutieuse de ces nombreuses pièces de ferronnerie en se reportant sur les bois sculptés anciens que contient cette Salle Renaissance. Ceux que la phototypie fait revivre dans ces pages fixent particulièrement l'attention : le grand bas-relief en bois, qui
présente la scène de la mort de la Vierge, a toute la beauté sévère des œuvres du xv° siècle; une sculpture
ss —
de la Renaissance lui fait opposition par son caractère de grâce légère; c'est également un bois sculpté et peint, dont le sujet est la Descente du Saint-Esprit sur la Vierge et les Apôtres. Mais une pièce vraiment remarquable s'offre aux regards : c'est un troisième bois, ancien lui aussi, Le Baiser de Judas.
Chapelle des Prieurs de l'Abbaye de Fécamp; le lit, qui
Cette salle contient aussi un important portrait sur toi Antoine de la Roche-Aymond : le Prince de l'Eglise est rep Louis XV en velours rouge; son manteau de Cardinal pend
se joue dans les broderies de ses manches; une fourrure
épaules; le ruban bleu du Saint-Esprit, passé en sautoir,
milieu de la poitrine.
Salle des Archives, où l'on ne pénètre point. Deux colonne
Vierge ivoire. (XVI: siècle.) une architrave formant fronton, au millésime de 1533, et
À noter également une chaire et un lit en bois : la chaire provient de la
porte la date de 1587,
est entièrement en bois sculpté et peint: un superbe baldaquin le domine; à la tête, les armes de la maison de Lorraine, dont l’histoire fut si intimement lice à celle de l'Abbaye, sont surmontées d’une mitre et d’une crosse.
e du Cardinal Charlesrésenté sur un fauteuil
derrière lui; la lumière
blanche descend de ses
suspend une croix au
Dans la muraille, qui fait face à la baie d’entrée, s'ouvre une porte, celle de
s en pierre, quadrillées
en losange, provenant de l’ancien jubé, encadrent cette porte. Elles soutiennent
que l’écusson au trois
mitres épiscopales termine. Au-dessus de chaque colonne, se haussent d'anciennes armoiries d'Abbés
celles de gauche présentent l’écusson d'Antoine Le Roux.
Quand on sort du Musée par la porte principale de la Salle gothique, on
se trouve sur la belle
terrasse qui domine la Cour d'honneur. Il faut franchir les grilles si l'on désire pousser une promenade
dans le Square de ” La BéNépicrinE ”, qui fait face aux bâtiments industriels.
Des jardins de ce square, les regards s'élèvent naturellement vers la tour du clocher et vers son campanile de cuivre, aux formes graciles, dont la fleche s’élance vers la nue. C'est encore un Ouvrage du maître ferronnier le Rouennais Ferdinand Marrou. Mais on trouvera au milieu de ces verdures un autre chef-d'œuvre du même artiste, placé au centre des jardins, devant lequel on s’arrêtera longtemps : la Fontaine Monumentale en fer forgé.
Cette fontaine, pièce unique qui a coûté plusieurs années de labeur au maître ferronnier, et dont la valeur matérielle mème est considérable, se compose de trois colonnes réunies en dôme au sommet. Dans sa partie centrale, elle forme piédestal, et une statue en plomb doré, de Bernardo Vincelli, y a été logée.
Surhaussé sur une base en pierre, le monument atteint environ dix mètres de hauteur totale.
Et, vraiment, le talent de Marrou se révèle ici avec un éclat triomphant.
Christ en ivoire, (Ecole italienne.)
Pièce rare : hauteur, O m. 7E
OUR D'HONNEUI
AC
DE