EXTÉRIEURE
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” La B
Hugues Le Roux, qui a consacré une étude au maître rouennais, à l'occasion de l'Exposition de Rouen de 1896, a loué de façon définitive l'éminent artiste. Il a donné une attention particulière à cette Fontaine, glorieuse entre les chefs-d’œuvre de ferronnerie qui sont une des plus rares richesses de la moderne Bénédictine.
Nous lui emprunterons ces lignes, qui caractérisent à merveille la vie et l’âme que Marrou a su donner au fer :
« Ah! ce marteau de Marrou ! il bat comme une artère, comme une aîle, comme le sabot d’un des-
» trier foulant des armures. Il a sa vie propre, ses phrases de musique. C’est un amant et un soldat. 11 se
» fâche, il ordonne, il violente, il saccage, il jouit, il crée.
» C'est de lui que sont sortis les chefs-d'œuvre de l'Exposition devant lesquels on s’extasie. D'abord,
» la branche de pavots que l'artiste vient d'offrir à M. le Président de la République, une pièce inouïe, où le
» plomb devient étoffe de pétales prêts à frissonner sous la brise.
» À l'Exposition de Rouen, on admire le Marrou du bibelot, de la pièce caressée qui entre dans l'ap-
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Triptyque cintré, bois sculpté et peint : Saint Roch.
(Renaissance italienne.)
» partement comme un bijou. L'œuvre monumentale est éparse. Vous la verrez chez les Mécènes dont la » gratitude de l'artiste aime à citer les noms, ceux qui lui donnérent l'occasion de créer à sa taille : chez » M. François Depeaux, l’armateur rouennais, chez M. Gaston Le Breton, le directeur du Musée d’Antiquités, » chez M. Léon Brière, le directeur du Journal de Rouen, chez M. A. Le Grand, de Fécamp.
» Au-dessus de la ville elle-même, voici les quatre clochetons de la cathédrale, des pyramides de » vingt-cinq mètres en cuivre martelé, ornées de chiméres. Voici les clochers de Saint-Romain, en plomb » repoussé. Voici la toiture et les grilles du château de Saint-Pierre-de-Varengeville. Surtout, voici les
» toitures des nouveaux bâtiments de ” La BEéxéDICHINE ” de Fécamp, sur les plans de M. Albert; des lustres
» de cinq mètres de haut et de deux mètres soixante de diamètre, une admirable variation exécutée sur les » motifs du chrysanthème.
» Les maîtres du Moyen-Age ont légué à la tradition l'indication de l’œuvre où ils pensaient avoir le » mieux enfermé leur pensée.
» Quand vous demandez à celui-ci où est la sienne, il répond sans hésiter :
» — Dans ma fontaine de Fécamp.
» Je voudrais donc vous la faire apercevoir autant qu'avec des mots on peut peindre, non point les formes elles-mêmes, mais l'émotion qui s’en dégage.
» Imaginez une treille faite de pampres et d'harmonie, sur laquelle une Renommée s'est élancée, comme un oiseau apprivoisé. Elle jette vers le ciel son hardi coup de trompette. Mais cette vigne de fer chante plus haut qu'elle-même, unique motif de fontaine, dont les chutes de feuillages annoncent la fraîche chanson de l’eau, merveilleux socle de gloire dont les sarments se dressent dans la lumiere à la conquête du ciel.
» Marrou a raison. Il est là tout entier avec sa facilité de composition qui rappelle les libertés de la nature vierge, avec ce modelé qui s'empare des nuances fugitives de la
vie pour les marquer du sceau de sa pensée durable. »
Cela est parfaitement dit. C’est bien à Fécamp qu'il faut
aller pour admirer dans son épanouissement le plus glorieux
la belle imagination de l'artiste.
Ce Palais de ” La BENÉDICTINE ”, avec son Musée et son
Square, fait aux œuvres des Maïitres un cadre unique. Aussi la
gratitude du visiteur va-t-elle vers ceux qui, à des titres si divers,
ont associé leur Science, leur rêve d'Art, leur Génie commercial,
pour créer cet accord qui a le droit de se dire une des merveilles
les plus inattendues du monde moderne.
Désormais les artistes seront inexcusables quand ils
déclameront contre l'Usine, la. Science, l'Industrie, quand
ils prétendront que ces nécessités enlaidissent inévitablement
le paysage, obligent la Beauté outragée à reprendre son vol
vers le ciel.
Ils diraient plus justement, en face du miracle que
? La BÉNÉDICTINE ” a réalisé :
— Trouvons une nouvelle formule d'Art pour une
nouvelle formule de la Vie.
Le goût de l’ornement, c'est-à-dire de la Beauté de
l'Art, est aussi ancien sur la terre que les premières entailles
symétriques dont l’homme primitif balafra les pierres et les
ossements qui lui servaient d'armes. Il durera autant que la
reconnaissance de l’homme pour les instruments de sa lutte
ou de son travail. Il est à l'Utilité triomphante un compagnon
aussi indispensable que la Gaieté l'est à l'Effort.