RER
nr nie ioiétéire bai verre
mme
ET
chassé de son monastère et de son Pays, va à travers le monde, cherchant un endroit où il puisse, avec les vingtcinq moines qui le suivent, empêcher de se rompre la chaîne de la succession monastique.
C’est parcequ'il est officiellement l'héritier et le dépositaire de ses droits historiques, que le père communique à toute sa famille son caractère distinctif. Il la forme à l’image qu’il porte en lui-même, et qui est l'expression des sentiments habituels, de l'atmosphère ambiante, bref du genre spécial de vie que l’on mène, des qualités que l’on possède, des vertus que l’on pratique sous son égide et à son foyer, il lui donne son cachet moral. Je n'insiste pas autrement que pour faire voir qu’il en est ainsi de la famille religieuse. La règle reçue par l'abbé des mains du pontife et qu’il doit faire observer, est propre à son Ordre et le distingue de tout autre. Il l’a pratiquée lui-même, il se l'est assimilée, il en est pétri, il en fera vivre ses frères. Elle constitue l'atmosphère du couvent.
L'essence de la vie contemplative, et très particulièrement dans un monastère de Trappistes, c'est, dans la pensée constante de la présence de Dieu, la prière. Non plus seulement la prière en formules, et par des exer-
cices répétés, non plus la prière isolée, individuelle, mais bien la prière qui réalise la double recommandation de Notre-Seigneur, la prière d'habitude (*) et la prière en commun (*). La prière qui se fait non seulement à l’église, au pied de l’autel, mais partout, qui accompagne tous les actes, qui s’allie aux fonctions les plus humbles et les plus pénibles, la prière qui plane au-dessus des choses les plus infimes ; la prière qui fait s'élever constamment du sein de la nature qui l’entoure, un cantique incessant d'amour et de louange, comme du fond de son être, le religieux l'offre pour se maintenir dans le commerce surnaturel avec son Dieu ; la prière qui centuple sa ferveur et son efficacité par là même qu’elle est faite en union intime avec des frères, quelle que soit d’ailleurs la diversité des fonctions ; la prière enfin qui atteint le plus haut degré d'’élévation et de puissance, et est sûre de rattacher directement à Dieu, parcequ'elle se fait loin du monde, derrière les portes closes (°), autour d’un père, et par l'exercice de son autorité.
N'est-ce pas là un spectacle qui nous rappelle les patriarches, ces pères de famille que l’Ecriture Sainte nous montre entourés de leurs fils, présidant au sacrifice, et faisant descendre les bémédictions du ciel.
(*) Lue., xvin, 1.
(*) Math., vi, 6.
(°) Math., vr, 6.
Il appartient encore au père de famille d’assurer, en même temps que le bon ordre économique, la prospérité matérielle de sa maison et le bonheur de tous ceux qui l'entourent. Et ceci s'obtient par une juste répartition du travail et des fonctions de chacur
Sous cet aspect, le père de famille est, avec . ne prédilection marquée, désigné par Notre-Seigneur dans plusieurs de ses paraboles : Le royaume du ciel est semiable à un père de fam'lle (*°). Il se plait à le redire. En effet, parce qu’elle est un reflet de la paternité divine, l'autorité paternelle sur la terre harmonise les talents, les énergies, et dirige l’activité familiale vers un but commun qui est le bien de tous. C’est la solution au foyer du problème de la division du travail.
Or, le travail est une partie essentielle de la vie des Trappistes et c’est sous l'autorité de l'abbé qu'il s’accomplit. 11 redit, chaque jour, la parole de l'Evangile : ‘< Ite et vos ”” (**). La besogne est partagée. A chaeun sa tâche est assignée. Le labeur s'exécute. Des fils qui travaillent autour de leur père, et sous son commandement ; des religieux qui, sous le regard de l'abbé,
(*”) Math., xx, 1.
(*) Math. 1x, 38.