‹ La bergere d'Ivry drame en cinq actesChapitre 46 sur 70 · LE COMTE, HORTENSE · texte numérisé non relu

LE COMTE, HORTENSE

HORTENSE, levant son voile qu’elle pose sur le dossier du canapé.

Je me suis échappée... Ma mère semblait ne pas vouloir me quitter, j’étais au supplice... Enfin mon ma... M. Fauvel s’est éloigné, j’ai prétexté une indisposition, et je suis accourue... Ah ! que j’ai eu peur!... Je croyais être suivie!... Oui, oui, un homme, un fantôme me suivait... Quel était cet homme?... l’obscurité, le bruit du vent dans les feuilles, le silence même, tout me faisait trembler... et cependant je suis venue!... Henry, maintenant, croyez-vous que je vous aime? (Après nn silence ) Vous ne ine répondez rien?

LE COMTE

Ce qui faisait ainsi trembler votre cœur, Hortense, c’est qu’en fuyant ce logis calme et honnête qui est le vôtre, vous compreniez peut-être que vous laissiez sur le seuil le bonheur de madame Dérouville, celui de l’homme qui croit en vous... Toutes les voix du passé vous parlaient dans la nuit comme pour vous faire comprendre notre folie!

HORTENSE, qni pendant ce qui précède est tombée assise sur le canapé, regardant le comte fixement.

Notre folie!... Mais... vous m’aimez, n’est-ce pas?

LE COMTE

Je vous aime et c’est au nom de cet amour que je veux vous sauver.

HORTENSE

Me sauver!

LE COMTE

Oui, je vous ai aimé parce que vous étiez jeune et belle, et j’avais une seule pensée : être aimé de vous. — C’est là notre égoïsme à nous autres.... Que monsieur Fauvel sache

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