‹ La bêtise parisienneChapitre 12 sur 39 · LE SALON · texte numérisé non relu

LE SALON

A Jean-Louis l'or

C'est ainsi qu'on dénomme l'Exposition annuelle de peinture, sculpture et dessins, bien qu'elle n'ait rien de commun avec une pièce d'apparat oia une compagnie de gens du monde aurait reçu l'invitation de venir.

Au contraire, les visiteurs, entrés publiquement, y circulent le chapeau sur la tête, dans une suite de salles non meublées dont le parquet est très simplement décoré par les mouillures d'un arrosage oval. Là, d'élégants cavaliers font cortège à des demoiselles légères et, alternativement, se livrent à une persécution

inconvenante des femmes comme il faut. Entre personnes qui n'ont pas été présentées les unes aux autres, on se pousse avec rudesse, on s'écrase les pieds sans scrupule et on s'arrache les meilleures places.

Ce ne sont donc point les mœurs des salons qu'on retrouve au Salon.

Faut-il ajouter qu'aux quatre coins du jardin où rôdent, la serviette sous le bras, des garçons de café, le regard est sollicite par des mains gigantesques sur fond bleu qui évoquent, d'un doigt brutal, les préoccupations le plus sévèrement bannies de la bonne société ?

L'Association des artistes vivants encaisse, chaque année, de fortes recettes. Mais la statistique aurait tort de déduire, des chiffres qui lui sont ainsi fournis, que le goût des Français pour les beaux-arts croit ou diminue.

Il ne convient pas seulement de mettre en

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