LA FÊTE NATIONALE
ccrite, comme on sait, par des gens impartiaux; malheureusement, il y a aujourd'hui des gens impartiaux dans tous les partis, et il devient de plus en plus difficile de rien reconnaître dans les tableaux du passé.
Toutefois il est manifeste que la Bastille était moins bien organisée pour la défense que la tour Malakoff, puisque les Parisiens s'en emparèrent dans l'intervalle de leurs deux repas.
D'un autre côté, j'ai moi-même rencontré parfois tant de résistances et de difficultés pour prendre un simple fiacre, défendu par un seul cocher, que je n'ose dénier un certain caractère d'audace à l'exploit des ancêtres.
Ce qui est, du moins, établi par l'aveu unanime, c'est que, le 14 juillet 1789, le sang français fut versé par des mains françaises.
Je ne discuterai pas non plus le caractère des réjouissances, d'une invention bien munici-
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pale, dont la nomenclature s'étale, à tous les carrefours, sur des affiches blanches.
Il y aurait pourtant des choses à dire sur le cruel plaisir des revues, sur l'absurdité des feux d'artifice et des joutes sur l'eau, avec des lances mouchetées.
Et aussi sur tout ce qui n'est point porte au programme :
Les cocardes offertes par des mendiants sur des assiettes, les guinguettes enguirlandées de branchages flétris, la familiarité des pickpockets, la fréquence des accidents qui, chaque année, fournit à la presse une rubrique spéciale.
C'est du principe même de la fête nationale que j'entends contester la raison.
Il repose sur une appréciation trop superficielle de la nature humaine.
Malgré quelques apparences, je ne puis admettre que tout un pays éprouve, à date fixe,