‹ La bêtise parisienneChapitre 36 sur 39 · FETE PARISIENNE A YEDDO · texte numérisé non relu

FETE PARISIENNE A YEDDO

ger, c'est que nous avons peut-être bien des avantages à emprunter des Japonais, tandis que nous leur transportons les bienfaits de notre civilisation, de nos mises correctes, de nos jeux de salon et de notre code d'honneur.

Déjà quelques ingénieux essais de fêtes japonaises ont été tentés sous la protection bénie de la charité.

Souhaitons qu'ils soient continués.

Dans la décadence de notre société, aux jours tristes de cette vie, l'âme française est profondément ouverte aux mystérieuses consolations qui viennent des choses.

Importons à Paris le Japon, les fleurs de pourpre, les cigognes blanches, les claires cascades, les robes de soie bariolées de dieux et de métamorphoses, et les jeunes tilles qui, par un geste mutin de leurs petites mains sauvages, font voltiger des papillons sur les fronts soucieux.

LES CINGHALAIS

A Foiiiaïul CJav;

Le Jardin d'Acclimatation vient d'ajouter à ses richesses zoologiques une collection de Cinghalais.

Quelques personnes, abusées par une consonance, s'imaginent que les Cinghalais sont tirés du Sénégal. C'est une erreur.

Les Cinghalais sont les naturels de l'Ile de Ceylan, dans la mer des Indes, de même que les canotiers sont les naturels de l'île de la Jatte, dans le grand bras de la Seine. La langue ethnographique a de ces bizarreries.

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Depuis longtemps, la Société d'Acclimatation s'adonne à ces exhibitions d'hommes apprivoisés.

Sans doute, un de ces jours, elle se décidera à nous montrer, à l'état captif, des Glubmen et des Boulevardiers dont l'espèce, quoi qu'on pense, est encore peu définie et mal connue.

En attendant, et pour préparer l'opinion, le Comité s'est fait successivement expédier des Galibis, des Nubiens, des Fuégiens, des Lapons et des Esquimaux.

Quelles promesses séductrices, quels mobiles m3^stérieux peuvent déterminer ces représentants de peuplades si lointaines à se détacher, les uns, de leur soleil somnifère et de leurs forêts vénérées; les autres, de leurs falaises solides et mugissantes sur lesquelles ils ont grandi dans l'horreur de la mer; ceux-ci enfin, de l'abrutissement silencieux et nocturne du pôle et de leurs blocs de neige héréditaires?

Encore s'ils avaient la perspective de traverser le monde dans le faste des immunités diplo-

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matiques ou d'efTcctucr au moins un voyage d'agrément.

Mais quitter toutes les clioses natales pour venir, en troisième classe, au Jardin d'Acclimatation! Etrange caprice!

Aussi j'ai toujours été porté à croire qu'il y avait là-dessous des drames ignorés et intimes, et je me suis plu à chercher la trace d'une passion doniinatrice sur le visage de ces êtres excentriques.

Rien ne m'ôtera de l'idée que leur troupe est composée, en majorité imposante, de femmes enlevées et d'amants fugitifs, de récidivistes condamnes à la transportation dans les pays civilisés, de petits jeunes gens qui ont fait des bétiscs et que la sévérité paternelle envoie passer quelque temps au Jardin d'Acclimatation, pour leur apprendre la vie.

Un sentiment de haute hospitalité a présidé à 1 installation des (lin^halais.

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