‹ La Bible au seizième siècleChapitre 19 sur 71 · Bist, XX, e. Béer étales · texte numérisé non relu

Bist, XX, e. Béer étales

8. Bibl. nat*, lat 3891 et 3892, in P. I, Dist. IX, c. iVb/t.

écrits des Saints Pères. Canonicis scripturis. Les écrits canoniques auxquels on doit obéissance sont ceux qui sont contenus dans le canon de TAncien et du Nouveau Testament. D'autres disent que le Décret appelle ^m/wr^5 canoniques en général tous les livres reçus et approuvés par l'Église : Quod ego non credo. »

Nous ne nous étendrons pas sur la liberté de l'interprétation. La règle des augustins, par exemple, Texcluait formellement en disant : « Le maître biblique ne doit rien avancer dans Tinterprétation des Livres saints qui soit en désaccord avec l'enseignement des bienheureux docteurs de l'Église, ou qui paraisse s'écarter des décrets de la sainte Église romaine et des sacrés conciles approuvés par elle \)) Gerson disait expressément dans ses Propositions sur le sens littéral de la Sainte Écriture : « Le sens littéral de l'Écriture doit être apprécié suivant que l'Église, inspirée et gouvernée par le Saint-Esprit, l'a déterminé, et non suivant l'arbitre et l'interprétation d'un chacun^. i>

On ne peut s'étonner après cela, tant l'autorité de la Bible était devenue incertaine et son interprétation arbitraire, d'entendre l'un des plus illustres prédicateurs de la fin du moyen âge, Geiler de Kaysersberg, qui est enterré au pied de la chaire de la cathédrale de Strasbourg, dire sans ironie: « L'Écriture sainte est comme un nez de cire, chacun peut la tordre comme il veut ^. »

1. Eolstenii Codex Regularum, éd. Brockie, Augsbourg, 1759, IV, p. 329.

^. Opp., ed, Antv. 1706, I.

3. Einer spricht, die heilige geschrifft ist voie ein wechseni nas, man hûgt es war man wxL Du sagst war (G. Schmidt, Hist. litt, de t Alsace à la fin du xv« et au commencement du xvi« siècle, 1879, 1, p. 423.)

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