‹ La Bible au seizième siècleChapitre 22 sur 71 · laHeb · texte numérisé non relu

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Fèvre écrit à Farel, de Meaux, le 6 juillet 1524 * : « Vous ne sauriez croire, depuis le jour où le Nouveau Testament en français a paru, de quelle ardeur Dieu anime les esprits

des simples, en divers lieux, pour recevoir la Parole

Quelques-uns, appuyés sur l'autorité du Parlement, ont tenté d'en interdire l'usage ; mais le Roi, qui veut que ses sujets entendent librement et sans obstacle, dans la langue où ils peuvent, la Parole de Dieu, a pris la défense du Christ. Dans tout notre diocèse (Le Fèvre était vicaire spirituel de l'évêque de Meaux), aux jours de fête et surtout aux jours de dimanche, l'épître et l'évangile sont lus au peuple en la langue vulgaire.... Mon Révérend Maître (Briçonnet), ému par la lettre d'Œcolampade, a confié à Gérard (c'est Gérard Roussel), chanoine et trésorier de notre église, la charge d'expliquer au peuple de l'un et de l'autre sexe, tous les jours, à une heure matinale, les épîtres de Paul d'après l'édition française, non par un sermon, mais en les interprétant par une lecture suivie (per modum lecturae interpretando). Il a ordonné que la même chose fût faite dans les principaux endroits de son diocèse, et il a donné cette mission aux prédicateurs les plus purs (jpurioribus) que nous ayons pu rencontrer, à Jean Gadon, à Nicolas Mangin, à Nicolas de Neufchâteau, à Jean Mesnil, compagnon de Michel (d'Arande), l'apôtre du duché d'Alençon... » A Paris, au même moment et dès la fin de mars, Caroli, docteur en Sorbonne, lisait, en l'église de Saint-Paul, l'Épître aux Romains en langue vulgaire, et les hommes et les femmes qui assistaient à ces exercices religieux apportaient avec eux le Nouveau Testament fran-

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