‹ La Bible au seizième siècleChapitre 25 sur 71 · Page · texte numérisé non relu

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saint Jérôme. Il n'est pas indifférent, sans doute, d'aller puiser aux sources mêmes ou à des marais impurs*..... Les manuscrits sacrés n'ont- ils pas été autrefois, ne sontils pas trop souvent encore défigurés par l'erreur ou l'ignorance des copistes?... Que dire, si Jérôme lui-même s'est trompé plus d'une fois en établissant le texte, s'il s'est trompé en traduisant? Quittez cet air tragique, et cessez de crier : Cieux et terre ! Parlons vrai {liceat vera loqui)^ Jérôme était un homme pieux et un homme savant, mais il était homme, il a pu se tromper, il a pu nous tromper, etfalli pottiit, et fallere^. » Érasme reconnaît, après Augustin, certains degrés dans l'autorité des livres de la Bible, ordinem auctoritatis aliquem : « Ésaïe est pour moi de plus de poids que Judith ou qu'Esther, l'Évangile de Matthieu a plus d'autorité que l'Apocalypse attribuée à saint Jean, et les Épîtres de Paul aux Romains et aux Corinthiens plus que l'Épître aux Hébreux.... Cependant la variété où se plaît le Christ né trouble aucunement l'harmonie du saint Livre, mais bien plutôt, comme la diversité des voix fait le charme d'un chœur, ainsi la variété du Christ fait des Écritures un admirable concert. Il se fait tout à tous les hommes, et jamais pourtant il ne diffère d'avec lui-même^ Tantôt il donne les preuves de sa

1. Page 78 ;... Pluribus modis referre, e suis haurias fontibus aliquid, an e qualibuscutnque lacunis...

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