Macch. 12, 44 s
2. Dispuûatio excell. theologorum Joh. Eccii et M. Lutheri, hUt III, 129 et 137 : Concilium non potest facere de Scriptura esse, quod non est de Scriptura natura sua.
sion avec Jean Eck devait mettre Luther en contradiction, non plus seulement avec les apocryphes de l'Ancien Testament, mais avec l'Épître de Jacques. « On nous oppose, ditil l'année suivante dans les Résolutions qu'il écrivit contre Jean Eck, cette parole de l'Épître de Jacques : la foi sans les œuvres est morte. Mais d'abord le style de cette Épître est bien au-dessous de la. majesté apostolique % et il ne peut se comparer en aucune manière à celui de saint Paul. Puis saint Paul ne parle que de la foi vivante, car la foi morte n'est pas une foi, mais une opinion ...d L'année suivante, dans le Traité de la captivité de Babylone, Luther, disputant sur le nombre des sacrements et répondant aux textes de saint Jacques qu'on lui oppose, s'exprime avec plus de vivacité encore : « Je ne veux pas rappeler que divers auteurs assurent avec beaucoup de probabilité que cette Épître n'est pas de l'apôtre Jacques, et qu'elle n'est pas digne de l'esprit des apôtres, bien qu'elle ait reçu de la coutume, quel qu'en soit l'auteur, son autorité. Si même elle était de l'apôtre Jacques, je dirais encore qu'il n'appartient pas à un apôtre d'instituer un sacrement de son autorité privée*. y>
De pareilles assertions mirent le feu aux poudres et soulevèrent contre lui l'opposition de Garlstadt.
1 . Resolutiones Lutherianae super Propositionibus suis Lipsiae dispuatis (1519). Hist. \\\, 278 : Stilus epislolae illius longe est infra apostoli-
cam majeslatem, nec cum Paulino ullo modo comparandus .
2. De Capt. Babyl. Ëcclesiae praeludium (1520), hist. V, 111 : Omitto enim, quod hanc Epistolam non esse Aposloli Jacobi, nec apostolico spiritU dignam, mulli valde probabiliter asserant, licet consuetudine auctoritatem, cujuscunque sit, obtinuerit. Tamen, si etiam esset Apostoli Jacobi, dicerem, non licere Apostolum sua auctoritate sacramentum instituere....
Caiistadt s'est-il trouvé blessé des jugements exprimés par Luther en 1519 sur TÉpître de Jacques, ou le désaccord secret de ces deux esprits, si différents en toutes choses, ne fut-il qu'accentué par leur dissentiment sur ce point ? Nous savons que, dès l'origine * , Carlstadt avait toujours été en défiance vis-à-vis de Luther, et qu'il avait souvent manifesté de la répugnance à le suivre dans ses hardiesses. La chose n'étonnera que ceux qui jugent Carlstadt sur sa renommée seulement. On peut croire que lorsqu'au printemps de 1520 le docteur ABC annonça un cours sur rÉpître de saint Jacques, Luther n'approuva pas son collègue, et que peut-être il s'en expliqua publiquement. Quoi qu'il en soit, les paroles pleines d'aigreur par lesquelles Carlstadt accuse Luther, dans son livre De Scripturis canonicis, daté du 8 août 1520, de ne combattre saint Jacques que par jalousie contre lui-même, montrent combien ce théologien irritable avait dû se sentir blessé personellement par son puissant collègue, qu'il ose appeler homo ridiculus^, et auquel il attribue des assertions que Luther n'a jamais pu avancer. Comment Luther aurait-il pu dire, ainsi que Carlstadt le lui reproche, que l'Épître de Jacques a saint Jérôme pour auteur ? Mais on ne peut douter qu'il n'y ait quelque question d'amour-propre blessé derrière ces paroles : « Ce bon maître, clemens ille dominus, avait-il le droit d'inspirer à mes auditeurs le dégoût de l'Épître de Jacques, et de les détourner de mes leçons ? s> Il ne faut néanmoins pas chercher dans des querelles de personnes la cause véritable d'aussi profondes dissidences;