‹ La Bible au seizième siècleChapitre 47 sur 71 · Quod mixta sint omnia apud nos, .3. g 142, p · texte numérisé non relu

Quod mixta sint omnia apud nos, .3. g 142, p

4. g 144, p. 400 : Epistola autem quae fertur ad Hebraeos non eius creditur , propter styli sermonisque distantiam ; sed vel Barnabcie, iuxta Tertulianum» vel Lucae Eoangelislae iuxta quosdam, vel Clemen" lis, Rhomanae ccclesiae Episcopi, qiiem aiunt sententias Pauli proprio ordinasse et ornasse stylo,., Scripserat (Paulus) ut Hebraeus Eebraeis hebraice...

mais personne n'a osé, pour cela, la rejeter tout entière... Dans mon opinion, tout ce qui est dans cette Epître doit être respecté comme les lois, les décrets et les oracles de Dieu, car il ne suit pas, de ce que l'auteur est incertain, que l'autorité de l'Épître soit douteuse \ »

ce L'Epître de Jacques le Juste, évêque de Jérusalem, dit le frère du Seigneur, a été, assure- t-on, écrite par un autre sous le nom de ce disciple, mais peu à peu, comme dit saint Jérôme, avec le progrès du temps elle a acquis de l'autorité... Jacques a écrit, sur les œuvres et sur la foi, ^ des choses que nous ne saurions, sans mauvaise volonté, nous refuser à voir dans saint Paul, dans les Évangiles et chez les Prophètes ^ »

« L'Apocalypse, dit Carlstadl dans le livre allemand qu'il écrivit peu de temps après son célèbre traité, est de tous les livres du troisième degré le moindre... Le style, la langue et le discours, le genre et la manière de ce livre de la Révélation sont, à mon sentiment, différents absolument des autres livres de saint Jean, quant à la puissance, au génie, au caractère et à la convenance. Plus loin, Garlstadt dit : Il y manque « le fil et la trame » de saint Jean, {des8 fatem und tuchs) ; pourtant je ne veux pas la rejeter, non plus que ceux du troisième degré, mais en marquer

1. ? 146, p. 401 : Eabet illa epistola quaedam, quae haereticis patrocinari videntur, non tamen idcirco eam quispiam totam fuie ausus repudiare... Neque etiam protinus sequitur : amhigitur de autore, igitur et de autoritaie epislolae.

2. g 147, p. 401 : ... Quae et ipsa ab alto quodam sub nomine eius aedita asseritur. Licet paulatim procedente tempore obtinuerit autori-

tatem.. (§ 148, p. 402) Scripsit quaedam Jacobus de operibus et fide, quae in Paulo, in Eoangeliis, in prophetiSy nisi conniveamus, cernere cogimur....

la différence. Si quelqu'un veut la rejeter, qu'il le fasse à ses risques et périls*, d

Dans ce même livre, il dit nettement : « Le dernier chapitre de Marc n'est pas de la Bible {dos letzt capitel Marci ist unbibUscK). Il ne s'était pas exprimé ainsi dans . son livre latin, et dans le livre allemand, le dernier chapitre de Marc est le seul passage du Nouveau Testament qui figure parmi les apocryphes, bien au-dessous de l'Apocalypse, qui est « le dernier des livres {das aller niderst buch) » .

Enfin, partageant en trois classes les livres du Nouveau Testament comme de l'Ancien, et mettant au premier rang les Évangiles et les Actes, et au second les Épîtres incontestées, le critique place au troisième degré d'autorité les Épîtres de Jacques, la deuxième de Pierre, les deux dernières de Jean et celle de Jude, qui « ont eu une autorité apostolique et divine depuis les premiers temps qui ont suivi ceux des Apôtres )>, et l'Épître aux Hébreux et l'Apocalypse, qui « ont obtenu un caractère sacré bien des années après la mort des Apôtres, et surtout à Rome ». Quant 'aux apocryphes de l'Ancien Testament, ils ne sont « ni divins ni bibliques », mais Carlstadt convient, dans son livre allemand, avec une naïveté qui est relevée par un fort bon style, qu'ils peuvent être invoqués contre des ennemis inoffensifs et désarmés, « tels que cordehers et

1 . Doch ist zu wissen, das unter allen buechern die {der) driU orde- . nung Âpocalipsis Johannis das gèringst ist,.,. das der stilus, red, und sermon, gemuet und art dess buechs der keimlichen q/tenbarung dsr macht, ingenij, und art und schicklichkeit {so in andern buechern Johannis Apostoli) gespUrt und vermerkt, meins bedunckes fast uneinlich isi und nit gleich.

deschaux^ », et ne peuvent que faire nombre et augmenter la troupe, a Dans une armée, dit-il dans son livre allemand \ les soldats n'ont pas tous une armure, et pourtant les capitaines n'en renvoient aucun. Il en est ainsi des livres compris dans l'ordre exposé ci-dessus et des autres qui sont en dehors de cet ordre, et qui ont été écrits et mis en usage bien des années avant la naissance de Jésus- Christ. Les livres de la Bible sont les soldats armés et bons pour la guerre ; les autres sont nus, sans armure et faibles, mais ils augmentent la troupe, ils servent à la parade et ils sont bons pour les engagements d'avant-garde ^ Pour faire parade, pour engager le combat, on joue, on s'escrime, on escarmouche*. Mais quand la bataille est engagée et qu'on en est aux grands coups, il ne faut pas de jeu, mais on a besoin de gens plus habiles. Il en est ainsi des livres de la Sapience et des autres semblables, ils servent bien à l'avant-garde et la parade, mais pour la grande guerre,. pour la bataille et les coups, ils sont trop faibles. Ils ne blessent pas à mort, ils ne font pas l'ennemi prisonnier, ils ne font pas un hérétique de celui qui les repousse^ ».

Peut-on plus directement contredire la pensée de Luther que Carlstadt n'a fait dans plusieurs des passages que

]. ÀlsBaf tisser holtzschuger seind,

2. Welche bûcher heilig und Biblisch seind, etc. Andres Bodenstein von Carolstadt, Doctor, s. 1., Im iar m. d. xxi, 10-4°, 12 ff. Cette édition n'est pas mentionnée par Jseger. La première est de 1520. Gî.deScr. Can.,l 118, p. 391.

3. Die andre obvermelt seind bloss nacket und schwach, aber sy meren den haufen, und dienen zu dem parât und vorfechten nit iibel,

. 4. Paterer velitari milites fragiliores.

S. Sy machen auch niemants zu einem ketzer, dero sy leugnet.

f " Épître de saint Pierre \ « Or, quant au lieu d'où il a escrit cesle Epistre, tous ne s'accordent pas. Ettoutesfois je ne voy nulle cause pourquoy nous doutions qu'il ne fust alors en Babylone. Car il l'afferme clairement... Certes il est beaucoup plus vray-semblable que sainct Pierre (selon que requéroit son Apostolat) a suyyi les pays et régions esquelles il y habitoit plus de Juifs. Or, nous sçavons qu'il y en avait grand nombre en Babylone et en ces quartiers-là. »

Quant aux Petites Épures de saint Jean, Calvin n'exprime aucun jugement sur elles. Mais nous remarquons qu'il ne les cite jamais, et qu'il fait mention de la première en ces termes : « Ce que dit sainct Jean en sa canonique*. 3> Ce mot exclut, dans la pensée de l'auteur, les deux autres Épîtres attribuées à cet Apôtre.

ÊpUre de saint Jacques. « On peut facilement cognoistre par ce que disent sainct Hiérome et Eusèbe, qu'en plusieurs Églises anciennement ceste Épistre n'a pas été receuë sans débat et difficulté. Et encore, aujourd'huy il y en a aucuns qui n'estiment pas qu'on la doye tenir pour Escriture authentique. Toutesfois de ma part, pource que je ne voy cause qui soit suffisante pour la rejetter, je la receoy volontiers et sans en faire difficulté quelconque. Car quant à ce qu'il semble avis que le second chapitre renverse la doctrine de la justification gratuite, nous soudrons facilement ceste doute, quand ce viendra à l'exposition du passage. Et quant à ce qu'on pourroit penser qu'il ne magnifie pas

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