‹ La Bible au seizième siècleChapitre 54 sur 71 · Mira in reliquis leciionis varieias · texte numérisé non relu

Mira in reliquis leciionis varieias

^. Ad\ Tim. 3, 16; cf. ad Tit. 2, 13.

dans le latin mais non dans le texte grec, « le père de Jésus-Christ y> ; Matthieu 27, 35, il rejette, mais dans son Commentaire seulement, le mot «afin que fût accompli», etc.; Colossiens 1, 14, il conserve en grec, quoique ses notes le condamnent, le mot « par son sang d ; Luc 2, 14, il préfère, sans vouloir pourtant l'imprimer, la leçon € paix aux hommes de bonne volonté d ; Jean 7, 8, il admet dans ses notes cette parole de Jésus : « Je ne monterai pas à la fête », parole qui paraît contredite par les faits, au lieu que le grec de son édition dit : « pas encore ». Dans tous ces passages, le calviniste rigide craint d'innover, ou même de fournir des armes aux adversaires de la divinité de Jésus-Christ. Au reste, la timidité de de Bèze augmente avec l'âge; dans la grande édition de 1582, il fait disparaître du texte latin plusieurs des corrections qu'il y avait maintenues jusqu'alors. En général, il faut reconnaître que de Bèze, qui avait devant lui, outre les documents que lui avait communiqués Henri Estienne, ses deux anciens manuscrits* et les versions syriaque et arabe, na pas fait grand usage des précieux éléments de critique qu'il avait entre les mains et ne s'est pas montré maître dans l'art difficile de la critique. Mais si de Bèze montre généralement, dans la critique du texte, à côté de cette timidité que nous avons remarquée, de la sobriété et un bon jugement, d'autre part il cite les manuscrits sans les apprécier > et compte les autorités plutôt qu'il ne les pèse. Ainsi, bien peu d'années après Calvin, la critique fran-

1. n n'y a pas de doute que, dès 1565, il u'ait eu le ms. de Lyon (Cantûb.) entre les mains ; on ne peut guère douter, bien que de bons auteurs aient pensé le contraire, qu'il n'ait fait dès cette année usage du manuscrit de Glermont.

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çâise avait déjà jeté son dernier feu. Elle devait, au siècle suivant, briller d*un vif éclat dans l'Église Réformée de France avec les Bochart, les Cappel, les Blondel et les Baillé; mais son objet a cessé d'être le Nouveau Testament. L'histoire de l'Église, champ de bataille naturel de l'Église Réformée contre l'Église Romaine, l'Ancien Testament, la géographie et les antiquités sacrées, devaient être les premiers objets de la critique renaissante; mais pour longtemps, et la chose s'explique par trop de raisons, l'étude du Nouveau Testament était morte dans notre pays.

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