LE CONCILE DE TRENTE
Érasme et Luther n'avaient pas été les premiers à user de la liberté de la critique. En aucun temps, avant que les progrès de la Réforme obligeassent l'Église catholique à fermer la barrière à toute indépendance, la critique n'avait été traitée absolument en ennemie. Bepuis que l'humanisme et la renaissance des lettres avaient introduit dans l'Église et répandu autour d'elle des idées de recherche et de liberté, on avait vu Vives manifester des doutes sur l'origine de l'Épître aux Hébreux, on avait entendu le cardinal Cajétan ' s'exprimer, à l'égard de ceux des livres du Nouveau Testament que l'antiquité avait souvent contestés, sur le ton de la critique : « Si l'Épître aux Hébreux n'est pas de saint Paul, il n'est pas évident qu'elle soit canonique ^ » ; or, l'auteur de cette Épî tre « n'est pas saint PauP » .