Decreti P. I, Dist, IX, c
à d'autres traductions, ou en épluchant ce que porte le grec ou l'hébreu, on verrait les grammairiens [questinuovi grammatici) brouiller toutes choses et s'ériger en juges et en arbitres de la foi ; après quoi il faudrait donner les évêchés et le cardinalat à des pédants (pedanli), à l'exclusion des théologiens et des canonistes. Les inquisiteurs ne pourraient plus procéder contre les luthériens, à moins qu'ils ne sussent l'hébreu et le grec, parce que ces sectaires n'auraient qu'à répondre que l'original parle autrement et que la traduction n'est pas fidèle*
Quant au quatrième article, il en fut parlé diversement. On rappela que le cardinal Cajétan enseigne (ainsi qu'il l'avait pratiqué) qu'il ne faut point rejeter les sens nouveaux, quand ils conviennent bien au texte, sans être contraires aux autres passages de l'Écriture, ni à la doctrine de la foi, quand bien même le torrent des docteurs coulerait {corresse) dans un autre sens, Dieu n'ayant point lié le sens de l'Écriture à celui des anciens docteurs. Car autrement ceux d'aujourd'hui et ceux qui viendront n'auraient plus rien à faire qu'à transcrire les livres des autres; et cet avis eut des partisans et des adversaires.
Les uns trouvaient que c'était comme une tyrannie spirituelle d'empêcher que les fidèles ne pussent exercer leur esprit selon les grâces que Dieu leur avait données ; que cette variété des dons spirituels faisait la perfection de l'Église, témoin les écrits des anciens où il y a une grande diversité, et souvent « de la contrariété », toujours jointe à une extrême charité. Pourquoi donc ôter à notre siècle une liberté qui a produit de si bons effets dans tous les