Vas Lehrsystem der r^m. Kirche, I, Gotba
compléterait heureusement des études sur lé dogme catholique commencées par la lecture du livre d'Hugo Laemmer, Die vorlridentinisch-Kalholische Théologie, Berlin, 1858*. Les décrets de la quatrième session ne purent empêcher les théologiens, tant que la génération qui avait connu une plus grande liberté ne fut pas éteinte, de penser avec quelque indépendance sur le Canon des Écritures et de dire, avec des réserves qui mettaient la foi de TÉgUse hors de cause, ce que l'histoire leur avait appris. Le savant dominicain Sixte de Sienne, dans sdi Bibliotàeca Sancia (1566)*, distingue encore les livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament en deux ordres, différents « non par l'autorité, la certitude ou la dignité, mais par la connaissance et par le temps » : ce sont les livres canoniques du premier degré, et les deutérocanoniques, « qui ne sont parvenus qu'après longtemps à la connaissance de toute l'Église :^. Parmi ceux-ci, l'auteur compte, avec les Apocryphes de l'Ancien Testament, le dernier chapitre de saint Marc, le passage de saint Luc sur la sueur de sang de Jésus- Christ et l'apparition de l'ange, dans saint Jean l'histoire de la femme adultère, l'Épître aux Hébreux, celle de Jacques, la deuxième de Pierre, les deux dernières Épîtres de Jean, celle de Jude et l'Apocalypse. Il montre finement, d'après les Pères, comment l'autorité de ces textes s'est peu à peu étabhe dans l'Église, et il relègue au rang des Apocryphes les livres qui ne se lisent point dans le grec, et auxquels les Pères (l'auteur et ceux qui le suivent met-
1. Voyez en particulier : Fred. Furius, Bononia (c'est le nom du recteur de Louyain avec lequel l'auteur soutint la dispute qu'il raconte), sive de Libris sacris invernaculam linguam convertendis, Bâie, 1556, in-8®, et éd. Tydemann, Leyde, 1819, in-â°.