‹ La Bible au seizième siècleChapitre 64 sur 71 · Liv. I, chap · texte numérisé non relu

Liv. I, chap

6. Lib. I, c. 24 (cf. c, 23) : Hanc non scHptam, sed tra am Ecclesiis doctrinam Lydii lapidis vice semper fuisse, ad quam evangelia adeo ipsa apostolorum nominibus inscripta ftiere explorata.

L'attaque la plus nette contre la doctrine protestante partit de la Faculté de Cologne, célèbre par le souvenir des Ortuinus Gratins, des Hoogstraten et des Pfefferkorn.

En 1560, un grammairien de Dûsseldorf; JeanMonheim, s'était avisé de faire imprimer un catéchisme. La Faculté de théologie de Cologne crut devoir relever les erreurs contenues dans ce petit écrit; sa censure est datée du 1" août de la même année, elle fait autorité dans la controverse catholique \ La Faculté s'élève avec la plus grande vivacité contre l'autorité de l'Écriture, démontrant que l'Écriture est imparfaite, incomplète ; qu'elle ne contient pas tout ce qui est nécessaire au salut, à la foi, aux mœurs. L'Écriture, dit la censure, est obscure ; les plus savants n'auront jamais une claire connaissance de ce qu'elle enseigne que s'ils cherchent cette connaissance ailleurs. « N'est- il pas ridicule de se demander si les savetiers, si les pâtres, si les croquemorts (sic) et les hommes de toute condition doivent vivre dans l'étude de l'Écriture ^1y> « Un marchand ou un tailleur ne devrait pas plus s'occuper d'expliquer l'Écriture, qu'un tailleur ou un maçon de coudre une botte ^ y> Enfin, reprenant un vieux mot plus ancien que Luther*, et que nous avons déjà trouvé chez l'illustre Geiler, les théologiens

1. Censura et docta explicatio errorum catechismi Jo, Monhemii, etc., per deputatos a sacra theol. Fac. Univ. Colon, Col., 1582, in-8°.

2. Ëdit. de 1582, p. 8 : Imo quàm sit ridiculum in quaesHonem pro^ ponere, debeantne sutores, opiliones, vespillones, et cuiusvis conditionis komines sedulo in Scripturis versari,

3. Page 15 : Non magis debebit mercator aut sartor divinarum litterarum enarratione occupari, quant sartor aut cementarius crepidam suere,

4. Erl. 51, 317 (1524 ou 1533?), AusL v, 1 Tim. 2, 4: Denn es gilt nicht, dass man also etliche Wort aus der Schrift zwacke, und mâche ihm ein wichsene Nasen nach unserem Kop/e, und sehe was daran hanget, und worauf er dringet.

de Cologne comparent TÉcriture au nez de cire que chacvm peut tirer à lui \ Déjà Pighius la comparait à une règle de plomb *. L'un et l'autre mot sont devenus classiques dans la littérature anti-protestante.

Une dispute célèbre devait montrer jusqu'où allait la conséquence des principes du Concile. Deux Jésuites défendirent, en l'année 4586, en leur maison de Louvain, des thèses sur la Parole de Dieu et sur la grâce. Les noms de ces Jésuites étaient Léonard Leyss (Lessius) et Hamel. Voici les premières de ces thèses ; elles développent, sans y rien apporter de neuf que la hardiesse de l'expression, les principes de Pighius et ceux des théologiens de Cologne :

« 4"* Pour qu'un livre soit Écriture sainte, il n'est pas nécessaire que tous ses mots aient été inspirés par le Saint- Esprit.

« 2° Il n'est pas nécessaire que toutes les vérités et toutes les pensées aient été inspirées immédiatement à l'écrivain lui-même par le Saint-Esprit.

« 3° Un livre, tel que par exemple le second livre des Macchabées, écrit par l'industrie humaine sans l'assistance du Saint-Esprit, devient Écriture sainte si plus tard le Saint-Esprit atteste qu'il ne contient aucune erreur ^ »

1. Page 112 : Ei certe apud rudem populum facile est, S, Scripturam (quae veluti nasus cereus est) in quamvis interpretcUionem flectere,

2. Pighius, I, 2, p. 11^ : Plumbea qitaedam Lesbiae aedijicaiionis régula (Aristole, Eth, Nicom,, V, 10).

3. Censurae PacuUatum S, TheoL Lovanii et Duaci super quibtisd, articulis de S. Scriptura, gratia et praedeslinatione, anno 1586 Lovanii (in scholis S. /.) scripto traditis, Paris 1641, in-4'» :

1° Ut aliquid sit Scriptura Sacra, non est necessarium singula ejus verba inspirata esse a Spiritu Sancto,

2» iVon est necessarium, ut singulae veHtates et sententiae sint imme^ diate a Sp. S, ipsi scriptori inspiratae,

3'^ Liber aliquis (qualis forte est secundus Machabaeorum) humana tndustria sine assistentia Sp. sancti scriptus, si Sp. Sanctus posiea teste^ tur ibi non essefalsum, efficitur Sacra Scriptura,

Ces thèses furent condamnées en 4588 « pour erreur anoméenne » par les Facultés de Louvain et de Douai. Sixte-Quint fit casser ce jugement \ Les thèses de Louvaîn exprimaient avec une franchise absolue le dernier mot de la conception du Concile de Trente, et cfe sont les Jésuites qui ont tiré la conséquence des principes émis par le Concile.

Chose singulière et rapprochement digne de remarque, les assertions extrêmes des Jésuites de Louvain ne font guère que reproduire les propositions que le plus radical des théologiens de Wittenberg, Carlstadl, avait avancées contre Luther.

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