Franklin, la Bibl. de Notre-Dame, p
6. Holstenii Codex Regularum, éà. firockie, Âugsbourg, 1759, lY, p. 115.
Nous n'osons pourtant affirmer que cette sage prescription ait été généralement mise en pratique.
Le livre qui, entre les mains des personnes qui ne savaient pas le latin, et particulièrement des grandes dames, tenait la place de la Bible, était la Bible Aistorial, ou les Histoires escolastres, de Pierre le Mangeur, mises en français par un chanoine de Saint-Pierre d'Aire, Guiars des Moulins. Le texte latin lui-même était d'un prix beaucoup inférieur à celui de la Bible. A Saint- Victor, nous rencontrons ce livre marqué, au treizième et au quatorzième siècle, à des prix qui varient entre 60 sous et 7 livres S soit entre 30 et 105 fr.de notre monnaie. L'œuvre du traducteur, ainsi que celle du « maître en histoires )>, était en effet, ainsi que l'a fait remarquer M. Reuss*, destinée surtout aux écoles. La Bible historiée allemande paraît avoir été écrite plutôt pour le peuple ; mais le fait même, que l'on peut s'étonner d'avoir retrouvé quarante manuscrits de la Bible allemande ^ montre combien l'usage d'un livre encore bien coûteux était restreint.
L'Histoire écolâtre, à vrai dire, est autre chose qu'un simple résumé des livres historiques de la Bible. L'histoire sainte y est mêlée d'histoire profane. Josèphe (ou les ouvrages de seconde main qui traitent de la ruine de Jérusalem), YHistoire ecclésiastique et Bède, s'intercalent dans le récit des Macchabées, des Évangiles et des Actes. Nous ne parlons pas de la glose que l'on y trouve quelquefois,