‹ La Bible dans l'IndeChapitre 17 sur 77 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ZOBOASTBE EX LA PERSB

Le nom du novateur qui vint jouer en Perse le rôle d'un envoyé céleste est en persan Zerdust, en zend Zertochtro, en pehlvi Zaradot. Ces différentes expressions ne sont que des variétés du nom primitif, qui est en sanscrit Zuryastara (qui reprend le culte du soleil), d'où est venu ce nom de Zoroastre, qui n'est, lui aussi, qu'un titre décerné à un législateur politique et religieux.

Ainsi que son origine sanscrite l'indique suffisamment, suivant même les indications de l'histoire, Zoroastre est né dans la haute Asie, c'est-à-dire dans l'Inde. Après avoir passé la plus grande partie de sa vie dans l'étude de la religion et des lois de ce pays, avec lesbrahmes qui l'avaient initié, étant sans doute de la même caste qu'eux, ses voyages le conduisirent en Perse où, rencontrant les pratiques les plus superstitieuses, il entreprit de les réformer et de doter ce pays d'une religion plus conforme à la morale et la raison.

Zoroastre fut, sans aucun doute, un transfuge des pagodes et des temples de l'Inde qui, voulant faire profiter les peuples des vérités et des notions sublimes que les prêtres s'étaient exclusivement réservées, mais craignant la puissance de ces derniers s'il prêchait dans l'Inde, s'en fut chercher un pays moins immédiatement soumis à leur puissance.

Arrivé à la cour des rois Gouchtasp et Isfendiar, il fit

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luire à leurs yeux le moyen de se soustraire à l'influence des brahnaes, de qui ils tenaient leur investiture, et, grâce à cette habile tentation, les ayant gagnés à sa cause, il put prêcher la doctrine nouvelle et soumettre à ses lois riran tout entier jusqu'aux pays du Sind, c'est-à-dire jusqu'aux frontières mêmes du sanctuaire de la puissance brahmanique.

Ainsi, plus tard, Lutber> en faisant entrevoir aux princes d'Allemagne la possibilité de secouer le joug capricieux et despotique des papes, les enrôla dans le camp de la réforme.

Seulement, le grand moine de Wittemberg, au lieu de frapper l'imagination des peuples, comme ses devanciers, par le merveilleux et le prodige, au lieu de se présenter comme un envoyé céleste, se borna, pour le succès de sa mission, à parler au nom de la raison. Il n'est pas douteux que, quelques siècles plus tôt, il n'eût été obligé, pour frapper l'imagination de la foule, de s'entourer d'une auréole mystérieuse, et de ne soulever le voile que pour un petit nombre d'adeptes ou d'initiés.

Zoroastre a si bien une origine indoue, que l'histoire elle-même vient nous apprendre que les brahmes, furieux de l'abandon de ce faux frère, qui venait porter les premiers coups à leur puissance, le sommèrent de se cendre auprès d'eux pour s'expliquer sur son schisme, et que, n'ayant pu l'attirer dans le piège à la tête d'une puissante armée, ils partirent de l'Iran (l'Inde) oriental pour 'envahir l'Iran occidental, et ressaisir ce pays, qui s'était soustrait à leur domination. Battus par Zoroastre, ils furent contraints de se retirer et de laisser se poursuivre en paix l'œuvre commencée.

Dans son enseignement Zoroastre s'éloigna p*. i du système brahmanique. Il divisa le peuple en castes, à la tête desquelles, et au-dessus des rois, il plaça le mage ou le prêtre, réglementa la vie publique et privée, et admit enfin

un système pénal semblable à celui que nous avons vu s*établir dans Tlnde et en Egypte. Sa réforme religieuse n'en fut pas une également, en ce sens que, se bornant à repousser les superstitions nombreuses auxquelles les prêtres indous laissaient la foule s* adonner, il admit complètement pour les vulgariser, les principes religieux des Vedas, c'est-à-dire V unité de Dieu dans la Trinité.

Il donna à l'essence divine par excellence, à la puissance créatrice, le nom de Zervane-Akerène.

Au principe qui préside à la conservation le nom d'Ormuz, et au principe qui préside à la décomposition et à la reconstruction le nom d'Ahriman.

C'est entièrement la trimourti (trinité) indoue avec ses attributions symboliques et son rôle dans la création.

Zoroastre n'extirpa point toutes les superstitions que peut-être il s'était donné le rôle de renverser; librç penseur au début, il comprit bientôt qu'il devançait son siècle, et que les populations n'étaient point mûres pour des institutions telles qu'il pouvait les comprendre. Chaque novateur, de plus, a toujours malheureusement par der^rière lui ses disciples, dont les ambitions personnelles viennent faire dévoyer le char et changer les principes primitifs.

Leii mages devinrent bientôt des initiés et une caste absorbante comme toutes les castes sacerdotales. Les divisions des classes concoururent habilement à ployer le peuple sous leur autorité, et il fallut, comme dans l'Inde, comme dans l'Egypte, des mystères, des sacrifices, des processions pour la plèbe qui, pas plus que les peuples de ces derniers pays, n'eût compris un culte dégagé de toute pompe et de tout charlatanisme. De là ces monstrueuses hécatombes et ces fêtes gigantesques du soleil ou du feu, dont l'antiquité garda longtemps le souvenir.

Les disciples de Zoroastre, dans les légendes qu'ils répandirent à profusion sur le compte du maître, racontent

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qu'un jour, et comme il priait sur une montagne élevée, au milieu des tonnerres et des éclairs qui sillonnent la nue de toutes parts, il fut enlevé au ciel, vit Ormuz face à face dans tout l'éclat de sa grandeur et de sa majesté, et reçut de lui les enseignements divins qu'il devait plus tard révéler aux hommes.

Quand Zoroastre redescendit sur la terre, il apporta le livre de la loi appelé Nosks, qu'il avait écrit sous la direction de l'Etre suprême.

Ce livre n'est autre chose qu'une réminiscence des Vedas et des livres sacrés des Indous que, dans sa jeunesse, Zoroastre avait étudiés avec les brahmes.

Ainsi, l'influence de l'Inde sur la Perse et sur tous les pays du Sind a toute l'authenticité d'une vérité historique. Ici la tradition, moins nuageuse qu'en Égjpte, à toutes les preuves tirées de la similitude des institutions religieuses et politiques, vient ajouter le témoignage de l'histoire de ces temps reculés à qui il pst possible de suivre les traces de Zoroastre, de l'Inde orientale à l'Inde occidentale, des rives du Gange aux rives de l'Indus.

Comprend-on bien maintenant comment toutes ces traditions indoues, s'échappant du grand foyer par l'Arable et l'Egypte, la Perse et TAsie Mineure, ont pu, tout en se transforrtiant; parvenir en Judée, en Grèce et à Rome?

Constatons , en finissant ce chapitre , que Zoroastre, comme ses prédécesseurs Manou et Manès, s'est donné au-' près des peuples qu'il venait soit régénérer, soit dominer, une origine et une mission célestes.

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